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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500243

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500243

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500243
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL MAINNEVRET-MALBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2025, complétée par un mémoire enregistré le 3 février 2025, M. A B, représenté par Me Malblanc, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'assortir l'injonction prononcée à l'article 3 de l'ordonnance n°2402921

du 10 décembre 2024 d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient qu'alors que l'ordonnance a été rendue il y a près de deux mois, il n'a pas été satisfait à l'injonction prononcée, malgré deux demandes en ce sens.

Le préfet de la Marne a produit des pièces enregistrées le 3 février 2025

et le 17 février 2025 qui ont été communiquées.

La présidente du tribunal a désigné M. Deschamps, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu l'ordonnance n°2402921 du 10 décembre 2024 du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Deschamps, juge des référés,

- et les observations de Me Mainnevret, substituant Me Malblanc, représentant M. B, et celui-ci en ses explications. Me Mainnevret reprend les observations écrites qui avaient été présentées, et M. B précise que, lors d'un entretien hier en préfecture, un récépissé de la demande de titre de séjour lui a été remis et qu'il lui a été annoncé que le titre de séjour devrait lui être délivré d'ici une quinzaine de jours.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2402921 du 10 décembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a prononcé la suspension de l'exécution de la décision implicite rejetant la demande de titre de séjour de M. B jusqu'à ce qu'il soit statué

sur le fond du litige, a enjoint au préfet de la Marne de délivrer, à titre provisoire et dans un délai d'un mois, à M. B un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article

L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En l'absence d'exécution de la mesure d'injonction dans le délai imparti, M. B demande par la présente requête au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assortir l'injonction prononcée d'une astreinte

de 150 euros par jour de retard.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. Au vu de l'urgence à statuer sur la demande de M. B, il y a lieu de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Et aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

5. S'il n'appartient pas au juge des référés de prononcer, de son propre mouvement, des mesures destinées à assurer l'exécution de celles qu'il a déjà ordonnées, il peut, d'office, en vertu de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, assortir les injonctions qu'il prescrit d'une astreinte. Il incombe dans tous les cas aux différentes autorités administratives de prendre, dans les domaines de leurs compétences respectives, les mesures qu'implique le respect des décisions juridictionnelles. Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier

les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.

6. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Marne, en méconnaissance de l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance visée ci-dessus qui lui a été notifiée

le 10 décembre 2024, n'a pas délivré, à titre provisoire dans l'attente du jugement au fond, dans le délai d'un mois qui lui était imparti, à M. B un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'inexécution de la mesure décidée par l'ordonnance du 10 décembre 2024 constitue un élément nouveau qui justifie de modifier la mesure d'injonction prescrite, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, en l'assortissant d'une astreinte destinée à en assurer l'exécution. Il y a lieu, en conséquence, d'assortir l'injonction au préfet de la Marne de délivrer à M. B un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'une astreinte journalière de 50 euros, faute d'exécution dans un délai de cinq jours suivant

la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais du litige :

7. M. B a été précédemment admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve

que Me Malblanc, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant

à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Malblanc. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'injonction prévue à l'article 3 de l'ordonnance n° 2402921 du 10 décembre 2024 est assortie d'une astreinte journalière de 50 euros à l'expiration d'un délai de cinq jours après notification de la présente ordonnance et jusqu'à la date à laquelle cette ordonnance aura reçu exécution ou celle à laquelle un jugement au fond sera intervenu.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Malblanc renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Malblanc, avocat de M. B, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B,

à Me Mathieu Malblanc et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Marne.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 19 février 2025.

Le juge des référés,

A. DESCHAMPSLe greffier,

A. PICOT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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