lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2401914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | OPYRCHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 août 2024 et 11 août 2024, M. A B, représenté par Me Opyrchal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Aube a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Aube l'a l'assigné à résidence dans le département de l'Aube pendant quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir du département sans autorisation et obligation de se présenter les lundis, mardi et jeudis à 11h00 à la brigade de gendarmerie de Bar-sur-Aube ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'ensemble des décisions lui ayant été notifiées le 27 juillet 2024 sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- elles méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ou, à tout le moins, d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la gravité de ses effets sur sa situation personnelle ;
- la décision portant rétention administrative est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant assignation à résidence est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 5 convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense et une pièce complémentaire, enregistrés le 12 août 2024, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Rifflard, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, magistrat désigné ;
- les observations de Me Opyrchal, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et par les mêmes moyens ; elle demande en outre l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B ; elle soutient en outre que :
- M. B est engagé dans une demande de régularisation de sa situation, que le fils de M. B va s'inscrire à une formation CAP et demander sa régularisation, et que la compagne de M. B ne fait pas l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français ;
- les modalités de l'assignation à résidence ne sont pas compatibles avec le travail en région parisienne de M. B et qu'elles portent atteinte à son droit au travail, et qu'elles ne sont pas non plus compatibles avec des examens médicaux que M. B doit réaliser en région parisienne où des médecins russophones sont disponibles ;
- et les observations de M. B.
La préfète de l'Aube n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant russe né le 16 février 1981, déclare être entré en France le 17 septembre 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 février 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 novembre 2023. Par un arrêté du 12 décembre 2023, la préfète de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination. Suite à son interpellation le 26 juillet 2024 par les services de gendarmerie, la préfète de l'Aube a, par deux arrêtés du 27 juillet 2024, prononcé à l'encontre de M. B respectivement, d'une part, son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, et, d'autre part, son assignation à résidence dans le département de l'Aube pendant quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir du département sans autorisation et obligation de se présenter les lundis, mardi et jeudis à 11h00 à la brigade de gendarmerie de Bar-sur-Aube. Par sa requête, M. B demande au tribunal l'annulation de ces deux derniers arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence, de prononcer l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sollicitée par M. B qui est représenté par un avocat commis d'office.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Aube :
4. Aux termes de sa requête, il y a lieu de considérer que M. B a demandé, outre l'annulation des arrêtés du 27 juillet 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans et assignation à résidence, l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, ainsi que le fait valoir la préfète de l'Aube, cette décision a été prise par un arrêté en date du 12 décembre 2023, lequel a, d'ailleurs, été confirmé, suite à une précédente requête de M. B, par ce tribunal par un jugement du 15 février 2024. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle la préfète de l'Aube a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sont à tout le moins tardives et doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
6. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à l'encontre de M. B, la préfète de l'Aube a retenu qu'il n'a pas exécuté dans le délai de départ volontaire de trente jours qui lui était imparti l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par arrêté du 12 décembre 2023, que s'il vit en concubinage avec trois enfants à charge sa concubine est cependant également en situation irrégulière, et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment sa fille aînée, ses parents et sa sœur. Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. B est présent en France depuis presque deux ans et qu'aucune menace à l'ordre public ne lui est imputée. Au regard de l'ensemble de ces éléments, M. B est fondé à soutenir que la durée fixée à deux ans de son interdiction de retour sur le territoire français n'est pas justifiée au regard des dispositions précitées.
8. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par M. B, ce dernier est fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
10. En l'espèce, la décision portant assignation à résidence comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté comme manquant en fait.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
12. Une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations et, le cas échéant, la désignation de la plage horaire pendant laquelle l'intéressé doit demeurer dans les locaux où il réside. Les modalités de contrôle de la mesure d'assignation à résidence, quelles qu'elles soient, doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent et ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.
13. Pour prononcer à l'encontre de M. B une décision d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter les lundis, mardi et jeudis à 11h00 à la brigade de gendarmerie de Bar-sur-Aube, la préfète de l'Aube a retenu que l'intéressé n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours prononcée à son encontre le 12 décembre 2023, qu'il déclarait disposer d'un passeport à son domicile sans en apporter la preuve et que sa reconnaissance auprès des autorités dont il a déclaré la nationalité était nécessaire, M. B ne pouvant ainsi quitter immédiatement le territoire français mais son éloignement demeurant une perspective raisonnable. Par ailleurs, elle a retenu qu'il déclarait être en concubinage et avec trois enfants à charge, sa compagne et ces enfants ayant également été déboutés de leurs demandes d'asile et vocation à retourner dans leur pays d'origine. Enfin, M. B a déclaré résider à Bar-sur-Aube et exercer une activité professionnelle depuis fin juin 2024.
14. M. B fait valoir son contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'employé du bâtiment à compter du 1er juillet 2024 conclu avec une société ayant son siège à Sèvres (92) et soutient que le lieu d'exercice de ses fonctions situé en région parisienne est incompatible avec son obligation de se présenter les lundis, mardi et jeudis à 11h00 à la brigade de gendarmerie de Bar-sur-Aube. Il fait également valoir qu'il doit assister à des rendez-vous médicaux et que pouvoir les réaliser en région parisienne présenterait l'avantage pour lui de trouver des praticiens russophones. Toutefois, les modalités de pointage décidées dans le cadre de son assignation à résidence, à raison de trois fois par semaine dans la commune même de résidence du requérant, qui sont nécessaires en l'espèce à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de l'intéressé, et alors par ailleurs que l'arrêté en litige précise que M. B peut solliciter auprès de la préfecture de l'Aube des autorisations de sortir du département, n'imposent pas de contraintes qui ne seraient pas adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent, ni portant une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir de M. B, y compris au regard des obligations professionnelles qu'il fait valoir alors que, au demeurant, il ne dispose pas d'autorisation de travail. Compte tenu de ce qui précède, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des caractères inadapté et disproportionné des modalités de contrôle de la mesure d'assignation doivent être écartés.
15. Par ailleurs, alors que M. B, ainsi qu'il a déjà été dit, ne dispose pas d'autorisation de travail, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence porterait atteinte à son droit au travail n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
16. En troisième lieu, la mesure d'assignation à résidence de la nature de celle qui a été prise à l'égard du requérant ne présente pas, compte tenu de sa durée et de ses modalités d'exécution, le caractère d'une mesure privative de liberté au sens de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de ces stipulations pour contester la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". M. B ne saurait utilement invoquer une méconnaissance des stipulations de cet article 3 pour contester la légalité de son assignation à résidence, une telle mesure n'impliquant pas, par elle-même, un renvoi de l'intéressé dans un pays où il craindrait les risques mentionnés dans cet article. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des éléments repris ci-avant, que la décision portant assignation à résidence en litige porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Aube a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur les frais liés au litige :
20. M. B a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Opyrchal, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Opyrchal de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 27 juillet 2024 de la préfète de l'Aube portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans prononcée à l'encontre de M. B, est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Opyrchal renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Opyrchal la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Aurore Opyrchal et à la préfète de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
Le magistrat désigné,
signé
R. RIFFLARDLa greffière,
signé
F. DAROUSSI DJANFAR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026