jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2402900 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 novembre et 4 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Mainnevret, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2024 du préfet de la Marne prononçant son assignation à résidence dans le département de la Marne pendant une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté manque de base légale n'ayant jamais reçu notification de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la mesure est disproportionnée ;
- l'arrêté manquait des recherches quant aux perspectives raisonnables d'éloignement au moment de son édiction.
La requête a été communiquée au préfet de Marne qui n'a pas produit d'observations mais des pièces.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mégret, présidente-rapporteure,
- les observations de Me Mainnevret représentant Mme A, présente qui insiste sur l'irrégularité de la notification de l'obligation de quitter le territoire, l'absence de base légale de l'assignation et l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement postérieures à l'arrêté contesté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante nigériane née le 14 mai 1996, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2024 du préfet de la Marne l'assignant à résidence, sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
3. Il n'est pas contesté que Mme A n'était plus prise en charge en hébergement par le centre HUDA Adoma de Châlons-en-Champagne à partir du 20 avril 2024 et que le préfet en avait connaissance ayant été destinataire du certificat de fin prise en charge. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire du 12 juillet 2024 lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours a été notifié à cette adresse le 18 juillet 2024. Dès lors, et faute pour le préfet de la Marne, d'avoir produit des observations dans la présente instance, et même si l'accusé-réception de la poste porte la mention " pli avisé et non réclamé ", l'arrêté portant obligation de quitter le territoire n'a pas été régulièrement notifié et n'est opposable à la requérante qu'à compter de la production de l'obligation de quitter le territoire le 3 décembre 2024 dans la présente instance par le préfet. Ainsi, en l'espèce, l'irrégularité de la notification a une incidence sur le délai de recours à l'encontre de la décision d'éloignement ainsi que la légalité de la décision d'assignation à résidence dès lors que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire est cité dans les motifs de la décision contestée et que le délai de départ volontaire accordé dans la décision portant obligation de quitter le territoire français ne commence à courir qu'à compter du 3 décembre 2024. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté contesté est entaché d'une illégalité doit être annulé.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 14 novembre 2024 du préfet de la Marne assignant à résidence Mme A est annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mainnevret, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Mainnevret. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 14 novembre 2024 du préfet de la Marne assignant à résidence Mme A est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Mainnevret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Mainnevret, avocat de Mme A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1200 euros sera versée à Mme A.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Mainnevret et au préfet de la marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
S. MÉGRET
La greffière,
Signé
S. VICENTE
La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026