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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2501427

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2501427

vendredi 16 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2501427
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Litige relatif au refus de France Travail d’accorder une prime de reclassement dans le cadre d’un contrat de sécurisation professionnelle. Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se déclare incompétent par ordonnance, estimant que ce contentieux relève de la compétence de la juridiction judiciaire. La solution retenue est le rejet de la requête pour incompétence manifeste de la juridiction administrative, en application des articles R. 222-1 du code de justice administrative et L. 1233-65, L. 1233-68, L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mai 2025, M A B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 février 2025 par laquelle France Travail a rejeté sa demande de prime de reclassement dans le cadre d'un contrat de sécurisation professionnelle ainsi que les décisions du 19 mars 2025 et du 3 avril 2025 rejetant ses recours gracieux contre ces décisions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :

" () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance, () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 1233-65 du code du travail : " Le contrat de sécurisation professionnelle a pour objet l'organisation et le déroulement d'un parcours de retour à l'emploi, le cas échéant au moyen d'une reconversion ou d'une création ou reprise d'entreprise ". Aux termes de l'article L. 1233-68 du même code : " Un accord conclu et agréé dans les conditions prévues à la section 5 du chapitre II du titre II du livre IV de la cinquième partie définit les modalités de mise en œuvre du contrat de sécurisation professionnelle notamment : / () 8° Le montant de l'allocation et, le cas échéant, des incitations financières au reclassement servies au bénéficiaire par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L 5427-1 () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " I.-L'opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : / () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, des allocations mentionnées à l'article L. 5424-21, de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi

n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997, des sommes restant dues au titre du versement de l'allocation équivalent retraite prévue à l'article L. 5423-18, dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2009, et des sommes restant dues au titre de la prime forfaitaire prévue à l'article L. 5425-3, dans sa rédaction antérieure au 1er septembre 2017, ainsi que le service de toute autre allocation ou aide dont l'Etat lui confierait le versement par convention () ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage, de l'Etat ou du fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ".

4. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi n° 2008-126 du 13 février 2008 dont elle sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme du service public de l'emploi, qui s'est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi devenu France Travail à l'Agence nationale pour l'emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s'agissant des prestations servies au titre du régime d'assurance chômage. Il n'appartient, dès lors, qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de se prononcer sur les litiges relatifs à l'attribution, au calcul ou au remboursement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, laquelle relève du régime conventionnel d'assurance chômage. Il en va de même des litiges relatifs à l'attribution, la cessation ou la récupération des allocations servies dans le cadre du contrat de sécurisation professionnelle, qui relèvent, en application des dispositions précitées, du régime conventionnel d'assurance chômage.

5. Par la présente requête, M. B saisit le tribunal d'un litige relatif au versement de la prime de reclassement dans le cadre d'un contrat de sécurisation professionnelle. La gestion de ce contrat se rattache à la gestion par Pôle emploi, devenu France Travail, du régime conventionnel d'assurance chômage, ne relève ainsi manifestement pas de la compétence

de la juridiction administrative. Dès lors, il y a lieu de rejeter la requête de M. B comme étant portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 16 mai 2025.

Le président de la 3ème chambre,

Signé

A. DESCHAMPS

La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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