mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet 2024 et 12 août 2024, Mme C B, représentée par Me Malblanc, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui remettre dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article R. 741-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle ait bénéficié d'une parfaite information sur ses droits et obligations et sur la procédure suivie ; dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel a été mené par un agent qualifié ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à l'enjoindre à délivrer à Mme B une attestation de demande d'asile sont sans objet dès lors que l'intéressée dispose déjà d'une telle attestation ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Rifflard, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, magistrat désigné,
- les observations de Me Malblanc, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il demande, en outre, d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de réexaminer la demande d'asile de Mme B et de l'enjoindre à désigner la France responsable du traitement de sa demande d'asile ;
- et les observations de Mme B.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 29 mai 1997, a demandé l'asile en France le 16 mai 2024. Elle a fait l'objet d'un arrêté en date du 3 juillet 2024, notifié le 18 juillet suivant, par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile. Par sa requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Mme B, qui est déjà représentée par un avocat, a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence, de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 13 juin 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 14 juin 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a donné à Mme A D, cheffe du pôle régional Dublin et signataire de l'acte attaqué, délégation pour signer, notamment, les arrêtés de transfert pris en application de la procédure Dublin. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement. () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe. / 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est vu remettre, le 16 mai 2024, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile dans les services de la préfecture de la Marne, et à l'occasion de son premier entretien individuel, les brochures A et B conformes aux modèles figurant à l'annexe X au règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la commission du 30 janvier 2014, qui contiennent l'ensemble des informations prescrites par les dispositions précitées. Ces documents, dont les pages de garde ont été signées par l'intéressée le même jour, sont rédigés en français, langue qu'elle comprend. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information du demandeur d'asile énoncé à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () ".
8. S'il ne résulte ni des dispositions citées au point précédent ni d'aucun principe que devrait figurer sur le compte-rendu de l'entretien individuel la mention de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien, il appartient à l'autorité administrative, en cas de contestation sur ce point, d'établir par tous moyens que l'entretien a bien, en application des dispositions précitées de l'article 5.5 du règlement du 26 juin 2013, été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été reçue en entretien individuel le
16 mai 2024 à la préfecture de la Marne et qu'elle a signé le résumé de cet entretien qui mentionne qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de la Marne, lequel a signé ce résumé des initiales " SSC " et l'a tamponné du cachet de la direction de la citoyenneté et de la légalité de la préfecture de la Marne, service de l'immigration et de l'intégration. Il comporte des détails sur l'itinéraire migratoire de Mme B, sur l'Etat membre par lequel elle a déclaré être arrivée à savoir l'Italie, sur le fait qu'elle a été informée que sa demande d'asile était traitée conformément au règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et qu'elle comprenait la procédure ainsi engagée à son encontre, et recueille enfin les observations de Mme B selon lesquelles, notamment, elle déclarait ne pas vouloir retourner en Italie en raison des mauvaises conditions d'accueil dans un camp, qu'elle et son fils avaient été victimes d'une brûlure par de l'essence, qu'elle était célibataire et mère de deux enfants, l'un étant au Cameroun avec la famille de son feu père, et l'autre, né en Algérie, l'accompagnant, qu'elle n'avait pas de famille en France ni dans un autre Etat membre. Ces éléments correspondent à la situation personnelle que Mme B fait valoir dans le cadre de cette instance. Par ailleurs, les trois rubriques de ce résumé par lesquelles l'intéressée a reconnu que les renseignements la concernant étaient exacts, que l'information sur les règlements communautaires lui avait été remise et que lui avait été donné l'avertissement concernant les conséquences de dissimulations d'informations au cours de cet entretien au regard de sa demande d'asile et des conditions matérielles d'accueil, ont été cochées et, à supposer même qu'elles l'aient été de la main de l'agent comme Mme B le fait valoir, cette dernière a signé ce formulaire. Dans ces conditions, et alors même que la préfète du Bas-Rhin ne précise pas l'identité de l'agent ayant conduit cet entretien, il ne ressort pas des éléments ci-avant que cet entretien aurait été conduit par un agent non qualifié au regard de l'article 5 du règlement. Enfin si Mme B fait valoir que cet entretien a été réalisé par deux personnes, aucune pièce du dossier ne permet, en tout état de cause, d'établir cette allégation. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit donc être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2 () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. () ".
11. Aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
13. Mme B soutient que sa demande d'asile ne pourra être traitée convenablement en Italie du fait des défaillances de cet État dans ce domaine. Si elle se prévaut à cet égard, d'une part, en particulier, de décisions de justice rendues dans d'autres affaires entre 2023 et 2024, ainsi que d'un arrêt du conseil d'Etat des Pays-Bas du 26 avril 2023, ayant reconnu de telles défaillances, de ce que le 5 décembre 2022 les autorités italiennes ont informé les autres Etats membres de l'Union européenne ou Etats associés de la saturation du dispositif d'accueil d'Italie et que cet Etat n'était plus en mesure de prendre ou reprendre en charge des demandeurs d'asile en application de l'article 18 du règlement précité, de la déclaration de l'état d'urgence le 8 mai 2023 par le gouvernement italien en raison de l'augmentation exceptionnelle des arrivées de personnes migrantes, d'éléments statistiques sur le nombre de demandes d'asile reçues et traitées par les autorités italiennes en 2022 et en 2023, ainsi que des taux d'occupation des installations italiennes pour l'hébergement des demandeurs d'asile sur la même période, ces éléments ne permettent pas d'établir que, à la date de l'arrêté en litige, et alors que les autorités italiennes ont accepté le transfert de Mme B, il existerait de sérieuses raisons de croire qu'il existe en Italie des défaillances systémiques dans le traitement des demandeurs d'asile. D'autre part, si Mme B témoigne d'une mauvaise expérience au sein d'un camp de migrants en Italie où elle a été prise en charge à son arrivée, faisant valoir en particulier y avoir manqué de soins au regard d'une blessure, y avoir manqué de nourriture et y avoir fait l'objet d'attitudes irrespectueuses et déplacées de la part des autorités italiennes, ces éléments, à les supposer même établis bien que Mme B n'en justifie par aucun élément, ne permettent pas davantage d'établir que, à la date de l'arrêté en litige, en cas de retour dans cet Etat elle encourrait à nouveau les mêmes mauvais traitements, alors en outre qu'en défense la préfète du Bas-Rhin indique, sans être contredite, que dans le cadre d'une procédure Dublin Mme B devrait être orientée en Italie vers une structure d'accueil des demandeurs d'asile de type dit " prima " ou " seconda " " accoglienza " comparable à une structure d'accueil en France, et non vers une structure de type " hotspot " où sont interceptées les embarcations de migrants et dont les conditions de vie peuvent être plus précaires. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète du Bas-Rhin aurait fait une inexacte application des dispositions des articles 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté comme non fondé.
14. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ".
15. Compte tenu de ce que, comme indiqué au point 12 ci-avant, l'Italie présente les garanties exigées pour l'examen de la demande d'asile de Mme B, ni les éléments repris au point 13 ci-avant, ni la scolarisation de son enfant en France que Mme B a fait valoir à l'audience et qui, à la supposer même établie, est très récente, ne permettent d'établir que l'arrêté en litige serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Mathieu Malblanc et à la préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. RIFFLARDLa greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026