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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2501515

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2501515

lundi 2 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2501515
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi par Mme A d’une demande d’effacement d’une mention figurant sur son fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), qu’elle estimait nuire à son insertion professionnelle. Par une ordonnance du 2 juin 2025, le tribunal a rejeté cette requête comme portée devant une juridiction incompétente. Il a rappelé que, en application des articles 230-8 et 230-9 du code de procédure pénale, seul le procureur de la République ou le magistrat désigné peut ordonner un tel effacement, et non le juge administratif. La décision a été prise sur le fondement du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2025, Mme B A demande au tribunal de procéder à l'effacement de la mention inscrite sur son fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ).

Elle soutient que les mentions figurant au fichier de traitement des antécédents judiciaires sont un obstacle à son insertion professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Aux termes de l'article 230-8 du code de procédure pénale : " Le traitement des données à caractère personnel est opéré sous le contrôle du procureur de la République territorialement compétent, qui, d'office ou à la demande de la personne concernée, ordonne qu'elles soient effacées, complétées ou rectifiées, notamment en cas de requalification judiciaire, ou qu'elles fassent l'objet d'une mention. () ". Aux termes de l'article 230-9 du même code : " Un magistrat, chargé de suivre la mise en œuvre et la mise à jour des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 et désigné à cet effet par le ministre de la justice, concourt à l'application de l'article 230-8. / Ce magistrat peut agir d'office ou sur requête des particuliers. Il dispose des mêmes pouvoirs d'effacement, de rectification ou de maintien des données personnelles dans les traitements mentionnés au premier alinéa du présent article que le procureur de la République. () Il se prononce sur les suites qu'il convient de donner aux demandes d'effacement ou de rectification dans un délai de deux mois. / () ".

3. Mme A demande au tribunal de procéder à l'effacement de la mention inscrite sur son fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Toutefois, en application des dispositions précitées, il n'appartient pas au juge administratif de procéder à un tel effacement qui relève de la seule compétence du procureur de la République territorialement compétent ou du magistrat désigné à cet effet. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre en application des dispositions du 2° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Châlons-en-Champagne, le 2 juin 2025.

Le président de la 2ème chambre,

O. NIZET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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