jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | MOUNTAP MOUNBAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Mountap Mounbain, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 11 octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 700 euros à verser à Me Mountap Mounbain en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision en litige n'est pas suffisamment motivée ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte ;
- elle est particulièrement vulnérable car elle ne dispose d'aucun logement pour héberger ses deux enfants ;
- elle n'a aucun revenu ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision en litige porte une atteinte à l'exercice effectif de la liberté fondamentale de solliciter l'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Henriot, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot, Magistrat désigné ;
- les observations de Me Mountap Mounbain qui a maintenu les moyens soulevés dans ses écritures en précisant que Mme B est amenée à dormir dans sa voiture avec ses deux enfants, ce qui nuit à leur scolarité ;
- et les observations de Mme B, s'exprimant en géorgien, par l'intermédiaire d'un interprète, qui a indiqué vivre dans une grande précarité, malgré l'assistance qu'elle reçoit de sa mère, qu'elle est divorcée, le père de ses enfants vivant en Géorgie, et qu'elle ne souhaite pas retourner dans son pays d'origine au regard de la situation politique actuelle.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne née le 30 novembre 1991, est entrée en France en mai 2022. Elle a déposé le 3 juin 2022 une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 4 août 2023. Mme B a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile le 11 octobre 2024. Par une décision du 11 octobre 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les demandes de la requérante, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
3. Aux termes de l'article L.551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. " Selon l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Selon l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que des informations permettant d'apprécier la vulnérabilité de Mme B ont été recueillies dans un document intitulé " fiche évaluation de vulnérabilité " le 11 octobre 2024. Cependant, il ne ressort ni des termes de la décision en litige ni des autres pièces du dossier que la vulnérabilité de Mme B aurait été prise en compte lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été refusé. Par suite, la décision en litige est entachée d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 11 octobre 2024 doit être annulée.
6. Il n'est pas contesté que Mme B ne dispose d'aucune ressource ni d'aucun logement stable. En outre, elle est accompagnée de ses deux enfants mineurs, nés le 24 septembre 2012 et le 24 décembre 2016, qui sont scolarisés et dont le père est en Géorgie. Dans ces conditions, la situation de Mme B révèle une vulnérabilité particulière justifiant que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui soit accordé. Par suite, il y lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. L'Office français de l'immigration et de l'intégration constitue une personne morale distincte de l'État. Par conséquent, aucune somme ne peut être mise à la charge de l'État, qui n'est pas partie dans la présente instance, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 11 octobre 2024 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder à Mme B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Mountap Mounbain et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 10 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. HENRIOTLa greffière,
Signé
S. VICENTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026