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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401551

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401551

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401551
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantGABON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2401551 le 29 juin 2024, M. E A A, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet des Ardennes lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, le cas échéant, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2400767, 2400768 et 2400769 du 17 mai 2024 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, devenu définitif ;

- elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 613-3 et L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'a pas été mis à même d'être entendu et de présenter des observations, assisté d'un interprète en application des dispositions des articles L. 141-2, L. 141-3, L. 141-4 R. 141-1 et R. 141-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que les décisions du juge de l'asile lui ont été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en application des dispositions des articles L. 431-2, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'établit pas qu'il serait admissible dans un autre État.

La requête de M. A A a été communiquée au préfet des Ardennes, qui n'a pas présenté d'observations, mais a produit des pièces, enregistrées le 10 juillet 2024.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2401552 le 29 juin 2024, Mme D C B, représentée par Me Gabon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet des Ardennes lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, le cas échéant, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2400767, 2400768 et 2400769 du 17 mai 2024 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, devenu définitif ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 613-3 et L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle n'a pas été mise à même d'être entendue et de présenter des observations, assistée d'un interprète en application des dispositions des articles L. 141-2, L. 141-3, L. 141-4 R. 141-1 et R. 141-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que les décisions du juge de l'asile lui ont été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en application des dispositions des articles L. 431-2, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'établit pas qu'elle serait admissible dans un autre État.

La requête de Mme C B a été communiquée au préfet des Ardennes, qui n'a pas présenté d'observations, mais a produit une pièce, enregistrée le 10 juillet 2024.

III. Par une requête, enregistrée sous le n° 2401553 le 29 juin 2024, Mme F A C, représentée par Me Gabon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet des Ardennes lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et, le cas échéant, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement n° 2400767, 2400768 et 2400769 du 17 mai 2024 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, devenu définitif ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 613-3 et L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle n'a pas été mise à même d'être entendue et de présenter des observations, assistée d'un interprète en application des dispositions des articles L. 141-2, L. 141-3, L. 141-4, R. 141-1 et R. 141-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que les décisions du juge de l'asile lui ont été notifiées dans une langue qu'elle comprend ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en application des dispositions des articles L. 431-2, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier et approfondi de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'établit pas qu'elle serait admissible dans un autre État.

La requête de Mme A C a été communiquée au préfet des Ardennes, qui n'a pas présenté d'observations, mais a produit une pièce, enregistrée le 10 juillet 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mégret, présidente-rapporteure,

- les observations de Me Gabon, représentant M. A A, Mme C B et Mme A C, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens, et insiste sur la reconnaissance du statut de réfugié à tous les membres de la famille A à l'exclusion d'eux, sur la prise en charge par le fils des requérants de ses parents et de sa sœur et sur le caractère isolé de la famille en cas de retour au Venezuela ;

- et les observations de Mme A C.

La clôture de l'audience a été différée au 18 juillet 2024 à 15 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées concernent les membres d'une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme D C B, ressortissante vénézuélienne née le 25 février 1976 et Mme F A C, ressortissante vénézuélienne née le 11 avril 2003, qui déclarent être entrées sur le territoire français le 13 avril 2022, ont sollicité des autorités françaises leur admission au séjour au titre de l'asile. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 8 juillet 2022. M. E A A, ressortissant vénézuélien né le 9 juillet 1970, qui déclare être entré en France le 10 octobre 2022, a également sollicité des autorités françaises son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA par une décision du 30 mars 2023. Ces trois décisions ont été confirmées par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 5 décembre 2023. Par arrêtés du 14 décembre 2023, le préfet des Ardennes leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé leur pays de destination et a prononcé à leur encontre des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un jugement n° 2400140, 2400141 et 2400142 du 28 février 2024, le tribunal administratif de céans a annulé les arrêtés du 14 décembre 2023 du préfet des Ardennes. Par trois nouveaux arrêtés du 5 mars 2024, le préfet des Ardennes leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé leur pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un jugement n° 2400767, 2400768 et 2400769 du 17 mai 2024, le tribunal administratif a annulé les arrêtés du 5 mars 2024 du préfet des Ardennes. Enfin, par trois arrêtés du 27 mai 2024, dont les requérants demandent l'annulation, le préfet des Ardennes leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé leur pays de destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les demandes formées par M. A A, Mme C B et Mme A C, qui sont déjà représentés par un avocat, il y a lieu de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, par un jugement n° 2400767, 2400768 et 2400769 du 17 mai 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annulé les arrêtés du 5 mars 2024 du préfet des Ardennes portant obligations de quitter le territoire dans un délai de trente jours, fixant le pays destination et prononçant à l'encontre de M. A A, Mme C B et Mme A C des décisions d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, au motif que les intéressés bénéficiaient, en l'absence de preuve de la notification de la décision de rejet de la CNDA, du droit de se maintenir sur le territoire. L'exécution de ce jugement impliquait nécessairement que le préfet des Ardennes procède au réexamen de la situation des requérants. Par suite, en prenant à l'encontre des requérants de nouveaux arrêtés en se prononçant sur leurs situations respectives à la date de leur édiction, le préfet n'a pas méconnu l'autorité de chose jugée attachée au jugement du 17 mai 2024.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

6. Il ressort des pièces des dossiers que Mme C B, qui déclare être entrée en France le 13 avril 2022, M. A A, qui déclare être entré en France le 10 octobre 2022, sont mariés et leur fille majeure, Mme A C, qui déclare être entrée en France le 13 avril 2022, vivent chez leur fils majeur, M. H A C, qui bénéficie du statut de réfugié et qui exerce la profession d'assistant de vie. Ils justifient de leurs liens de filiation avec ce dernier et également de liens avec d'autres membres de leur famille qui séjournent régulièrement sur le territoire français, notamment le père de Mme C B, sa belle-mère, sa sœur, son beau-frère, ses deux nièces et qui bénéficient tous de la protection subsidiaire pour des raisons politiques. Enfin, le frère de Mme B est de nationalité française. De plus, Mme A C justifie de la stabilité de sa relation amoureuse avec un ressortissant français, présent lors de l'audience publique et accompagné de deux membres de sa famille. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que les requérants, qui ne sont pas contredits par le préfet des Ardennes qui n'a pas présenté d'observations dans la présente instance, auraient conservé des attaches au Venezuela. En outre, Mme A C, qui a prononcé des observations à l'audience en langue française ainsi que Mme C B justifient de promesses d'embauches, ce qui démontre leur volonté d'intégration sur le territoire français. Ainsi, compte tenu des circonstances de l'espèce et nonobstant le caractère récent de leur entrée en France et la nature de leur séjour, les requérants sont fondés à soutenir que les mesures d'éloignement qu'ils contestent portent une atteinte disproportionnée à leur droit à la vie privée et familiale et doivent, dès lors, par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, être annulées.

7. L'illégalité des décisions du 27 mai 2024 portant obligations de quitter le territoire français entraîne par voie de conséquence l'illégalité des décisions du même jour fixant le pays de destination et prononçant à l'encontre de M. A A, Mme C B et Mme A C des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les arrêtés du 27 mai 2024 du préfet des Ardennes doivent être annulés.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".

10. Le présent jugement, qui annule les décisions d'éloignement, n'implique pas nécessairement que des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " soient délivrés à M. A A, Mme C B et Mme A C. En revanche, il implique nécessairement que le préfet des Ardennes ou le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. A A, Mme C B et Mme A C et leur délivre une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il y soit statué à nouveau. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Ardennes d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. M. A A, Mme C B et Mme A C ont été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Gabon, avocate de M. A A, Mme C B et Mme A C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de M. A A, Mme C B et Mme A C à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gabon d'une somme de 1 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A A, Mme C B et Mme A C par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 500 euros leur sera versée à chacun.

D E C I D E :

Article 1er : M. A A, Mme C B et Mme A C sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les arrêtés du 27 mai 2024 du préfet des Ardennes sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Ardennes ou au préfet territorialement compétent de délivrer des autorisations provisoires de séjour à M. A A, Mme C B et Mme A C et de procéder au réexamen de leur situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'État versera à Me Gabon, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de M. A A, Mme C B et Mme A C à l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A A, Mme C B et Mme A C par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 500 euros leur sera versée à chacun.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E A A, à Mme D C B, à Mme F A C, à Me Aurélie Gabon et au préfet des Ardennes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

S. MÉGRET

La greffière,

Signé

S. VICENTE

N°s 2401551, 2401552 et 2401553

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