lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401629 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BAKER & MCKENZIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, la société Poletto, représentée par Me Pleger de la Coffra Group - Soffal, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la procédure de passation du marché en cause, ensemble la décision de rejet de la commission d'appel d'offres du département de l'Aube en date du 27 juin 2024 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Aube de reprendre la procédure de passation en cause, et de se conformer à ses obligations de publicité et de mise en concurrence ou, à défaut, de communiquer à la requérante les motifs détaillés ayant conduit au rejet de son offre, et de ne pas signer le marché dans un délai de sept jours à compter de la date de réception par la requérante de la communication des motifs détailles de rejet de son offre ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Aube, le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'imprécision des critères de choix de l'offre ne permet pas de déterminer les exigences exactes attendues par le pouvoir adjudicateur et contenait des sous-critères ;
- l'appréciation des mérites respectifs des offres techniques, résultant de la méthode de notation du pouvoir adjudicateur, n'a pas permis de s'assurer du respect de l'égalité des traitements entre les candidats et de la transparence de la procédure de passation ;
- le courrier de notification de rejet de l'offre était insuffisamment motivé ;
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2024, le département de l'Aube, représentée par Me De Saint-Pern, de l'AARPI Baker et McKenzie, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société Poletto au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le courrier de notification de rejet de l'offre contient l'ensemble des éléments exigés par les dispositions des articles R.2181-3 et R.2181-4 du code de la commande publique ;
- les éléments d'appréciation du critère technique sont clairs, précis et ne constituent pas des sous-critères ;
- la méthode de notation du prix était régulière ;
- l'appréciation des mérites respectifs des offres techniques résultant de la méthode de notation ne peut être utilement discutée dans le cadre du présent litige ; les éléments de l'offre remis par la société concurrente correspondaient davantage aux attentes du pouvoir adjudicateur ;
Par un courrier enregistré le 18 juillet 2024, la société Data Green, attributaire du marché, représentée par son gérant, M. A, soutient que les critères de notation résultant du paragraphe 13.2 du règlement de consultation sont claires et précis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Michel Soistier en application des articles
L. 551-5.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soistier, premier conseiller ;
- les observations de Me Pleger, représentant la société Poletto ;
- les observations de Me De Saint Pern, représentant le département de l'Aube ;
- les observations de M. A, gérant de la société attributaire.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre du litige :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation (). / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
2. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge du référé précontractuel de se prononcer sur les manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence incombant à l'acheteur, invoqués à l'occasion de la passation d'un contrat. En vertu de ces mêmes dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements de l'acheteur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge du référé précontractuel de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
Sur la régularité de la procédure :
3. Aux termes de l'article L.2124-2 du code de la commande publique : " L'appel d'offres, ouvert ou restreint, est la procédure par laquelle l'acheteur choisit l'offre économiquement la plus avantageuse, sans négociation, sur la base de critères objectifs préalablement portés à la connaissance des candidats. "
4. Par un avis d'appel public à la concurrence en date du 21 mars 2024, le département de l'Aube, a lancé la procédure de consultation préalable à l'attribution, au terme d'une procédure formalisée, d'un marché de fournitures de véhicules et de matériels. La société requérante a présenté une offre afin de se voir attribuer la lot n° 15 " engin flottant faucardeur - ramasseur avec ber de stockage neuf ". Par une lettre du 28 juin 2024 le pouvoir adjudicateur l'a informée du rejet de son offre et que le marché était attribué à la société Data Green. Il résulte du règlement de consultation que cette procédure relevait de l'article L. 2124-2 précité. La société Poletto, candidate évincée, demande au tribunal de suspendre la procédure de passation du marché en cause, ensemble la décision de rejet de la commission d'appel d'offres du département de l'Aube en date du 27 juin 2024.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisante motivation du courrier de notification du rejet de l'offre de la société Poletto :
5. Aux termes des dispositions de l'article R.2181-3 du code de la commande publique : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1. ". Aux termes des dispositions de l'article R.2181-4 du même code : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : / 1° Lorsque les négociations ou le dialogue ne sont pas encore achevés, les informations relatives au déroulement et à l'avancement des négociations ou du dialogue / 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue. "
6. Il est constant que par un courrier du 28 juin 2024 le département de l'Aube a informé la société requérante du rejet de son offre. Ce courrier indiquait que l'offre de la société Poletto, ayant obtenu une note globale de 8.40 / 10 points, n'était pas retenue au motif qu'elle était financièrement et techniquement moins avantageuse que l'offre de la société Data Green, attributaire du marché, ayant obtenue la note de 8.86 / 10 points. Le courrier ajoute que le marché est susceptible d'être signé à la date du 9 juillet 2024. Par suite, il contenait les éléments prévus par l'article R. 2181-3 du code précité. Il ne résulte pas de l'instruction que la requérante a demandé dans les conditions fixées par l'article R. 2181-4 du code précité, la communication des informations relatives au déroulement et à l'avancement des négociations ou du dialogue ni même les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du courrier de notification du rejet de l'offre de la société requérante ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne l'imprécision des critères et l'existence de sous-critères :
7. Aux termes des dispositions de l'article R.2152-7 du code de la commande publique : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : / 1° Soit sur un critère unique qui peut être : / a) Le prix, à condition que le marché ait pour seul objet l'achat de services ou de fournitures standardisés dont la qualité est insusceptible de variation d'un opérateur économique à l'autre ; / b) Le coût, déterminé selon une approche globale qui peut être fondée sur le coût du cycle de vie défini à l'article R. 2152-9 / 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants : / a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, l'accessibilité, l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal ; / b) Les délais d'exécution, les conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, la sécurité des approvisionnements, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles ; / c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché. / D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. / Les critères d'attribution retenus doivent pouvoir être appliqués tant aux variantes qu'aux offres de base. "
8. Il résulte de l'article 13.2 du règlement de consultation que la valeur des offres était déterminée selon un critère de prix représentant 30% de la note finale, un critère de qualité technique représentant 50% de celle-ci, un critère de durée de la garantie et un critère de délai de livraison représentant chacun 10 %. Si le requérant soutient que l'annexe I au RC contenait des sous-critères non pondérés, toutefois, il résulte de la lecture de ce document que l'acheteur public a précisé dans cette annexe les caractéristiques techniques des matériels qu'il souhaitait acheter et n'a pas posé des sous critères d'appréciation des offres. Alors que le requérant soutient que le critère prix a été survalorisé, toutefois, il ne fournit aucun élément de nature à étayer cette affirmation, alors qu'il résulte de ce qui précède qu'il ne correspond qu'à 30% de la note finale alors que la valeur technique en représente 50 %.
En ce qui concerne l'appréciation des mérites des offres techniques résultant de la méthode de notation :
9. Il appartient au juge des référés précontractuels de relever des manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence mais non d'apprécier les mérites respectifs des offres. Dès lors, la requérante ne peut donc utilement invoquer l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le département de l'Aube dans l'appréciation de la valeur de son offre.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département de l'Aube, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société Poletto demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la société Poletto une somme de 1 000 euros à verser au département de l'Aube sur le fondement des mêmes dispositions.
ORDONNE
Article 1er : La requête de la société Poletto est rejetée.
Article 2 : La société Poletto versera au département de l'Aube une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Poletto, au département de l'Aube et à la société Data Green.
Fait à Châlons-en-Champagne le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière,
signé signé
M. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026