mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2002301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER & DE ZOLT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 septembre 2020 et 6 juillet 2021, la société de travaux publics de Lorraine, représentée par Me Dupied, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le marché portant sur la réalisation du lot n°1 de mise en place d'un réseau de transfert sur la commune de Villers en Haye conclu le 24 juillet 2020 entre la commune et la société Urbavenir TPS ;
2°) d'annuler le marché portant sur la réalisation du lot n°2 de mise en place d'une station d'épuration sur la commune de Villers en Haye conclu le 24 juillet 2020 entre la commune et la société Sogea Est ;
3°) de condamner la commune de Villers en Haye à lui verser les sommes de 35 621 euros au titre de l'indemnisation du manque à gagner résultant du refus de lui attribuer les lots n°1 et n°2 des marchés publics passés par la commune et de 4 890 euros au titre des frais engagés pour présenter ses offres ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Villers en Haye la somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en ce qui concerne le lot n°1, les éléments que lui a communiqués la commune ne lui permettent pas de s'assurer de la conformité des prestations proposées par la société attributaire au règlement de la consultation et la commune ne lui a pas donné de détails sur l'attribution de la note qu'elle a obtenue s'agissant du critère du prix, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique ;
- en ce qui concerne le lot n°2, la commune ne lui a pas communiqué les caractéristiques et avantages de l'offre retenue et en particulier les éléments qu'elle lui a communiqués ne permettent pas de comprendre pourquoi la société attributaire a obtenu une meilleure note qu'elle sur le critère du mémoire technique ;
- la commune n'a pas produit les éléments relatifs à l'offre de prix global de la société attributaire pour le lot n°2, l'acte d'engagement, le procès-verbal d'ouverture des plis et la liste des candidats admis à présenter une offre malgré la demande qu'elle a formulée en ce sens ;
- ses offres ayant été classées en deuxième position pour l'attribution de chacun des lots, elle avait des chances sérieuses de remporter les marchés et peut donc prétendre à l'indemnisation de son manque à gagner et des frais qu'elle a engagés pour présenter ses offres.
Par des mémoires en défense enregistrés les 16 avril et 28 juin 2021, la commune de Villers en Haye, représentée par Me Cossalter, conclut :
1°) au rejet de la requête présentée par la société de travaux publics de Lorraine ;
2°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société de travaux publics de Lorraine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'absence de communication au candidat dont l'offre n'a pas été retenue, dans le délai de quinze jours, des motifs du rejet de son offre ainsi que des caractéristiques et avantages de l'offre retenue peut faire l'objet d'une régularisation et ne saurait justifier l'annulation du contrat conclu avec l'attributaire ;
- le règlement de la consultation indique avec suffisamment de précisions le critère de jugement des offres s'agissant du prix, lequel se fonde sur un rapport entre la meilleure offre et l'offre jugée ;
- en ce qui concerne le lot n°2, elle s'est conformée aux dispositions de l'article R. 2181-1 du code de la commande en communiquant à la société de travaux publics de Lorraine les notes financières et techniques obtenues par la société attributaire et transmet, dans le cadre de la présente procédure, un tableau récapitulatif des notes obtenues par sous-critère par la société requérante et l'attributaire;
- les demandes tendant à la fois à l'annulation des contrats et à l'indemnisation de son manque à gagner ne sont pas compatibles ;
- la requérante n'établit pas qu'elle avait une chance réelle et sérieuse d'obtenir le marché et ne communique pas son résultat net comptable, ne permettant pas de calculer l'indemnité à laquelle elle estime pouvoir prétendre.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 décembre 2020 et 6 juillet 2021, la société de travaux publics de Lorraine, représentée par Me Dupied, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le marché portant sur la réalisation du lot n°1 de mise en place d'un réseau de transfert sur la commune de Villers en Haye conclu le 24 juillet 2020 entre la commune et la société Urbavenir TPS ;
2°) d'annuler le marché portant sur la réalisation du lot n°2 de mise en place d'une station d'épuration sur la commune de Villers en Haye conclu le 24 juillet 2020 entre la commune et la société Sogea Est ;
3°) de condamner la commune de Villers en Haye à lui verser les sommes de 35 621 euros au titre de l'indemnisation du manque à gagner résultant du refus de lui attribuer les lots n°1 et n°2 des marchés publics passés par la commune et de 4 890 euros au titre des frais engagés pour présenter ses offres ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Villers en Haye la somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en ce qui concerne le lot n°1, les éléments que lui a communiqués la commune ne lui permettent pas de s'assurer de la conformité des prestations proposées par la société attributaire au règlement de la consultation et la commune ne lui a pas donné de détails sur l'attribution de la note qu'elle a obtenue s'agissant du critère du prix, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique ;
- en ce qui concerne le lot n°2, la commune ne lui a pas communiqué les caractéristiques et avantages de l'offre retenue et les éléments qu'elle lui a communiqués ne permettent pas de comprendre pourquoi la société attributaire a obtenu une meilleure note qu'elle sur le critère du mémoire technique ;
- la commune n'a pas produit les éléments relatifs à l'offre de prix global de la société attributaire pour le lot n°2, l'acte d'engagement, le procès-verbal d'ouverture des plis et la liste des candidats admis à présenter une offre malgré la demande qu'elle a formulée en ce sens ;
- ses offres ayant été classées en deuxième position pour l'attribution de chacun des lots, elle avait des chances sérieuses de remporter les marchés et peut donc prétendre à l'indemnisation de son manque à gagner et des frais qu'elle a engagés pour présenter ses offres.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2021, la commune de Villers en Haye, représentée par Me Cossalter, conclut :
1°) au rejet de la requête présentée par la société de travaux publics de Lorraine ;
2°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société de travaux publics de Lorraine sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'absence de communication au candidat dont l'offre n'a pas été retenue, dans le délai de quinze jours, des motifs du rejet de son offre ainsi que des caractéristiques et avantages de l'offre retenue peut faire l'objet d'une régularisation et ne saurait justifier l'annulation du contrat conclu avec l'attributaire ;
- le règlement de la consultation indique avec suffisamment de précisions le critère de jugement des offres s'agissant du prix, lequel se fonde sur un rapport entre la meilleure offre et l'offre jugée ;
- en ce qui concerne le lot n°2, elle s'est conformée aux dispositions de l'article R. 2181-1 du code de la commande en communiquant à la société de travaux publics de Lorraine les notes financières et techniques obtenues par la société attributaire et transmet, dans le cadre de la présente procédure, un tableau récapitulatif des notes obtenues par sous-critère par la société requérante et l'attributaire ;
- les demandes tendant à la fois à l'annulation des contrats et à l'indemnisation de son manque à gagner ne sont pas compatibles ;
- la requérante n'établit pas qu'elle avait une chance réelle et sérieuse d'obtenir le marché et ne communique pas son résultat net comptable, ne permettant pas de calculer l'indemnité à laquelle elle estime pouvoir prétendre.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les affaires, initialement inscrites à l'audience du 12 mai 2022 ont été renvoyées à celle du 8 septembre 2022.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique,
- les observations de Me Dupied, représentant la société de travaux publics de Lorraine,
- et les observations de Me Danilot substituant Me Cossalter représentant la commune de Villers en Haye.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à concurrence, la commune de Villers en Haye a lancé un appel d'offre en procédure adaptée en vue de l'attribution d'un marché public relatif à la mise en place d'un réseau de transfert (lot n°1) et d'une station d'épuration (lot n°2). La date limite de remise des offres était fixée au 30 mars 2020. La société de travaux publics de Lorraine (STPL) a remis une offre pour chacun des deux lots. Par deux courriers du 3 juillet 2020, la STPL a été informée, d'une part, que ses offres n'avaient pas été retenues, d'autre part que le lot n°1 avait été attribué à la société Urbavenir TPS et le lot n°2 à la société Sogea Est. Par les requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre, la STPL demande au tribunal d'annuler les contrats conclus entre la commune de Villers en Haye et les sociétés attributaires des lots n°1 et n°2 et de l'indemniser de son manque à gagner ainsi que des dépenses qu'elle a engagées pour présenter ses offres.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des contrats et à l'indemnisation du manque à gagner :
2. Tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Le tiers agissant en qualité de concurrent évincé de la conclusion d'un contrat administratif ne peut ainsi, à l'appui d'un recours contestant la validité de ce contrat, utilement invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
3. Au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation des contrats passés entre la commune de Villers en Haye et les sociétés attributaires des lots n°1 (mise en place d'un réseau de transfert) et n°2 (mise en place d'une station d'épuration) et à l'indemnisation de son manque à gagner, la société de travaux publics de Lorraine se borne à soutenir que la commune ne lui a pas communiqué les motifs détaillés du rejet de ses offres, les caractéristiques et avantages des offres retenues ainsi qu'un certain nombre de documents relatifs à la procédure de passation tels que l'acte d'engagement, le procès-verbal d'ouverture des plis et la liste des candidats admis à présenter une offre, et ce en méconnaissance des dispositions des articles R. 2181-1 et R. 2181-2 du code de la commande publique. Toutefois, ce vice, pour regrettable qu'il soit, ne constitue pas un manquement aux règles de passation des contrats et est ainsi inopérant devant le juge du contrat.
4. Il résulte de ce qui précède que la société de travaux publics de Lorraine n'est pas fondée à demander l'annulation des marchés relatifs à la mise en place d'un réseau de transfert et d'une station d'épuration sur la commune de Villers en Haye conclus le 24 juillet 2020. Elle n'est pas davantage fondée à demander la condamnation de la commune de Villers en Haye à l'indemniser au titre de son manque à gagner et au titre des frais qu'elle a engagés pour présenter ses offres.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Villers en Haye, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, la somme que la société de travaux publics de Lorraine demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société de travaux publics de Lorraine la somme de 1 500 euros, à verser à la commune de Villers en Haye, sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2002301 et n°2003232 présentées par la société de travaux publics de Lorraine sont rejetées.
Article 2 : La société de travaux publics de Lorraine versera à la commune de Villers en Haye la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société de travaux publics de Lorraine, à la société Urbavenir TPS, à la société Sogea Est et à la commune de Villers en Haye.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Cabecas, conseillère,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
L. A
Le président,
O. Di Candia
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos2002301 - 2003232
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026