mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2001732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juillet 2020 et 21 octobre 2021, M. B E, représenté par Me Tadic, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 36-245 du 29 mai 2020 par lequel le maire de Nancy a réglementé temporairement la circulation et le stationnement rue Gustave Simon, place Vaudémont et grande rue à Nancy ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 36-315 du 4 juin 2020 portant dérogation à l'arrêté réglementaire applicable aux terrasses et autres éléments installés sur le domaine public ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nancy les dépens, ainsi que la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne l'arrêté du 29 mai 2020 :
- il est entaché d'une incompétence de son auteur ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit de libre accès des riverains à la voie publique, accessoire du droit de propriété ;
En ce qui concerne l'arrêté du 4 juin 2020 :
- il sera annulé par voie de conséquence ;
- il ne vise pas le décret n° 2020-663 du 31 mai 2020 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 20 avril 2021 et 28 janvier 2022, la commune de Nancy, représentée par Me Loctin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne dispose d'aucun intérêt pour agir contre les décisions attaquées dès lors qu'il réside rue de Boudonville à Nancy, qu'il ne réside pas habituellement à l'intérieur de la zone géographique concernée par la décision attaquée et qu'il n'établit pas être propriétaire d'une maison d'habitation place Vaudémont ;
- le requérant, qui conteste l'installation des terrasses place Vaudémont, n'a pas d'intérêt suffisamment direct à contester l'arrêté du 4 juin 2020, qui a seulement pour objet de fixer un cadre réglementaire à l'ensemble des terrasses installées sur le domaine public ;
- le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté du 29 mai 2020, qui n'a pas à être motivé, est inopérant ; en tout état de cause, la décision est suffisamment motivée ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A C,
- les conclusions de Mme Sousa-Pereira, rapporteure publique,
- les observations de Me Lehmann, substituant Me Tadic, pour M. E,
- et les observations de Me Loctin, avocat de la commune de Nancy.
Considérant ce qui suit :
1. M. E est propriétaire d'une maison située 23 rue Héré, à l'angle de la place Vaudémont à Nancy. Par un premier arrêté du 29 mai 2020, le maire de Nancy a réglementé temporairement la circulation et le stationnement rue Gustave Simon, place Vaudémont et grande rue, interdisant le stationnement et la circulation sur ces voies de 11h00 à 2h00 pour la période du 2 juin 2020 au 1er novembre 2020. Par un second arrêté du 4 juin 2020, il a porté dérogation à l'arrêté réglementaire applicable aux terrasses et autres éléments portés sur le domaine public pour la même période en vue d'autoriser l'extension de terrasses dans le centre-ville pendant la même période. Par sa requête, M. E demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 mai 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ". Aux termes de l'article L. 2213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 2213-2 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains () ".
3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. F D, quinzième adjoint au maire, auquel le maire de Nancy a, par un arrêté du 10 avril 2018, régulièrement publié au registre des arrêtés du maire de la ville de Nancy, délégué ses fonctions relatives, notamment, aux compétences de stationnement et de circulation. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux du 29 mai 2020 vise les articles L. 2212-2, L. 2213-1 et L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales et précise qu'il est pris en considération " de l'extension des terrasses dans le cadre des Estivales de Stanislas ". Dans ces conditions, il doit être regardé comme comportant de manière suffisante les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En dernier lieu, sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété, et notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. Par suite, dans le cas d'une voie communale, le maire ne peut refuser d'accorder cet accès, lequel constitue un accessoire du droit de propriété, que si ce refus est justifié par des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique.
6. En l'espèce, le maire de Nancy a réglementé la circulation et le stationnement dans la rue Gustave Simon et sur la place Vaudémont, rendant ces rues piétonnes de 11h30 à 2h entre le 2 juin 2020 et le 1er novembre 2020 dans le but d'assurer dans de meilleures conditions de sécurité, de commodité et d'agrément la circulation respective des piétons et des automobilistes dans le centre de la ville à l'occasion des Estivales de Stanislas. En outre, M. E conserve un accès intégral à sa propriété entre le 1er novembre et le 2 juin, ainsi qu'un accès limité à celle-ci, entre 2h00 et 11h30, sur la période du 2 juin au 1er novembre. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la réglementation imposée par l'arrêté en litige soit disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté du 29 mai 2020, le maire de Nancy aurait fait une inexacte application des dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 juin 2020 :
7. En premier lieu, l'arrêté du 4 juin 2020 ne constitue ni un acte pris en application de l'arrêté du 29 mai 2020, ni un acte fondé sur cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité est inopérant.
8. En deuxième lieu, une omission ou une erreur dans les visas d'un acte administratif ne sont pas de nature à en affecter la légalité. Dès lors, la circonstance que l'arrêté attaqué ne porte pas le visa du décret n° 2020-663 du 31 mai 2020, est sans influence sur sa légalité.
9. En dernier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué du 4 juin 2020 que celui-ci se borne à autoriser les titulaires d'une autorisation d'occupation du domaine public à installer et exploiter une terrasse en extension, en renvoyant le positionnement et les dimensions de la terrasse à une validation ultérieure du service municipal. Dès lors, la circonstance que le restaurateur voisin de la propriété de M. E ait choisi d'étendre sa terrasse en lieu et place d'une solution alternative, prévue par le décret n° 2020-663 du 31 mai 2020, et consistant à installer une paroi fixe ou amovible assurant une séparation physique entre les tables, concerne les conditions d'exécution de l'arrêté contesté et est sans incidence sur la légalité de celui-ci.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués des 29 mai et 4 juin 2020.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nancy, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Nancy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La présente instance n'ayant par ailleurs donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre sont sans objet et ne peuvent être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nancy sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la commune de Nancy.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Cabecas, conseillère,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
O. Di CL'assesseure la plus ancienne,
L. Cabecas
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026