LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2403097

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2403097

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2403097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de la Marne du 4 novembre 2024 refusant le regroupement familial demandé par M. C pour son épouse. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, la séparation conjugale et la grossesse de l'épouse ne constituant pas une urgence suffisante au sens de la procédure de référé. Il a également considéré qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'erreur de droit sur l'appréciation des ressources et la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, M. A C, représenté par Me Mainnevret, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 novembre 2024, par lequel le préfet de la Marne a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial qu'il avait présentée en faveur de son épouse ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Marne, à titre principal, de lui accorder à titre provisoire une autorisation de regroupement familial en faveur de son épouse dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de regroupement familial dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, le rejet de sa demande de regroupement familial rompant toute relation entre lui et son épouse ainsi que leur enfant à naitre ;

- la légalité de la décision attaquée est entachée d'un doute sérieux ;

- le préfet de la Marne a commis une erreur de droit en s'estimant tenu de rejeter sa demande de regroupement familial dès lors qu'il ne présentait pas un niveau suffisant de ressources ;

- il remplit toutes les conditions pour qu'il soit fait droit à sa demande de regroupement familial ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire de production, enregistré le 20 décembre 2024, le préfet de la Marne a transmis des pièces.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée sous le n° 2403096, tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. B pour exercer les fonctions de juge des référés prévues au livre V du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 20 décembre 2024 à 14 heures 30, tenue en présence de Mme Deforge, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Malblanc, substituant Me Mainnevret, avocat de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ".

2. M. C, né en 1988, de nationalité marocaine, est entré en France en 2006. Il est actuellement titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2030. Marié avec une ressortissante marocaine depuis 2021, il a présenté une demande de regroupement familial en faveur de son épouse le 21 mars 2024. Le préfet de la Marne a rejeté cette demande par un arrêté du 4 novembre 2024, au motif que M. C ne remplissait pas la condition de ressources posée par l'article L.434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

3. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ".

4. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. ".

5. Aux termes de l'article L434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. / () ". Aux termes de son article R. 434-4 : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / () ".

6. Il ne résulte pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Marne, qui a notamment procédé à un examen de la situation personnelle et familiale du requérant, ait cru que le non-respect de la condition de ressources lui imposait de rejeter la demande de M. C. Par ailleurs, la circonstance que le préfet de la Marne n'avait pas d'obligation de rejeter la demande de l'intéressé au regard du seul niveau de ressources ne lui interdisait néanmoins pas en elle-même de retenir ce motif pour rejeter cette demande, en faisant usage de la faculté dont il disposait à cet égard. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de la Marne aurait ici commis une erreur de droit n'apparaît pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

7. Si M. C fait valoir qu'il remplit toutes les conditions pour qu'il soit fait droit à sa demande de regroupement familial, les bulletins de salaire qu'il produit ne permettent toutefois pas de considérer qu'il remplissait la condition de ressources posée par l'article L. 434- 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autant moins qu'au demeurant, les deux derniers bulletins de salaire qu'il communique, datés de mars et avril 2024, montrent que l'entreprise dans laquelle M. C était embauché en contrat à durée indéterminée est désormais placée en liquidation judiciaire, au moins depuis le mois de mars 2024. Ce moyen n'est dès lors pas non plus propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Si M. C se prévaut de sa situation familiale, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé ait partagé une vie commune avec son épouse, avec qui il est marié depuis 2021 et qui a toujours vécu au Maroc. Si celle-ci est enceinte, sa grossesse n'a été révélée que le 30 octobre 2024, et n'établit pas en elle-même une nécessité de venir en France à brève échéance. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'apparaît pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

10. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 4 novembre 2024. L'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative faisant défaut, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cet arrêté ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 31 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

B. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions