jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2500240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | CLORIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 janvier 2025 et le 7 février 2025, M. A B, représenté par Me Cloris, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 21 janvier 2025 par lequel la préfète de la Haute-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, lui a interdit le retour pendant une durée d'un an et l'a assigné à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant refus de départ volontaire est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ; en outre, le risque allégué n'est pas établi ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'assignation à résidence sera annulée à raison de l'annulation de la mesure d'éloignement ;
- il n'a pas été entendu sur la possibilité d'exécuter volontairement l'obligation de quitter le territoire ;
- les obligations imposées sont disproportionnées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2025, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 11 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Nizet, président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Nizet, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 10 février 2025, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de nationalité algérienne né, le 2 janvier 1988, est entré en France sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa court séjour, le 15 novembre 2022. Il a été interpellé le 21 janvier 2025 à l'occasion d'un contrôle routier. Constatant que son visa était expiré et qu'il n'était titulaire d'aucun certificat de résidence, la préfète de la Haute-Marne, par un arrêté du 21 janvier 2025, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, lui a interdit le retour pendant une durée d'un an et l'a assigné à résidence. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : /()/ 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ".
3. M. B fait valoir résider en France depuis trois ans et avoir intégré la communauté Emmaüs de Foulain depuis deux ans. Cependant l'intéressé qui est célibataire et sans enfant n'établit pas être dépourvu de toute famille dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. Dans ces circonstances, la préfète de Haute-Marne n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels l'obligation a été prise. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
4. Par les mêmes motifs l'intéressé, n'est pas fondé à soutenir que la décision en cause serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Enfin la circonstance qu'il s'apprêterait à déposer une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article l. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
Sur la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire :
6. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision précitée serait illégale motif pris de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : /()/3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : /()/ 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ".
8. Il n'est pas contesté que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa. Par suite en application des dispositions précité le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était établi et permettait à la préfètede prendre la décision susvisée.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".
10. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision précitée serait illégale motif pris de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 sera écarté.
12. Les dispositions précitées faisant obligation au préfet de prendre une décision d'interdiction de retour sur le territoire, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que cette mesure ne serait pas justifiée dans son principe. En fixant la durée de cette interdiction à un an, alors qu'elle avait la possibilité de la fixée à cinq ans, la préfète n'a pas retenue une durée disproportionnée.
Sur la décision d'assignation à résidence :
13. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision précitée serait illégale motif pris de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En faisant valoir, sans autre développement que la décision l'assignant à résidence est disproportionnée, M. B ne met pas le juge à même d'apprécier le bien fondé de ce moyen. En tout état de cause, en obligeant le requérant à se rendre deux fois par semaine à la gendarmerie de Nogent, la préfète de la Haute-Marne n'a pas pris au regard de la situation de l'intéressé une obligation disproportionnée.
15. La circonstance que l'intéressé n'aurait pas été entendu sur la possibilité d'exécuter volontairement l'obligation de quitter le territoire, est en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de la décision d'assignation à résidence.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Cloris et à la préfète de la Haute-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.
Rendu public pour mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
Le magistrat désigné, La greffière,
SignéSigné
O. NIZET S. VICENTE
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026