LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2002397

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2002397

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2002397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantREMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 29 septembre 2020, le 6 octobre 2020 et le 21 septembre 2022, la société Holding du Gros Moulin, représentée par Me Remy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté inter-préfectoral par lequel le préfet des Vosges et le préfet de la Haute-Saône ont modifié et complété l'arrêté inter-préfectoral du 2 mars 2015 portant autorisation de dériver les eaux de la rivière " Le Côney " pour le fonctionnement de la centrale hydroélectrique du Gros Moulin, communes de Fontenoy-le-Château, Montmotier et Ambievillers ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compétence des signataires de l'arrêté n'est pas établie ;

- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait : le préfet n'établit pas que le volume d'eau retenu par le barrage de prise d'eau est de 0,05 million de mètres cubes d'eau, ni qu'une habitation dont le niveau topographique serait inférieur à la crête de l'ouvrage existerait à moins de quatre cents mètres à l'aval du barrage ;

- la note d'interprétation de l'arrêté du 17 mars 2017 publiée par le ministère de la transition écologique et solidaire admet que l'existence d'une habitation située dans la zone réglementaire de quatre cents mètres à l'aval d'un barrage puisse ne pas être prise en compte pour le classement d'un barrage en catégorie C s'il est établi qu'une rupture de l'ouvrage ne pourrait en aucun cas engendrer une onde de rupture pouvant atteindre l'habitation. Or, une rupture du barrage du Gros Moulin ne présenterait en fait aucun risque d'inondation pour l'unique habitation située à cent vingt mètres à l'aval du barrage, de sorte que l'un au moins des trois critères cumulatifs du classement n'est pas rempli.

Par des mémoires en défense enregistrés le 19 janvier 2022 et le 30 septembre 2022, le préfet des Vosges conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la Holding du Gros Moulin ne sont pas fondés.

La procédure a été communiquée au préfet de la Haute-Saône qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 6 août 2018 fixant des prescriptions techniques relatives à la sécurité des barrages ;

-l'arrêté du 17 mars 2017 précisant les modalités de détermination de la hauteur et du volume des barrages et ouvrages assimilés aux fins du classement de ces ouvrages en application de l'article R. 214-112 du code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,

- les observations de Me Remy, représentant la Holding du Gros Moulin,

- et les observations de Mme C et M. F, représentant le préfet des Vosges.

Connaissance prise d'une note en délibéré présentée pour la Holding du Gros Moulin, enregistrée le 18 octobre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. La Holding du Gros Moulin a été autorisée, par un arrêté inter-préfectoral des Vosges et de la Haute-Saône du 2 mars 2015, à dériver les eaux du Côney pour le fonctionnement de la centrale hydroélectrique du Gros Moulin à hauteur des communes de Fontenoy-le-Château, Montmotier et Ambievillers. Par un arrêté inter-préfectoral du 6 juillet 2020, les deux préfets ont modifié l'arrêté du 2 mars 2015 pour classer l'ouvrage hydroélectrique de la Holding du Gros Moulin en classe C et modifier les exigences de sécurité afférentes. Par la requête susvisée, la Holding du Gros Moulin demande l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. B D et M. A E, alors secrétaires généraux des préfectures des Vosges et de la Haute-Saône, ont légalement pu signer l'arrêté contesté en vertu de délégations de signature que leur ont consenties les préfets des Vosges et de la Haute-Saône respectivement par un arrêté du 22 juillet 2019 et du 26 novembre 2019.

3. En deuxième lieu, l'article R. 214-112 du code de l'environnement détermine la classe, A, B ou C, des barrages de retenue et des ouvrages assimilés. En vertu de cet article, relève de la classe C notamment l'ouvrage qui répond aux conditions cumulatives suivantes " i) H ) 2 ; / ii) V ) 0,05 ; / iii) Il existe une ou plusieurs habitations à l'aval du barrage, jusqu'à une distance par rapport à celui-ci de 400 mètres ", au titre desquelles " H " est la hauteur de l'ouvrage exprimée en mètres et définie comme la plus grande différence de cote entre le sommet de la crête de l'ouvrage et le terrain naturel au niveau du pied de l'ouvrage, et " V " est le volume retenu exprimé en millions de mètres cubes et défini comme le volume retenu par le barrage à la cote de retenue normale. Les obligations de sécurité imposées aux propriétaires des barrages existants par l'arrêté du 6 août 2018 susvisé varient selon la classe des barrages.

4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du dossier de demande d'autorisation de dérivation des eaux du Côney déposé par la requérante en mars 2014 que l'ouvrage présente une hauteur entre la crête du barrage et le niveau aval de 4,9 mètres et que le volume de retenue est évalué à 60 000 mètres cubes. Si la requérante affirme que le volume de 60 000 mètres cubes alors indiqué n'était qu'approximatif et qu'il s'est en outre réduit en raison de la végétalisation de la retenue d'eau, elle ne produit aucune donnée, notamment pas le relevé topographique qu'elle avait annoncé par un courriel adressé au préfet le 13 mars 2020, remettant en cause ces informations qu'elle avait elle-même fournies au préfet.

5. Il ressort également des pièces du dossier, en particulier du plan IGN versé à l'instance, qu'une habitation se situe à environ 147 mètres et, contrairement à ce que soutient la requérante qui ne produit pas de relevé topographique contraire, à l'aval du barrage.

6. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 4 et 5 du présent jugement que le moyen tiré de l'erreur de fait qu'auraient commise les préfets doit être écarté en ses deux branches.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Font l'objet d'une publication les instructions, les circulaires ainsi que les notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives. Les instructions et circulaires sont réputées abrogées si elles n'ont pas été publiées, dans des conditions et selon des modalités fixées par décret. / () ". Aux termes de l'article L. 312-3 du même code : " Toute personne peut se prévaloir des documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2, émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'État et publiés sur des sites internet désignés par décret. / Toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle, même erronée, opérée par ces documents pour son application à une situation qui n'affecte pas des tiers, tant que cette interprétation n'a pas été modifiée. / Les dispositions du présent article ne peuvent pas faire obstacle à l'application des dispositions législatives ou réglementaires préservant directement la santé publique, la sécurité des personnes et des biens ou l'environnement ". Aux termes de l'article R. 312-10 du même code : " Les sites internet sur lesquels sont publiés les documents dont toute personne peut se prévaloir dans les conditions prévues à l'article L. 312-3 précisent la date de dernière mise à jour de la page donnant accès à ces documents ainsi que la date à laquelle chaque document a été publié sur le site. / Ces sites comportent, sur la page donnant accès aux documents publiés en application de l'article L. 312-3, la mention suivante : " Conformément à l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle, même erronée, opérée par les documents publiés sur cette page, pour son application à une situation qui n'affecte pas des tiers, tant que cette interprétation n'a pas été modifiée, sous réserve qu'elle ne fasse pas obstacle à l'application des dispositions législatives ou réglementaires préservant directement la santé publique, la sécurité des personnes et des biens ou l'environnement ". / () ". Aux termes de l'article D. 312-11 du même code : " Les sites internet mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-3 sont les suivants : / - www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr ".

8. La requérante se prévaut d'une " note d'interprétation ", diffusée en janvier 2021 et émanant du ministère de la transition écologique et solidaire, de l'arrêté du 17 mars 2017 précisant les modalités de détermination de la hauteur et du volume des barrages et ouvrages assimilés aux fins de classement de ces ouvrages en application de l'article R. 214-112 du code de l'environnement aux termes de laquelle, par exception aux critères posés par ce dernier article, et " afin de pouvoir prendre en compte la topographie, il pourra être considéré qu'une habitation n'est pas à l'aval du barrage, même si elle répond au critère susmentionné, dès lors qu'il est démontré qu'une rupture de celui-ci ne peut en aucun cas engendrer une onde de rupture atteignant l'habitation ". Toutefois, cette " note d'interprétation " n'est pas opposable à l'administration dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction, ainsi que le préfet des Vosges le fait valoir en défense, qu'elle ait fait l'objet d'une publication dans les conditions prévues par les articles du code des relations entre le public et l'administration cités au point 7 du présent jugement. En outre, à supposer que les énonciations de la " note d'interprétation " dont la requérante se prévaut puissent être regardées comme comportant une interprétation du droit positif au sens et pour l'application de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 312-3 du même code que la requérante ne peut s'en prévaloir dès lors que la présente situation affecte des tiers et que les dispositions concernées du code de l'environnement et de l'arrêté du 17 mars 2017 visent à préserver la sécurité des personnes et des biens. Dans ces conditions, la société Holding du Gros Moulin ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la " note d'interprétation " de l'arrêté du 17 mars 2017.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société Holding du Gros Moulin tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2020 doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par la Holding du Gros Moulin au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de la Holding du Gros Moulin est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Holding du Gros Moulin et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet des Vosges et au préfet de la Haute-Saône.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions