vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Modeste Chouaïbou Nji Mfenjou, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Marne a prolongé son assignation à résidence pour une nouvelle durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Marne de se prononcer sur sa situation administrative dans un délai d'un mois.
Il soutient que :
- le préfet de la Marne n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;
- il est dépourvu d'attaches familiales au Maroc, qu'il est intégré en France et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La procédure a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Friedrich, premier conseiller.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Clemmy Friedrich a été entendu au cours de l'audience publique.
M. A et le préfet de la Marne n'étaient ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée, l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 22 juin 1984 à El Jadida, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2024 par lequel le préfet de la Marne a prolongé son assignation à résidence pour une nouvelle durée de quarante-cinq jours.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai édictée le 3 août 2024, a été assigné à résidence pour une durée qui, par la décision en litige, a été prolongée de quarante-cinq jours.
4. Il ne ressort ni de la motivation l'arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Marne aurait omis de procéder à un examen complet de la situation personnelle de M. A.
5. Si M. A soutient qu'il est dépourvu d'attaches familiales au Maroc, que ses liens privés et familiaux se situent désormais en France et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, de telles considérations sont sans incidence sur la légalité de la décision en litige, laquelle a pour objet non de se prononcer sur son droit au séjour mais d'ordonner les mesures conservatoires propres à assurer l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Par ailleurs, il n'établit pas, en se prévalant des mêmes éléments, que la décision ordonnant son assignation à résidence méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. FRIEDRICHLa greffière,
Signé
S. VICENTE
La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2402355
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026