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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401724

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401724

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401724
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantOPYRCHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Opyrchal, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, de :

1°) suspendre l'exécution de la décision du 28 juin 2024 par laquelle le président du département des Ardennes a rejeté son recours préalable obligatoire tendant à ce qu'il puisse bénéficier de la réouverture de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) ;

2°) d'enjoindre président du département des Ardennes de lui accorder le bénéfice du RSA ;

3°) de mettre à la charge du département des Ardennes une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'aide juridictionnelle définitive ou à défaut, directement à son bénéfice.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie en raison de sa situation financière ; il est sans ressource depuis mars 2023 ; il a besoin de cette ressource pour finaliser son projet professionnel ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : il remplit les conditions de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles ; le département ne peut légalement lui opposer l'article L. 262-38 du même code dès lors qu'il a été radié et que ses droits n'ont pas été suspendus ; le département ne peut fonder un refus d'ouverture de droits au revenu de solidarité active que si le demandeur n'a pas signé un projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats prévus aux articles L. 262-35 et L. 262-36 du même code ; il n'a pas été invité à prendre rendez-vous dans le cadre de l'instruction de sa demande.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2401647 le 10 juillet 2024 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision du 28 juin 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Lambing, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.

3. Lorsque les effets pécuniaires d'une décision sont invoqués pour justifier l'urgence de l'affaire, le juge des référés doit apprécier la gravité des conséquences que pourraient entraîner, à brève échéance, la perte de revenus ou la dépense supplémentaire en résultant, eu égard aux capacités financières du requérant.

4. Par courrier du 9 janvier 2023, le président du département des Ardennes a décidé de radier M. B de la liste des bénéficiaires du RSA à titre de sanction au motif qu'il n'avait pas signé de contrat d'engagement réciproque. M. B a sollicité à nouveau le bénéfice du RSA, demande qui a été rejetée par décision de la caisse des allocations familiales des Ardennes du 14 mars 2024. Par la décision attaquée, le président du département des Ardennes a rejeté le recours administratif préalable de l'intéressé. Si M. B soutient que cette décision a pour effet de le priver de toute ressource financière, cette perte de revenus perdure depuis mars 2023. Il n'établit pas ainsi la gravité de sa situation financière à brève échéance. Au surplus, en se bornant à produire un relevé de compte faisant état d'un solde créditeur de 2,20 euros au 31 décembre 2023, au 31 janvier, 29 février, 1er et 30 avril, 31 mai et 1er juillet 2024, sans aucun mouvement financier sur ces sept mois, sans qu'il ne soit établi qu'il ne disposerait pas par ailleurs d'un autre compte bancaire, et en se prévalant de la signification d'une contrainte du 24 juin 2024 portant sur une dette sociale auprès de l'URSSAF pour des impayés de cotisations au cours de l'année 2023 pour un montant de 1 206,17 euros, le requérant ne justifie pas de la précarité de sa situation. Par suite, les circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions aux fins de suspension de la décision attaquée du 28 juin 2024 ne peuvent qu'être rejetées pour défaut d'urgence, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il y a lieu par voie de conséquence de rejeter les conclusions à fin d'injonction et celles sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé

S. LAMBING

N°2401724

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