LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401749

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401749

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401749
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP ANCELET DOUCHIN ELIE SAUDUBRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, Mme D B épouse C, représentée par Me Pierot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel la préfète de l'Aube a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aube ou à tout autre préfet territorialement compétent, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement et, dans l'attente de la décision prise à l'issue de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants en situation irrégulière ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant fixation du pays de destination a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entache, par voie d'exception, d'illégalité la décision portant fixation du pays de destination ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation et dès lors qu'en cas de retour en Albanie il serait porté atteinte à sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;

- elle est illégale par exception d'illégalité de ce qui précède ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ce qui précède.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, la préfète de l'Aube, représentée par Me Ancelet, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme B épouse C lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B épouse C ne sont pas fondés.

Mme B épouse C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Rifflard, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B épouse C, ressortissante albanaise née le 8 janvier 1988, déclare être entrée en France pour la première fois en 2013, et la dernière fois en 2018 puis y être demeurée depuis de manière continue. Sa première demande d'asile a été rejetée le 28 mars 2014 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ce rejet ayant été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 5 novembre 2014, sa demande de réexamen ayant ensuite été rejetée. Le 12 mars 2015, le préfet de l'Aube a décidé de lui refuser le droit au séjour en France et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Mme B épouse C a déclaré avoir quitté la France durant environ six mois et être revenue irrégulièrement en août 2016. Le 7 avril 2017, après le rejet de sa nouvelle demande d'asile, le préfet de l'Aube a refusé sa demande d'admission au séjour en France et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Elle a déclaré avoir quitté à nouveau la France durant environ six mois, puis être revenue irrégulièrement en France. Le 29 mai 2019, le préfet de l'Aube a pris à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années. S'étant cependant maintenue en France, Mme B épouse C a demandé, le 24 mars 2021, son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de l'Aube. Cette demande a été rejetée par une décision du 30 avril 2021, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 17 novembre 2021. Le 6 mars 2024, elle a sollicité à nouveau son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de l'Aube. Par un arrêté du 23 avril 2024 la préfète de l'Aube a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années. Mme B épouse C demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Par un arrêté du 18 avril 2023, régulièrement publié le 27 avril 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Aube a, dans son article 1er, donné délégation à M. Mathieu Orsi, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception des actes mentionnés à l'article 2 et au nombre desquels ne figurent pas les mesures prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. A, signataire de l'arrêté attaqué, manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission exceptionnelle au séjour :

3. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci fait précisément mention de la situation personnelle et familiale de Mme B épouse C ainsi que de son parcours administratif concernant son droit au séjour en France. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de titre de séjour de Mme B épouse C n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier de sa situation. Ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

4. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

5. Mme B épouse C se prévaut d'une part, de la durée de sa présence sur le territoire français. Toutefois, si elle déclare une présence en France depuis 2013, elle a quitté ce pays à deux reprises depuis cette date, pendant environ six mois à chaque fois, en exécution de décisions d'obligation de quitter le territoire français. Aussi, c'est seulement depuis avril 2018 qu'elle réside de manière continue en France, en dépit d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre en 2021. D'autre part, elle se prévaut de la présence et la scolarisation de ses enfants en France. Toutefois, le plus âgé d'entre eux, né en 2004 en Albanie, est majeur depuis septembre 2023 et titulaire d'une carte temporaire de séjour en qualité d'étranger entré en France avant l'âge de treize ans. Elle indique pour seule information concernant le deuxième de ses enfants, né en 2006 en Albanie, qu'elle vit avec lui et qu'il avait bénéficié d'une dérogation scolaire en 2013 en France, dans le cadre d'une classe d'initiation (CLIN). Ses deux autres enfants sont nés en France en 2014 et en 2018. Si ces derniers ont fait leur scolarité en France, à la date de l'arrêté attaqué le plus âgé d'entre eux était en classe de CE2 et le second en école maternelle, et il ne ressort pas des pièces du dossier, ni même n'est sérieusement contesté, qu'ils ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en Albanie. Par ailleurs, pour justifier d'une insertion sociale, Mme B épouse C se prévaut d'une activité de bénévolat auprès de l'Ordre de Malte depuis quatre ans à la date de l'arrêté en litige et du fait qu'elle s'est investie pour accompagner son fils durant la scolarité 2020-2022 en tant que parent d'élève. Cependant, elle est hébergée avec ses quatre enfants dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence depuis son arrivée en France en août 2016 et ne fait état d'aucune activité professionnelle. Si elle met enfin en avant une offre d'emploi comme femme de ménage polyvalente, celle-ci est, en tout état de cause, postérieure à l'arrêté en litige. L'ensemble de ces circonstances n'est pas de nature à établir que la situation de Mme B épouse C répond à des considérations humanitaires ou que son admission au séjour se justifie au regard de motifs exceptionnels. Dans ces conditions, la préfète de l'Aube n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen doit donc être écarté comme non fondé.

6. Enfin, si Mme B épouse C se prévaut des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants en situation irrégulière, celles-ci ne constituent pas des lignes directrices dont la requérante pourrait utilement se prévaloir devant le juge.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation de Mme B épouse C. Ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 5, Mme B épouse C n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport au but que cette mesure poursuit. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

11. Mme B épouse C fait valoir que son fils aîné, majeur et titulaire d'un titre de séjour, nécessite son assistance dès lors qu'il ne subvient pas à ses besoins, et que ses deux plus jeunes enfants devraient poursuivre leur scolarité en France. Toutefois, et alors qu'ainsi qu'il a déjà été indiqué précédemment, cette scolarité pourrait se poursuivre dans le pays d'origine de Mme B épouse C, dont tous ses enfants ont la nationalité, cette dernière n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations précitées relatives aux droits de l'enfant. En outre, elle ne conteste pas que le père de ses quatre enfants est en situation irrégulière en France et qu'il a également vocation à retourner en Albanie, son pays d'origine. Ce moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

12. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant, compte tenu de ce qui précède, pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de cette décision doit être écarté à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination.

13. En second lieu, Mme B épouse C soutient qu'en cas de retour en Albanie il serait porté atteinte à sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants, et que dès lors la décision est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points 5 et 11 ci-avant, elle n'est pas fondée à soutenir que cette décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années :

14. En premier lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays des destination n'étant, compte tenu de ce qui précède, pas entachées d'illégalité, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de ces décisions doit être écarté à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

16. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

17. Mme B épouse C fait valoir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points 5 et 11 du jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans serait en l'espèce entachée d'une telle erreur manifeste d'appréciation.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B épouse C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la préfète de l'Aube présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la préfète de l'Aube présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B épouse C et au préfet de l'Aube.

Copie en sera délivrée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Briquet, président,

M. Torrente, premier conseiller,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLe président,

Signé

B. BRIQUET

La greffière,

Signé

F. DAROUSSI DJANFAR

La République mande et ordonne au préfet de l'Aube en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions