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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2402521

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2402521

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2402521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’exécution de la décision d’attribution du lot n° 1 d’un marché de rénovation énergétique, présentée par la SAS Ardenne peinture évolution, concurrente évincée. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, la seule qualité de concurrent évincé et l’imminence des travaux ne suffisant pas à caractériser une atteinte grave et immédiate à la situation de la requérante. La requête a été rejetée sans examen du moyen soulevé, par application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, la SAS Ardenne peinture évolution, représentée par Me Harir, demande au juge des référés statuant au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision attribuant à l'entreprise SRBI le lot n° 1 " isolation thermique par l'extérieur " du marché de rénovation énergétique du logement de fonction du camping du lac, par la communauté de communes des portes du Luxembourg ;

2°) de mettre à la charge de la communauté de communes des portes du Luxembourg la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que les travaux sont susceptibles de débuter prochainement ;

- une erreur a été commise dans le calcul des points obtenus par les différents candidats à l'attribution du marché en litige ; qu'elle aurait dû être déclarée attributaire. Ce moyen est de nature à créer un doute quant à la légalité de l'attribution de ce marché.

Vu :

- la requête enregistrée sous le n° 2402520 par laquelle la SAS Ardenne peinture évolution demande l'annulation de la décision d'attribution du lot n° 1 du marché de rénovation énergétique du logement de fonction du camping du lac et la résiliation dudit marché.

- les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article

L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Lorsque le tribunal administratif est saisi d'une demande contestant la validité d'un contrat, le juge des référés peut être saisi, sur ce fondement, d'une demande tendant à la suspension de son exécution. Lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de ce contrat et à conduire à la cessation de son exécution ou à son annulation, eu égard aux intérêts en présence, il peut ordonner la suspension de son exécution. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Le 8 aout 2024, le président que la communauté de communes des portes du Luxembourg a signé l'acte d'engagement du marché public portant sur le lot n° 1 " isolation thermique par l'extérieur " du marché de rénovation énergétique du logement de fonction du camping du lac. La SAS Ardenne peinture évolution, candidate, non retenue, à l'attribution de ce marché, demande la suspension de l'exécution de cette décision.

4. Si la SAS Ardennes peinture évolution se prévaut de sa qualité de concurrent irrégulièrement évincé et de l'imminence du commencement des travaux, cette qualité et cette circonstance ne sauraient suffire, à elles seules, dès lors qu'elles ne permettent pas d'apprécier l'existence d'une atteinte grave et immédiate à la situation de la requérante, à justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision d'attribution du marché en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Ardenne peinture évolution doit être rejetée, en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer sur le bien-fondé du moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'attribution du marché en cause, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la SAS Ardenne peinture évolution est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SAS Ardenne peinture évolution.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. NIZET

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