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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2402518

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2402518

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2402518
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNORMAND & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 octobre 2024 et le 23 octobre 2024, M. D E, représenté par la SELARL Pelletier et associés, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise afin de chiffrer l'ensemble des préjudices qu'il subit suite aux soins qui lui ont été prodigués par le centre hospitalier universitaire de Reims suite à un accident vasculaire ischémique.

Il soutient que :

- le tribunal administratif de céans a, par une ordonnance en date du 3 février 2022, désigné M. le docteur C, en qualité d'expert, afin de dire si une éventuelle responsabilité pouvait être retenue à l'égard du CHU de Reims ;

- l'expert a rendu son rapport le 4 mars 2023 concluant à un retard de diagnostic et à une absence de consolidation ;

- il a été classé en invalidité de catégorie 2 à compter du 1er août 2023 ;

- il a été reconnu, par le médecin du travail, inapte à son poste de travail ;

- il a été licencié le 20 octobre 2023 pour inaptitude et impossibilité de reclassement ;

- son état de santé est à ce jour consolidé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le centre hospitalier universitaire de Reims, représenté par la SCP Normand et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, qui devra avoir lieu aux frais avancés de M. E. Il demande en outre de désigner le docteur C en qualité d'expert et de fixer la mission de celui-ci conformément à ses suggestions.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.

2. Les mesures d'expertise demandées par M. E entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. le docteur B C, exerçant au centre hospitalier Sainte Anne, 1 rue Cabanis à Paris (75014) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. E et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Reims ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. E, ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;

2°) déterminer la date de consolidation de l'état de santé de M. E ;

3°) évaluer, à la date de la consolidation, l'importance du déficit fonctionnel permanent, des souffrances endurées, du préjudice esthétique définitif, du préjudice d'agrément ainsi que les frais futurs à caractère certain et prévisible ;

4°) évaluer le préjudice professionnel définitif ;

4°) à défaut de consolidation indiquer le délai dans lequel M. E devra être réexaminé en fonction de l'évolution prévisible de son état de santé ; dans cette hypothèse, dire si l'état de M. E est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution ;

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert :

- avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise ;

- recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.

Article 5 : L'expert, lui-même soumis au secret médical, pourra se faire communiquer directement par le centre hospitalier l'entier dossier médical de l'intéressé, sans que puisse lui être opposé ce même secret et pourra entendre toute personne ayant donné des soins à M. E.

Article 6 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires avant le 30 avril 2025. L'expert notifiera lui-même les copies aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E, aux caisses primaires d'assurance maladie de l'Aisne et de l'Oise, à Génération, au centre hospitalier universitaire de Reims et à M. le docteur B C, expert.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 9 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. A

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