mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | WELSCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2024, M. D B, représenté par Me Welsch, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 18 juillet 2024, par lesquels la préfète du Bas-Rhin, a décidé son transfert aux autorités croates responsables de l'examen de sa demande d'asile et l'a assigné dans le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours, lui a fait interdiction de sortir du département de la Marne sans autorisation, l'a obligé à se présenter quotidiennement y compris les jours fériés excepté les dimanche, au commissariat de police de Reims ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin d'enregistrer sa demande d'asile en France et de lui remettre un récépissé de demandeur d'asile, ou à défaut, de réexaminer sa situation sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Welsch sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le signataire des arrêtés attaqués est incompétent dès lors que l'absence de signature rend l'auteur de la décision non identifiable, en méconnaissance de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les arrêtés en litige sont insuffisamment motivés en fait et en droit ;
- la décision de transfert méconnait les dispositions de l'article 5 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que la préfecture ne justifie pas avoir tenu l'entretien individuel durant lequel il aurait pu présenter ses observations ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 3-2 du même règlement dès lors qu'il apporte la preuve d'avoir été exposé à des défaillances systémiques de l'Etat croate dans l'examen effectif de sa demande d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 4 du même règlement dès lors que la préfecture ne justifie pas lui avoir transmis les brochures A et B ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article 17 du même règlement, dès lors que la clause discrétionnaire ne lui a pas été appliquée ;
- elle est dépourvue de base légale, dès lors que la préfecture ne justifie pas du relevé Eurodac ayant révélé l'existence d'une demande d'asile en Croatie ;
- l'arrêté d'assignation à résidence méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il doit accomplir quotidiennement un trajet d'une heure de Champigny vers Reims pour remplir de son obligation de se présenter au commissariat de police.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêt de la cour de justice de l'Union européenne du 13 novembre 2018 affaires C-47/17 et C-48-17 :
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Soistier, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Soistier a été entendu au cours de l'audience publique du 23 juillet 2024.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité turque, s'est vu délivrer le 24 juin 2024 par la préfète du Bas-Rhin une attestation de demandeur d'asile en procédure Dublin. Par un arrêté du 18 juillet 2024, la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile. Par une décision du même jour, elle a assigné M. B dans le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours avec l'obligation de se présenter au commissariat de police de Reims chaque jour, y compris les jours fériés, excepté le dimanche entre 9 et 10 heures. M. B demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de transfert :
3. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre 2022, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a donné à Mme A C, cheffe du pôle régional Dublin, délégation pour signer, notamment, les arrêtés de transfert pris en application de la procédure Dublin ainsi que les décisions d'assignation à résidence en application des articles L. 731-1 et L. 751-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas davantage des arrêtés en litige qu'ils ne seraient pas signés contrairement à ce que soutient le requérant. Dès lors, le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués seraient entachés d'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'après avoir visé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des règlements européens applicables, il indique que le relevé décadactylaire de M. B a révélé qu'il est entré sur le territoire de l'Union par la Croatie, où il a demandé l'asile, de sorte que cet État est responsable de sa demande sur le fondement de l'article 20-5 du règlement UE n° 604/2013. Il ajoute que les autorités croates, saisies le 27 mai 2024 d'une demande de reprise en charge sur ce fondement, ont fait connaître leur accord explicite le 10 juin 2024. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement ce dernier en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision, qui est ainsi suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable ".
6. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait des raisons sérieuses de croire que la Croatie présenterait des défaillances systémiques. De même, si M. B indique qu'il a été exposé à des défaillances systématiques de la part des autorités croates, il n'apporte aucun commencement de preuve à ses allégations succinctes. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin a pu, sans méconnaitre les dispositions précitées décider de la remise de M. B, aux autorité croates.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; () 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / () ".
9. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B, s'est vu remettre le 22 mai 2024 et dès le début de la procédure de détermination, les documents rédigés en langue turque, qu'il a déclaré comprendre, correspondant à la brochure prévue au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement et contenant les informations mentionnées au point 1 de cet article, notamment le guide du demandeur d'asile et les brochures : " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " (A) et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " (B). Le guide du demandeur d'asile lui a également été remis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 de ce règlement : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié, le 22 mai 2024 d'un entretien individuel traduit en langue turque que l'intéressé a déclaré comprendre et lire, au terme duquel il a confirmé avoir compris tous les termes de cet entretien et notamment la procédure engagée à son encontre, et dont il a reçu un exemplaire du compte-rendu. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la durée de l'entretien ait été insuffisante pour que l'intéressé comprenne correctement les informations qui lui sont fournies. En outre, la préfecture soutient en défense que cet entretien a été réalisé par un agent de la préfecture de la Marne et produit le compte-rendu de l'entretien, dans lequel sont mentionnées les observations de M. B. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 précité du règlement n° 604/2013 doit être écarté en ses deux branches.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Il résulte de ces dispositions que la faculté laissée à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Au demeurant, l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui remplace l'article L. 742-1 du même code invoqué par le requérant, dispose en son troisième alinéa que : " Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'État d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre État ".
14. M. B invoque le bénéfice de la clause discrétionnaire rappelée au point précédent. Il soutient que les conditions d'accueil en Croatie ne permettent pas de s'assurer d'un traitement adéquat et un respect des droits de l'intéressé en termes de logement et de santé. Toutefois, il n'apporte pas la moindre preuve permettant de renverser la présomption selon laquelle ses craintes quant au défaut de protection en Croatie seraient infondées. Du reste, M. B est entré récemment sur le territoire français et ne justifie d'aucune insertion particulière. Par suite, en s'abstenant de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, la préfète du Bas-Rhin n'a pas méconnu ces dispositions, ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
15. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que les relevés Eurodac ayant révélés l'existence d'une demande d'asile en Croatie ont été produit en défense. Ces relevés décadactylaires issus du fichier EURODAC ont été réalisés le 15 septembre 2023 par les autorités croates sous les numéros HR 1 2302404206R et HR 2 2302404205Q, lesquels ont données un résultat positif avec celles établies le 22 mai 2024 en France, sous le numéro FR 1 9930856631. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait dépourvue de base légale du fait de l'absence de ces relevés EURODAC manque en fait et doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de transfert vers les autorités croates.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
17. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
18. En se bornant à soutenir que le trajet d'une heure qu'il doit accomplir quotidiennement, lequel lui coûterait 200 euros par mois, pour se rendre au commissariat de police afin de satisfaire aux obligations fixées par la mesure d'assignation à résidence en litige, et se prévaloir d'une vie privée et familiale, M. B n'établit pas ni même n'allègue avoir noué en France des liens d'une particulière intensité, ancienneté et stabilité ou que cette décision serait de nature à porter atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision précitée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
19. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation de M. B, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, et à la préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
M. SOISTIERLa greffière,
Signé
I. ROLLAND
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026