lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. C A B, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Marne a suspendu pour une durée de deux mois la validité de son permis de conduire.
Il soutient que :
- l'urgence est établie par la nécessité de disposer d'un permis de conduire pour l'exercice de ses activités professionnelles et pour véhiculer sa femme que des contraintes médicales empêchent de conduire ;
- l'arrêté en cause est signé par une autorité incompétente, il n'est pas suffisamment motivé, il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations alors que l'urgence à suspendre la validité de son permis de conduire n'est pas caractérisée, l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et le lieu de l'infraction n'est pas précisé, chacun de ces moyens étant propre à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision d'invalidation de son permis de conduire.
Vu la requête n° 2402239 enregistrée le 9 septembre 2024 par laquelle M. C A B, représenté par Me Josseaume, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Marne a suspendu pour une durée de deux mois la validité de son permis de conduire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier de l'urgence qu'il y a à suspendre l'exécution de l'arrêté prononçant la suspension de son permis de conduire pour une durée de deux mois, M. A B invoque les conséquences graves et irrémédiables sur sa situation personnelle et professionnelle dès lors que son permis de conduire lui est indispensable pour exercer sa profession de technicien itinérant au sein d'une société spécialisée dans les activités de protection des personnes et des biens et que, par ailleurs, il a besoin d'un véhicule pour véhiculer son épouse qui ne peut pas conduire pour des raisons médicales. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A B a commis sur le territoire de la commune de Soulanges, le 3 septembre 2024 à 16 heures 20, un dépassement de vitesse de plus de 40 kilomètres/heure (130 km/h alors que la vitesse autorisée était de 90 km/h). Le requérant ne conteste pas sérieusement la réalité de cette infraction en se bornant à exposer que la décision attaquée n'indique pas le lieu précis de l'infraction, alors que la vitesse de 90 km/h est la vitesse la plus élevée qui est autorisée sur le territoire de cette commune. Cette circonstance, alors même qu'elle serait isolée, est de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Ainsi, eu égard à la gravité de cette infraction au code de la route, les exigences de protection et de sécurité routière, dont il appartient au juge des référés de tenir compte, font obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 16 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
A. D
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