jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2000378 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP DESCHAMPS-FAIVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2020 et un mémoire enregistré le 4 novembre 2022 et non communiqué, Mme B A, représentée par Me Faivre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte du 11 décembre 2019 portant refus de sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 24 avril 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 24 avril 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision est entachée d'un défaut de base légale dès lors que l'administration s'est fondée sur une norme inapplicable aux faits de l'espèce ;
- l'administration a commis une erreur de fait, de droit et d'appréciation dès lors que l'accident s'est produit sur le lieu et dans le temps du service si bien que la condition d'imputabilité au service est remplie ;
- elle n'a pas commis de faute personnelle ;
- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2021, l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte, représenté par Me Jurek conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de Mme Florence Milin-Rance, rapporteure publique ;
- les observations de Me Faivre, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Harbil-Bonne, substituant Me Jurek et représentant l'EHPAD " la résidence des Saules ".
Considérant ce qui suit :
1. Mme A exerce les fonctions d'aide-soignante au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte ainsi que le mandat de secrétaire de la section syndicale de la confédération française démocratique du travail (CFDT) au sein de cet établissement. Le 24 avril 2019, elle a participé en cette qualité au conseil d'administration de cet établissement. Le 2 mai 2019, Mme A a adressé à son établissement un certificat d'arrêt de travail pour accident de travail, établi par son médecin le 30 avril 2019 et a été placée en arrêt de travail à compter de cette date jusqu'au 19 janvier 2020. Par un avis du 31 octobre 2019, la commission départementale de réforme des Vosges a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 24 avril 2019. Par une décision du 11 décembre 2019, le directeur de l'EHPAD " la résidence des Saules " a refusé la reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a assisté au conseil d'administration de son établissement, en sa qualité de représentante syndicale, le 24 avril 2019. En préambule de ce conseil, le directeur de l'établissement a lu une " déclaration liminaire du CA du 24 avril 2019 ", faisant suite à un message anonyme reçu par lui la semaine précédente, déclaration qui a par ailleurs été distribuée à l'ensemble des salariés de l'établissement. A la suite de cette réunion, Mme A a adressé à son administration un certificat médical d'accident du travail, établi par son médecin le 30 avril 2019 faisant état d'un " état dépressif réactionnel avec insomnie suite à un évènement lié au travail ". Le certificat médical établi par un médecin psychiatre, le 26 juillet 2019, conclut que les lésions déclarées dans le certificat médical du 30 avril 2019 sont bien imputables à l'activité professionnelle de l'agent, qu'il n'existe pas de pathologie indépendante évoluant pour son propre compte et qu'il n'existe pas d'état préexistant ou d'état antérieur. Si l'administration soutient en défense qu'un délai de plusieurs jours s'est écoulé entre la réunion du 24 avril 2019 et l'arrêt de travail, que Mme A est revenue normalement travailler le 29 avril 2019 et que ses collègues de travail ont considéré son état comme normal, il est constant que la lecture de la " déclaration liminaire au CA du 24 avril 2019 " est intervenue sur le lieu et dans le temps de service et qu'elle est en lien avec le service. Par ailleurs, à supposer même que l'affection dont souffre la requérante trouve son origine, en tout ou partie, dans un positionnement d'opposition systématique, en qualité de représentante du personnel, vis-à-vis de la direction, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause son imputabilité au service. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que l'administration a commis une erreur d'appréciation en considérant que les évènements litigieux n'étaient pas en lien avec le service.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du directeur de l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte du 11 décembre 2019 portant refus de sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 24 avril 2019 doit être annulée.
Sur les conclusions d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident du 24 avril 2019. Cette mesure doit donc être prescrite, assortie d'un délai d'exécution de deux mois à compter de la notification du présent jugement
Sur les frais de l'instance :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante.
7. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur de l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte du 11 décembre 2019 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'EHPAD " la résidence des Saules " de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 24 avril 2019 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement
Article 3 : L'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'EHPAD " la résidence des Saules " de Saulxures-sur-Moselotte.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
F. C
Le président,
D. Marti
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2000378
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026