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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2402143

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2402143

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2402143
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 25 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour un an. Le tribunal a jugé que le préfet des Ardennes avait légalement fondé sa décision sur le maintien irrégulier de l'intéressé après expiration de son visa, en application des articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-3 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les arguments de M. A sur son intégration professionnelle, universitaire et culturelle ont été écartés, son entrée en France étant trop récente (mai 2023) pour établir des liens personnels stables. La requête a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, M. B A demande au tribunal de reconsidérer sa situation concernant la décision l'obligeant à quitter le territoire français et l'interdisant de retour sur le territoire français.

Il soutient qu'il est pleinement intégré sur le territoire français où il participe, de manière significative, à la vie en société.

La requête a été communiquée au préfet des Ardennes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 20 septembre 1993, est entré en France en mai 2023 sous couvert d'un visa court séjour délivré le 13 mars 2023 d'une validité de trente jours du 18 mars 2023 au 17 juin 2023. Le 25 juillet 2024, il a été placé en retenue aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour, à la suite d'un contrôle d'identité, par les militaires de gendarmerie de Charleville-Mézières. Par un arrêté du même jour, le préfet des Ardennes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° Lorsque l'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L.612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article

L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ". Aux termes de l'article L. 612-6 de ce code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ".

3. Pour édicter l'obligation de quitter le territoire français sans délai à l'encontre de

M. A, le préfet des Ardennes s'est fondé sur les circonstances que l'intéressé s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire après l'expiration de son visa, qu'il est célibataire sans enfant, qu'il ne dispose pas de liens personnels et familiaux anciens, stables et intenses en France, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans et qu'il ne justifie pas de circonstance humanitaire lui permettant de bénéficier d'un droit au séjour. En outre, alors qu'il a regardé comme établi le risque de soustraction à la mesure d'éloignement, le préfet des Ardennes a estimé que le requérant ne justifiait d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à l'édiction d'une décision sans délai de départ volontaire. Enfin, il a considéré qu'aucune circonstance humanitaire ne s'opposait à l'édiction d'une décision d'interdiction de retour pour une durée d'un an. En se bornant à se prévaloir de sa situation professionnelle en tant que technicien fibre, de ses acquis universitaires, de ses compétences linguistiques ainsi que de ses activités sportives et culturelles démontrant son intégration sur le territoire qui sont susceptibles de se rattacher à différents moyens, au demeurant non articulés, alors que par ailleurs son entrée en France est récente à la date de la décision en litige, M. A n'établit pas que c'est à tort que le préfet a pris la mesure en litige. Par suite, le moyen invoqué par le requérant doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Ardennes.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

Mme Bénédicte Alibert, première conseillère,

M. Oscar Alvarez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024

Le rapporteur,

O. C

Le président,

O. NIZETLa greffière,

N. MASSON

La République mande et ordonne au préfet des Ardennes en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402143

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