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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500422

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500422

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500422
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne rejette la requête en référé de M. A, qui demandait "l'annulation du système Schengen". Le juge des référés constate que le requérant, de nationalité albanaise résidant en Italie, ne justifie pas de l'urgence, condition essentielle pour les procédures de référé prévues aux articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative. Le seul motif invoqué, à savoir des examens médicaux pour son épouse, est jugé trop imprécis pour caractériser une urgence. La requête est donc rejetée sans instruction ni audience en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 14 février 2025, M. B A demande au juge des référé d'annuler le système Schengen.

Il soutient que :

- il n'a reçu aucune notification des décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français, et signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour, qui ont été prises à son encontre par les autorités françaises en 2023, en méconnaissance des articles 13 et 14 du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 et des articles 12 et 13 de la directive (UE) 2016/680 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 ;

- il avait déjà quitté la France lorsque ces décisions ont été prises ;

- il résidait alors avec son épouse en Italie, et y vit toujours actuellement, en bénéficiant d'un titre de séjour régulier ;

- il n'a reçu aucune réponse à la demande d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de l'interdiction de retour sur le territoire français qu'il a adressée par courriel aux services de la préfecture de Troyes ;

- son épouse doit faire des examens de santé à l'hôpital.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. C pour exercer les fonctions de juge des référés prévues au livre V du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de son article L. 521-2 : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de son article L. 521-3 : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées simultanément sur le fondement de l'article L. 521-2. Par suite, elles ne peuvent être présentées simultanément dans une même requête. A défaut pour le demandeur de préciser lequel de ces articles il entend invoquer, il appartient au juge saisi de préciser la portée de la demande au vu de tous les éléments d'appréciation dont il dispose. Constituent des critères d'interprétation de la demande les termes des conclusions, l'ensemble de l'argumentation ou la circonstance qu'aucune requête en annulation ou en réformation d'une décision administrative n'a été présentée.

3. Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. / () ".

4. En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

5. Il résulte de l'instruction qu'après avoir présenté, au plus tôt en 2023 et au plus tard le 16 décembre 2024, une demande d'abrogation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français, et signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour, qui avaient été prises à son encontre en 2023, M. A, de nationalité albanaise et résidant actuellement en Italie, a déposé le 12 février 2025 sous l'onglet " référé " de l'application " Télérecours citoyens " une requête tendant à " l'annulation du système Schengen ". Si M. A ne précise pas sur quel article il entend fonder une telle demande, il se borne en tout état de cause, pour justifier de l'urgence de l'affaire, à faire valoir que son épouse doit faire des examens de santé à l'hôpital. Un tel motif, dépourvu de toute précision, ne saurait en lui-même permettre de regarder la condition d'urgence comme remplie, que ce soit sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'article L. 521-3 du même code, ou encore moins de l'article L. 521-2 dudit code, lequel exige une urgence caractérisée et à très bref délai. Dès lors, sans même qu'il soit besoin de préciser la portée de la requête de M. A, il ne peut qu'être constaté que celle-ci ne satisfait pas à la condition d'urgence requise en matière de référé. Il y a lieu de la rejeter selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 19 février 2025.

Le juge des référés,

Signé

B. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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