mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | MERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2024, M. C D, représenté par Me Merger, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel la préfète de la Haute-Marne a prolongé, pour une durée de quarante-cinq jours, l'assignation à résidence dont il fait l'objet ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'autorité signataire de l'acte était incompétente ;
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance des dispositions des articles L731-1, L721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est gravement malade et titulaire d'un titre de séjour " étranger malade " que son renvoi constituerait un traitement inhumain et dégradant.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2024, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de M. D, assisté de M. E, interprète en langue géorgienne, déclarant qu'il a quitté la Géorgie pour soigner sa pathologie qui a été mal diagnostiquée dans son pays d'origine, à savoir une spondylarthropathie ankylosante entravant sa colonne vertébrale et nécessitant une rééducation qui est organisé au CHU de Dijon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien, est entré sur le territoire français le 6 août 2022 selon ses déclarations. Par une décision de l'OFPRA en date du 30 novembre 2022, confirmée en dernier lieu le 7 avril 2023 par la CNDA, sa demande d'asile a été rejetée. Le 23 mai 2023, la préfecture de la Haute-Marne lui a délivré une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " valable jusqu'au 21 octobre 2023. Il a fait l'objet le 8 février 2024 d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté en date du 7 juin 2024 de la préfète de la Haute-Marne, il a été assigné à résidence dans le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours, lequel a été prolongé pour la même durée par un arrêté du 19 juillet 2024. M. D demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de la décision précitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par un arrêté du 6 décembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de la Haute-Marne a, dans son 2ème article, donné délégation à M. Guillaume Thirard, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en matière de police des étrangers, tous arrêtés, décisions, mémoires et requêtes adressés aux juridictions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. A, signataire de l'arrêté attaqué, manque en fait et doit être écarté.
3. La décision portant renouvellement de son assignation à résidence énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La préfète de la Haute-Marne, qui n'était pas tenu de faire référence, de manière exhaustive, à l'ensemble des éléments portés à sa connaissance, a ainsi suffisamment motivé cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'éloignement de l'intéressé ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Le préfet a, par suite, pu fonder sa décision sur les dispositions précitées. Si M. D soutient qu'il est gravement malade, et que le renvoi dans son pays d'origine constituerait un traitement inhumain et dégradant en méconnaissance des dispositions des articles L731-1, L721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, toutefois ce moyen est inopérant dès lors que la décision en litige n'a ni pour objet ni pour effet de procéder à son éloignement ou de le priver des soins qu'il nécessite. En outre, si le requérant se prévaut d'un titre de séjour " étranger malade ", il ressort des pièces du dossier qu'il n'est titulaire que d'un récépissé d'une demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ", laquelle est expirée depuis le 21 octobre 2023.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 juillet 2024 de la préfète de la Haute-Marne.
Sur les frais d'instance :
7. Compte tenu de ce qui a été exposé au point 10, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la préfète de la Haute-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
M. BLa greffière,
Signé
I. ROLLAND
No 2401739
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026