mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2024, M. G, représenté par Me Malblanc, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024, notifié le 30 octobre 2024, par lequel
la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités portugaises en vue de l'examen
de sa demande d'asile ;
3°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024, notifié le 30 octobre 2024, par lequel
la préfète du Bas-Rhin a décidé de l'assigner à résidence dans le département de l'Aube pour
une durée de quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir de ce département sans autorisation et obligation de se présenter les mercredis, hors jours fériés, entre 9h00 et 10h00 à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui remettre dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Malblanc au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté portant transfert aux autorités portugaises :
- il a été pris par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est établi, d'une part, que les brochures d'information lui aient été remises, et, d'autre part, qu'il ait bénéficié d'une information satisfaisante sur ses droits et obligations alors que l'entretien individuel dont il a bénéficié n'a duré qu'une dizaine de minutes ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est entaché d'erreur d'appréciation en tant qu'il lui fait obligation de se présenter
à la gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse en dehors des horaires d'ouverture au public
de celle-ci.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Rifflard, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, magistrat désigné,
- les observations de Me Malblanc, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. E qui, assisté de M. F, interprète en langue lingala, précise que son fils poursuit des études universitaires en région parisienne et qu'il vient le voir quasiment quotidiennement dans son foyer.
La préfète du Bas-Rhin n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Des pièces en délibéré, présentées par Me Malblanc pour M. E, ont été enregistrées le 18 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, né le 8 février 1971, a déposé une demande d'asile en France au titre de laquelle une attestation de demande d'asile en procédure Dublin lui a été remise
le 15 juillet 2024. La consultation du fichier VIS ayant révélé qu'il était en possession d'un visa délivré par les autorités portugaises périmé depuis moins de six mois, les autorités portugaises ont été saisies d'une demande de prise en charge sur le fondement des dispositions de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Ces autorités ont fait connaître leur accord explicite le 20 septembre 2024. Par deux arrêtés du 27 septembre 2024, notifiés le 30 octobre suivant,
la préfète du Bas-Rhin a décidé respectivement, d'une part, le transfert de M. E aux autorités portugaises en vue de l'examen de sa demande d'asile, et, d'autre part, d'assigner l'intéressé à résidence dans le département de l'Aube pour une durée de quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir de ce département sans autorisation et obligation de se présenter tous
les mercredis, hors jours fériés, entre 9h00 et 10h00 à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse. M. E demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret
du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans
les procédures non juridictionnelles : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. E, qui est déjà représenté par un avocat, a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence, de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités portugaises :
4. En premier lieu, par un arrêté du 29 août 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 30 août 2024, la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, a donné à Mme A C, cheffe du pôle régional Dublin et signataire de l'acte attaqué, délégation pour signer, notamment, les arrêtés de transfert pris en application
e la procédure Dublin. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement. () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe. / 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que
le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue
qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus
au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour
le demandeur d'asile une garantie. Enfin, si des circonstances le rendent nécessaire pour assurer une bonne compréhension par le demandeur des informations contenues dans ces brochures,
une explication orale de ces informations lui est en outre communiquée oralement, par exemple lors de l'entretien individuel.
6. D'autre part, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été reçu en entretien individuel le 15 juillet 2024 à la préfecture de la Marne. A cette occasion, il s'est vu remettre
les brochures A et B conformes aux modèles figurant à l'annexe X au règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la commission du 30 janvier 2014, qui contiennent l'ensemble des informations prescrites par les dispositions précitées. Ces documents, dont les pages de garde ont été signées par l'intéressé le même jour, sont rédigés en lingala, langue qu'il comprend. M. E n'est donc pas fondé à soutenir que ces brochures ne lui ont pas été remises dans les conditions prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
8. Par ailleurs, M. E fait valoir que cet entretien ne respecte pas
les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 5 du même règlement, dès lors qu'il n'a duré qu'environ dix minutes, ce qui ne lui aurait pas permis d'être correctement informé sur ses droits et obligations et sur la procédure de transfert.
9. Toutefois, ainsi qu'il a été indiqué au point 7 ci-avant, M. E s'est vu remettre les brochures d'information à l'occasion de cet entretien, donc en temps utile, dans une langue qu'il comprend, et alors qu'il ne fait valoir aucune circonstance qui aurait justifié que
les informations de ces brochures lui soient en outre communiquées oralement pour qu'il en ait une bonne compréhension. M. E a, par ailleurs, signé le résumé de cet entretien qui mentionne qu'il a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de la Marne, avec l'assistance d'un interprète en langue lingala, et qui consigne la déclaration du demandeur selon laquelle il a été informé que sa demande d'asile était traitée conformément au règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et qu'il comprenait la procédure ainsi engagée à son encontre. En outre, ce résumé de l'entretien comporte des détails sur l'itinéraire migratoire de M. E, sur l'Etat membre par lequel il a déclaré être arrivé à savoir le Portugal, ainsi que les observations de M. E selon lesquelles, notamment, il a déclaré être en concubinage et avoir six enfants dont trois mineurs demeurant en Angola avec leur mère, deux majeurs étant également en Angola et un troisième majeur qui semblerait être en Europe mais M. E ayant déclaré ne pas savoir où exactement. M. E a également déclaré lors de cet entretien que son passeport a été confisqué par des passeurs, a expliqué qu'il a utilisé un passeport d'emprunt angolais dans le cadre de son visa délivré par les autorités portugaises mais qu'il est en réalité de nationalité congolaise. Il a, enfin, précisé qu'il n'était pas en danger en cas de retour au Portugal mais qu'il ne voulait pas y retourner car il n'y connaît personne, qu'il n'avait pas de famille en France ni en Europe, et qu'il n'avait pas de traitement médical mais déclarait être malade ayant mal au pied et n'arrivant pas bien à marcher. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'entretien individuel, en admettant même sa brièveté alléguée, aurait été mené dans des conditions contraires aux dispositions du 3 de l'article 4 et de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
10. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit donc être écarté dans toutes ses branches.
11. En troisième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ". La faculté laissée à chaque État membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
12. M. E se prévaut de la présence de son fils en France, M. B D, titulaire d'une carte de résident et qui, après avoir été scolarisé en France depuis à tout le moins 2013, a été dernièrement diplômé d'une licence délivrée par l'université Gustave Eiffel, M. E précisant à l'audience que celui-ci poursuit ses études universitaires en région parisienne et qu'il vient le voir quotidiennement à son foyer d'hébergement. Toutefois, d'une part, ainsi que le fait valoir la préfète du Bas-Rhin, l'existence du lien de filiation allégué par M. E entre lui et M. D n'est établie par aucune pièce. D'autre part, en admettant même que M. D soit le fils de M. E, et qu'il lui rende des visites fréquentes à son foyer dans l'Aube en dépit de la distance, cette seule circonstance, et alors même que M. E déclare n'avoir aucune autre attache familiale ou personnelle au Portugal, ne permet pas d'établir que l'arrêté en litige serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé son transfert aux autorités portugaises en vue de l'examen de sa demande d'asile.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
14. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : () 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; () ".
15. Si une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.
16. Si la préfète du Bas-Rhin a décidé que M. E devait, dans le cadre de son assignation à résidence, se présenter les mercredis, hors jours fériés, entre 9h00 et 10h00
à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse, il est constant que cette brigade n'est pas ouverte au public le mercredi matin. La préfète du Bas-Rhin a d'ailleurs produit à l'instance
un arrêté modificatif du 5 novembre 2024, notifié le 6 novembre suivant à M. E, par lequel elle a substitué à ces horaires de présentation à cette brigade, ceux de 14h00 à 15h00. La préfète ne conteste par ailleurs pas que cette brigade était déjà fermée au public les mercredis matins à la date de l'arrêté en litige, dès lors qu'elle fait valoir que c'est par erreur de plume qu'elle aurait fixé un tel horaire initial de présentation durant les heures de fermeture de cette brigade. Cependant, la fixation de ce créneau horaire précis de présentation ne saurait être tenu pour
une simple erreur de plume, et le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation en ce qu'il l'oblige à se présenter à cette brigade de gendarmerie pendant ses heures de fermeture au public.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2024, notifié le 30 octobre 2024, par lequel
la préfète du Bas-Rhin a décidé de l'assigner à résidence dans le département de l'Aube pour
une durée de quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir de ce département sans autorisation et obligation de se présenter les mercredis, hors jours fériés, entre 9h00 et 10h00 à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse, en tant qu'il lui fait cette obligation de se présenter
à la brigade de gendarmerie les mercredis entre 9h00 et 10h00.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. L'exécution du présent jugement, qui annule seulement l'arrêté du 27 septembre 2024 portant assignation à résidence de M. E en tant qu'il lui fait obligation de se présenter les mercredis entre 9h00 et 10h00 à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse, n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint à la préfète du Bas-Rhin de remettre à l'intéressé l'attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les conclusions à fin d'injonction de M. E doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Comme indiqué précédemment, il y a lieu d'admettre provisoirement M. E à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir
des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Malblanc, avocat de M. E, renonce à percevoir
la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Malblanc. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. E par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. E.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel la préfète du Bas-Rhin a décidé d'assigner à résidence M. E dans le département de l'Aube pour une durée de quarante-cinq jours, avec interdiction de sortir de ce département sans autorisation et obligation de se présenter les mercredis, hors jours fériés, entre 9h00 et 10h00 à la brigade de gendarmerie de Vendeuvre-sur-Barse, est annulé en tant qu'il lui fait obligation de se présenter à cette brigade de gendarmerie les mercredis entre 9h00 et 10h00.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. E à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Malblanc renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Malblanc, avocat de M. E, la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi
du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. E par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. E.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. H E, à la préfète du Bas-Rhin et à Me Mathieu Malblanc.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
R. RIFFLARDLe greffier,
signé
A. PICOT
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026