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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2402299

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2402299

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2402299
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A, détenu, qui contestait la décision du 22 août 2024 refusant son classement dans un emploi au service général. Le tribunal a jugé que cette décision, motivée par des impératifs de sécurité et de bon ordre, ne portait pas atteinte aux libertés et droits fondamentaux des détenus. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, il a considéré que le refus d’emploi n’est pas un acte susceptible de recours pour excès de pouvoir, rendant la requête irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 22 août 2024 par laquelle l'adjointe au chef d'établissement du Centre pénitentiaire de Troyes-Lavau, a placé, sur liste d'attente, sa demande de classement dans un emploi au sein du service général.

Il soutient que le refus d'accès au service général n'est fondé que sur des soupçons de trafic qui ne sont pas établis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, incarcéré au Centre pénitentiaire de Troyes-Lavau, a présenté, le 31 juillet 2024, une demande de classement dans un emploi au sein du service général de l'établissement. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 22 août 2024 par laquelle l'adjointe au chef d'établissement a, après avis de la commission pluridisciplinaire unique du 7 août 2024, placé sur liste d'attente sa demande pour le travail en concession et refusé le classement pour les postes au service général, pour des impératifs de maintien du bon ordre, de sécurité et de prévention des infractions.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".

3. Si, eu égard à sa nature et à l'importance de ses effets sur la situation des détenus, une décision de déclassement d'emploi constitue un acte administratif susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, il en va autrement des refus opposés à une demande d'emploi ainsi que des décisions de classement, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus.

4. La décision en litige est motivée par le fait que dans le précédent établissement au sein duquel il était détenu, M. A avait participé à un trafic interne sous couvert de l'accomplissement des tâches relatives à l'exercice de son emploi. Le requérant affirme que ces faits ne sont pas établis. Alors même qu'ils ne le seraient pas, en prenant, pour le motif précité, la décision attaquée, le chef d'établissement n'a pas portée atteinte aux libertés et droits fondamentaux des détenus. Par suite, la décision litigieuse ne constitue pas une mesure susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. M. A n'est ainsi pas recevable à en demander l'annulation.

5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 16 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Signé

O. NIZET

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