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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401875

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401875

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401875
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. B, détenu, qui sollicitait son transfert dans un établissement pénitentiaire plus proche de son épouse pour préserver sa vie familiale. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'apportant pas d'élément justifiant une intervention dans les 48 heures, malgré ses allégations de risques pour sa sécurité et les difficultés de visite de son épouse. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, après avoir accordé l'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. A B, représenté par Me David, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le transférer dans un établissement pénitentiaire permettant d'assurer le maintien effectif de ses liens familiaux ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'extrême urgence est satisfaite dès lors que son épouse ne peut lui rendre visite au sein du centre de détention de Villenauxe-la-Grande du fait de son état de santé et dès lors qu'il est exposé à des risques pour sa sécurité au sein de cet établissement ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie familiale normale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Henriot, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est détenu au sein du centre de détention de Villenauxe-la-Grande depuis le 13 juin 2024 après avoir été détenu au centre de détention de Montmedy depuis le 25 mars 2018. M. B demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le transférer dans un établissement pénitentiaire permettant d'assurer le maintien effectif de ses liens familiaux

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. M. B, qui est représenté par un avocat, a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, compte tenu

de l'urgence, de prononcer l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Sur le surplus des conclusions :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

5. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.

6. D'une part, si le requérant soutient qu'il est exposé à un risque pour sa sécurité du fait de différends qui l'opposent de longue date à d'autres détenus de la prison de Villenauxe-la-Grande, il expose également qu'il a sollicité et obtenu son placement à l'isolement afin de se soustraire à ces risques. D'autre part, s'il affirme que son épouse, qui réside à Thiais dans le Val-de-Marne, ne peut lui rendre visite au sein du centre de détention de Villenauxe-la-Grande, situé dans le département de l'Aube, du fait de son état de santé, le requérant soutient, dans le même temps, que celle-ci était en capacité de lui rendre visite au sein de la prison de Montmedy, située dans le département de la Meuse. En outre, la situation dont il fait état perdure depuis le

13 juin 2024, date de son transfert. Dans ces conditions, M. B n'apporte aucun élément justifiant que le juge des référés fasse usage, dans les quarante-huit heures, des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour assurer une sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, en l'absence d'urgence, la requête de M. B doit être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article

L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code et de 'article 37 de la loi du

10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2024.

Le juge des référés,

J. HENRIOT

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