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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500972

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500972

lundi 28 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500972
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B qui demandait l'annulation d'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Le tribunal a estimé que la contestation du bien-fondé de cette amende, infligée en répression d'une infraction routière, relève de la compétence exclusive du juge judiciaire, en application des articles 521, 529-2 et 530-2 du code de procédure pénale. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2025, M. A B demande au tribunal de prononcer l'annulation de plusieurs avis de saisie administrative à tiers détenteur émis respectivement le 20 mars 2025, ayant pour objet le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée de 375 euros infligée en répression d'une infraction commise avec un véhicule de la société de transport BLD Express.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le code général des collectivités territoriales

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif ()les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. Aux termes de l'article 521 du code de procédure pénale : " Le tribunal de police connaît des contraventions ". Aux termes de l'article 529-2 du même code : " () A défaut de paiement ou d'une requête présentée dans le délai de quarante-cinq jours, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public ". Aux termes de l'article 530-2 de ce code : " Les incidents contentieux relatifs à l'exécution du titre exécutoire et à la rectification des erreurs matérielles qu'il peut comporter sont déférés au tribunal de police, qui statue conformément aux dispositions de l'article 711 ". Aux termes de l'article 707-1 de ce même code : " Le ministère public et les parties poursuivent l'exécution de la sentence chacun en ce qui le concerne. / Néanmoins, les poursuites pour le recouvrement des amendes () sont faites au nom du procureur de la République par le comptable public compétent () ".

3. Aux termes de l'article L. 2327-1-7 du code général de la propriété des personnes publiques : " Par dérogation aux dispositions du présent titre relatives aux produits et redevances du domaine des collectivités territoriales, de leurs groupements et de leurs établissements publics, le recouvrement du forfait de post-stationnement impayé et de la majoration prévus à l'article L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales est effectué selon les procédures, garanties et privilèges applicables au recouvrement des amendes pénales. Ce recouvrement est confié au comptable public désigné par arrêté du ministre du budget () ".

4. Aux termes de l'article 6-1 du décret du 22 décembre 1964 modifié relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques alors applicables : " Lorsque le débiteur d'amendes ou de condamnations pécuniaires ne s'est pas acquitté spontanément de sa dette dans le délai fixé par l'avertissement mentionné à l'article 5, ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées, () par voie de saisie administrative à tiers détenteur ". Aux termes de l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire : " Le juge de l'exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. () "

5. M. B demande l'annulation de plusieurs avis de saisie administrative à tiers détenteur émis respectivement le 20 mars 2025. Ces actes avaient pour objet de recouvrer une somme de 375 euros correspondant à une amende infligée en répression d'une infraction routière. Il résulte de ce qui précède que la contestation du bien-fondé d'une telle amende relève du seul juge judiciaire. Par suite, la requête de M. B est portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre, et doit être rejetée en application des dispositions précitées du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 28 avril 2025.

La président de la 2ème chambre,

Signé

O. NIZET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Châlons-en-Champagne, le 29 avril 2025

Le greffier,

signé

A.PICOT

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