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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2401978

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2401978

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2401978
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLUDOT CLAIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2413593/12/3 du 31 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal de céans, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête enregistrée le 28 mai 2024 présentée par M. A B.

Par une requête enregistrée le 7 août 2024 au greffe du tribunal, M. A B, représenté par Me Ludot demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique, dont il a accusé réception le 11 mars 2024, contre l'arrêté du 24 janvier 2024 du préfet des Ardennes l'obligeant à quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance n° 2400459 du tribunal administratif de Châlons en Champagne du 3 mars 2024 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ;() ".

2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément ". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnées aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".

3. D'une part, il ressort des pièces fournies à l'appui de sa demande que M. B a formé, le 7 mars 2024, un recours hiérarchique auprès du ministre de l'intérieur contre l'arrêté du 24 janvier 2024. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartenait à M. B de saisir le tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de cette décision, ce délai de recours n'étant susceptible d'aucune prorogation. Il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de l'ordonnance n° 2400459 du tribunal de céans, que le requérant n'a pas saisi le tribunal administratif contre cette décision dans les délais impartis. En outre, la notification de l'arrêté mentionne que l'exercice d'un recours administratif ne proroge pas le délai de recours contentieux et est conforme aux exigences de l'article R. 421-5 du code de justice administrative.

4. D'autre part, l'arrêté du 24 janvier 2024, qui n'a pas fait l'objet d'un recours avant l'expiration du délai de recours contentieux, est ainsi devenu définitif. Par suite, en l'absence de tout élément de fait ou de droit nouveau de nature à modifier la situation juridique de M. B au regard de son droit au séjour en France, l'intéressé ne faisant à cet égard état d'aucune circonstance de droit ou de fait nouvelle dans son recours hiérarchique, la décision implicite du ministre de l'intérieur, qui a le même objet que l'arrêté préfectoral du 24 janvier 2024, ne peut qu'être regardée comme une décision purement confirmative de cet arrêté initial devenu définitif.

Par suite, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur rejetant son recours hiérarchique contre l'arrêté du préfet des Ardennes du 24 janvier 2024 sont également manifestement irrecevables. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Ardennes du 24 janvier 2024, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Paris le 28 mai 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures, sont tardives et sont entachées d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet des Ardennes en date du 24 janvier 2024 et de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique contre cet arrêté sont tardives et entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent en conséquence être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 24 septembre 2024.

La présidente du tribunal

Signé

Sylvie Mégret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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