lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402340 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. A B, représentée par Me Harir, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 19 juillet 2024 par laquelle le préfet des Ardennes l'a mis en demeure de cesser toute activité d'animateur sportif ;
2°) de mettre à la charge du département des Ardennes, le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient avoir fait une demande tendant à ce que la mention de sa condamnation pour conduite sous l'emprise de stupéfiants, soit exclue du bulletin n°2 de son casier judiciaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : " /()/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; /()/ 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. "
2. M. B, éducateur sportif, demande l'annulation de la mise en demeure par laquelle le préfet des Ardennes l'enjoint de cesser son activité professionnelle.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 322-1 du code du sport : " Nul ne peut exploiter soit directement, soit par l'intermédiaire d'un tiers, un établissement dans lequel sont pratiquées des activités physiques ou sportives s'il a fait l'objet d'une condamnation prévue à l'article L. 212-9. " Aux termes de l'article L. 212-9 du code du sport : " I. - Nul ne peut exercer les fonctions mentionnées au premier alinéa de l'article L. 212-1 à titre rémunéré ou bénévole, ou aux articles L. 223-1 et L. 322-7, ni intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques et sportives mentionnés à l'article L. 322-1 s'il a fait l'objet d'une condamnation pour crime ou pour l'un des délits prévus :/()/ 7° Aux articles L. 235-1 () du code de la route (). Aux termes de l'article L. 235-1 du code de la route : " I. - Toute personne qui conduit un véhicule () alors qu'il résulte d'une analyse sanguine ou salivaire qu'elle a fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants est punie de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il est interdit à une personne d'enseigner, d'animer ou d'encadrer une activité physique ou sportive ou d'entraîner ses pratiquants, lorsqu'elle a été condamnée pour conduite à la suite d'un usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et que cette interdiction est automatiquement prononcée par l'autorité administrative compétente sur le constat de l'inscription d'une condamnation pour ces infractions au bulletin n° 2 du casier judiciaire.
5. Il est constant que M. B, animateur sportif, a fait l'objet d'une condamnation pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme " stupéfiants " prononcée par le tribunal judicaire de Chaumont le 11 décembre 2023. Alors même que l'intéressé aurait introduit une demande afin que soit effacée la mention de cette condamnation du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, dès lors qu'elle y figurait au jour de sa décision, le préfet des Ardennes était tenu de prendre la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que le préfet étant en état de compétence liée, le moyen invoqué par le requérant est inopérant. Par suite les conclusions d'annulation de la requête ne peuvent être que rejetées en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
7. En second lieu, si la requête de M. B vise le " conseil départemental des Ardennes " et contient des conclusions au titre des frais liés au litige, tendant à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à sa charge, il est constant que cette collectivité territoriale n'est pas l'auteur de la décision en litige et ne saurait dès lors être partie au litige.
8. Les conclusions précitées sont manifestement infondées et doivent être rejetées en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 23 septembre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
O. NIZET
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