vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402605 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, la SCI quatre C, représentée par Me Opyrchal, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Warmeriville de suspendre la démolition du bâtiment dont elle est propriétaire sis 28 quater avenue Val des Bois ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Warmeriville le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la possibilité d'une démolition crée une présomption d'urgence ;
- la démolition porte atteinte au droit de propriété ; si elle a été autorisée par la cour d'appel de Reims cette décision fait l'objet d'un pourvoi en cassation ; le bâtiment fait partie du patrimoine industriel local.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et notamment son Préambule ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nizet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. La SCI quatre C est propriétaire d'un bâtiment industriel désaffecté, sis au 28 quater de l'avenue Val des bois sur le territoire de la commune de Warmeriville. Par une délibération du
23 septembre 2024 le conseil municipal de la commune a autorisé son maire à régulariser un avenant au contrat conclu avec une entreprise de démolition dans le but d'entreprendre la démolition de ce bâtiment. Il résulte des pièces produites par la requérante que le maire de la commune, en raison de l'état de délabrement avancé du bâtiment, a pris, à compter de 2016, une série d'arrêtés de péril imminent puis de péril simple, avant de saisir la juridiction judicaire d'une demande d'autorisation de démolition. En dernier lieu, par un arrêt du 31 janvier 2023, la cour d'appel de Reims a autorisé cette démolition.
3. La requérante soutient que la décision de démolition pour une atteinte au droit de propriété qui constitue une liberté fondamentale au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Toutefois alors que le droit invoqué est limité, notamment par les dispositions codifiées aux articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, par la nécessité d'assurer la sécurité et la salubrité des immeubles, la requérante se borne, en premier lieu, à faire valoir que la décision de la cour d'appel a fait l'objet d'un pourvoi en cassation. Or l'usage, par la SCI quatre C, d'une voie de recours à l'encontre de la décision juridictionnelle précitée ne permet pas d'établir l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale qui serait portée par la commune de Warmeriville, au droit de propriété. En second lieu, la requérante se prévaut de l'intérêt patrimonial du bâtiment en litige et produit divers documents et courriers adressés notamment au sous-préfet de Reims qui indique en réponse qu'il a saisi l'architecte des bâtiments de France. Toutefois ce courrier est daté du 4 janvier 2022 et il n'est, en tout état de cause, ni établi, ni même allégué que le bâtiment ferait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, que la
SCI quatre C n'établit pas que la décision de la commune, à la regarder arrêtée à la seule lecture de la délibération du conseil municipal précitée, de démolir le bâtiment dont elle est propriétaire, porterait une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il suit de là qu'il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SCI quatre C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI quatre C.
Copie en sera adressée, pour information, à la commune de Warmeriville.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
O. NIZET
La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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