vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402311 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP RAHOLA CREUSAT LEFEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 septembre et le 27 septembre 2024, M. H F, Mme G A, et M. C F, représentés par Me Desingly, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de Rethel du 4 juillet 2024 portant application du droit de préemption urbain ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rethel une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie, eu égard à leur qualité d'acquéreurs évincés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées ;
- ainsi, l'arrêté attaqué ne comprend pas une motivation répondant aux exigences posées par l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme ;
- par ailleurs, le maire de Rethel ne justifiait pas, à la date de la décision de préemption, de la réalité des projets d'action ou opérations d'aménagement mis en avant pour fonder une telle préemption ;
- en effet, l'exercice du droit de préemption avait ici pour seul mobile le prix d'acquisition particulièrement attractif des terrains en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, la commune de Rethel, représentée par Me Rahola, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 600 euros soit solidairement mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;
- il est permis de s'interroger sur le respect de la condition d'urgence, le compromis de vente conclu le 25 juin 2024 comportant une clause de caducité en cas d'exercice du droit de préemption.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée sous le n° 2402312, tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. D pour exercer les fonctions de juge des référés prévues au livre V du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 30 septembre 2024 à 9 heures 30, tenue en présence de Mme Daroussi Djanfar, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Desingly, avocat des requérants, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- et les observations de Me Rahola, représentant la commune de Rethel, qui confirme ses écritures.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ".
2. Par acte authentique du 25 juin 2024, la société Sfimmo et M. B E ont conclu un compromis de vente avec M. H F, Mme G A et M. C F, en vue de la cession, rue de Bitburg à Rethel, de deux parcelles contigües d'une superficie totale de 5 148 m2, pour un montant de 160 000 euros. Par un arrêté du 4 juillet 2024, le maire de Rethel a exercé, par délégation du conseil municipal, le droit de préemption urbain sur ces parcelles. M. H F, Mme G A et M. C F demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Eu égard à l'objet d'une décision de préemption et à ses effets vis-à-vis de l'acquéreur évincé, la condition d'urgence doit en principe être constatée lorsque celui-ci demande la suspension d'une telle décision. Il peut toutefois en aller autrement au cas où le titulaire du droit de préemption justifie de circonstances particulières, tenant par exemple à l'intérêt s'attachant à la réalisation rapide du projet qui a donné lieu à l'exercice du droit de préemption. Il appartient au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
4. Les requérants bénéficient, en leur qualité d'acquéreurs évincés, d'une présomption d'urgence. Si la commune de Rethel met en avant en défense la circonstance que le compromis de vente conclu le 25 juin 2024 comportait une clause de caducité en cas d'exercice du droit de préemption, une telle circonstance n'était pas de nature, par elle-même, à priver de tout caractère d'urgence la suspension de la décision de préemption, cette clause ne faisant pas obstacle à ce que, d'un commun accord, les parties poursuivent la vente. Dans ces conditions, et en l'absence de toute autre circonstance particulière en l'espèce invoquée, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
5. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () / Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le recyclage foncier ou le renouvellement urbain, de sauvegarder, de restaurer ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, de renaturer ou de désartificialiser des sols, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. ". Il résulte de ces dispositions que, pour exercer légalement ce droit, les collectivités titulaires du droit de préemption urbain doivent, d'une part, justifier, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, faire apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption.
6. S'il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'exercice du droit de préemption urbain était ici motivé par la volonté de constituer une réserve foncière nécessaire au développement de la zone d'activité de Pargny et d'assurer la continuité de l'aménagement de la rue de Bitburg, de mettre en œuvre un projet de béguinage, et d'effectuer des mutations de terrain en vue d'échanges ultérieurs, le moyen tiré de ce que le maire de Rethel ne justifiait pas, à la date de la décision de préemption, de la réalité de ces projets d'action ou opérations d'aménagement invoqués pour fonder une telle préemption est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est, en l'état du dossier, susceptible d'entraîner la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conditions posées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant rempli, les requérants sont fondés à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Rethel du 4 juillet 2024.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Rethel une somme totale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge des requérants qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du maire de Rethel du 4 juillet 2024 portant application du droit de préemption urbain, est suspendue.
Article 2 : La commune de Rethel versera à M. H F, à Mme G A, et à M. C F, une somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Rethel présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H F, à Mme G A, à M. C F, et à la commune de Rethel.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 4 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
B. D
La République mande et ordonne au préfet des Ardennes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026