mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2002737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | TASSIGNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 novembre 2020 et le 17 août 2021, M. C B et Mme A B, représentés par Me Tassigny, demandent au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune de Maidières de procéder sans délai aux travaux nécessaires pour remédier aux troubles anormaux de voisinage liés à l'utilisation de la salle des fêtes communale ;
2°) de condamner la commune de Maidières à leur verser une somme de 50 000 euros en réparation de leur préjudice ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Maidières une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils subissent des troubles du voisinage anormaux, y compris portes et fenêtres fermées, provoqués par les utilisateurs de la salle des fêtes de la commune ;
- le maire n'a apporté aucune réponse satisfaisante pour mettre fin à ces nuisances ;
- ces nuisances engendrent des préjudices importants ;
- un montant de 50 000 euros doit leur être versé à titre de dommages et intérêts.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2021, la commune de Maidières, représentée par Me Richard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient à titre principal que la requête est irrecevable faute d'invoquer une cause juridique adéquate, irrecevabilité qui ne peut pas être régularisée ; à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Richard, représentant la commune de Maidières.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 7 septembre 2020, M. et Mme B, propriétaires d'une maison d'habitation située sur le territoire de la commune de Maidières (Meurthe-et-Moselle), ont demandé à cette dernière l'indemnisation des préjudices qu'ils soutiennent subir en raison des nuisances sonores provoquées par les manifestations festives accueillies dans la salle des fêtes communale située sur une parcelle jouxtant leur propriété. Le maire a rejeté cette demande par un courrier du 5 octobre 2020. Par la requête susvisée, ils demandent au tribunal de condamner la commune de Maidières à les indemniser de ces préjudices.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Il résulte de l'instruction que les requérants ont relevé dès leur demande préalable du 7 septembre 2020 que la configuration de la salle des fêtes de la commune de Maidières n'est pas adaptée à l'organisation de manifestations festives bruyantes et que les signalements qu'ils ont fait auprès du maire de la commune quant aux nuisances qu'ils subissent du fait de la fréquentation de cette salle sont restés sans suite. Ces circonstances ont été reprises dans la requête qu'ils ont introduite le 2 novembre 2020. Ils ont ainsi entendu invoquer, d'une part, la responsabilité de la commune en raison de l'existence et du fonctionnement de l'ouvrage public, d'autre part, la carence fautive du maire. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Maidières doit être écartée.
Sur la responsabilité pour faute :
3. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que () les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; / () ".
4. D'une part, il appartient au maire d'une commune d'éviter que le bruit engendré par les manifestations autorisées dans une salle communale ne porte une atteinte excessive à la tranquillité publique et méconnaisse les normes maximales d'émission fixées par le code de l'environnement et le code de la santé publique, en faisant notamment usage, en cas de besoin, des pouvoirs de police municipale qui lui sont confiés par l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. D'autre part, il appartient à la commune, propriétaire et gestionnaire d'une telle salle, de prendre, sans préjudice des mesures de police relevant de la compétence propre du maire, les mesures nécessaires pour que les nuisances résultant de son fonctionnement n'excèdent pas, par leur intensité, leur fréquence ou leur durée, les sujétions inhérentes au voisinage d'un ouvrage public, notamment en réglementant l'utilisation de la salle ou en décidant de renforcer son insonorisation.
5. Il résulte de l'instruction que le 10 septembre 2018, les époux B ont informé le maire de la commune de Maidières des nuisances sonores provoquées par la diffusion de musique amplifiée à l'intérieur de la salle des fêtes communale et le comportement bruyant de certains usagers à l'extérieur de la salle. Ce signalement a été réitéré à plusieurs reprises par la suite tant directement auprès du maire que par le dépôt de mains courantes les 16 janvier et 21 mai 2019 et d'une plainte en date du 6 septembre 2019 auprès du procureur de la République qui en a lui-même saisi le maire. Si le maire soutient avoir alors sollicité le voisinage afin de connaître leurs doléances et en avoir conclu que les requérants étaient les seuls concernés par ces troubles, il résulte de l'instruction, en particulier des témoignages produits, que plusieurs voisins se plaignent des divers troubles, en particulier sonores, engendrés par l'utilisation de la salle à des fins festives et que certains d'entre eux s'en sont ouverts auprès du maire de la commune. Par ailleurs, si le 24 décembre 2018, le conseil municipal a adopté un règlement intérieur d'utilisation de la salle des fêtes, celui-ci se limite toutefois à rappeler aux organisateurs de festivités la nécessité de respecter le repos des riverains, à proscrire toute nuisance sonore aux abords de la salle et à n'autoriser la musique à partir de 22 heures qu'à l'intérieur de la salle. Or, il résulte des conclusions de l'étude d'impact acoustique de la salle des fêtes diligentée par le maire et remises le 23 octobre 2020 que " l'impact de l'activité de la salle des fêtes sur le voisinage n'est pas conforme à la réglementation ", que la mise en place d'un limiteur agissant par atténuation globale ne permet pas l'utilisation du système de sonorisation, que la mise en place d'un limiteur par bandes de fréquence ne permet pas non plus l'exploitation de la salle aux niveaux sonores habituellement rencontrés lors de soirées musicales et que, dans ces conditions, la diffusion de musique amplifiée dans l'établissement était déconseillée en l'absence de travaux d'isolation acoustique, notamment l'insonorisation de la toiture, des systèmes de désenfumage, de la cheminée et des différentes ouvertures. Ce n'est ainsi qu'après la réception de cette étude que le maire a décidé, dans l'attente de la mise aux normes de la salle, de ne plus louer cet équipement après 22 heures et de faire adopter le 16 juin 2021, un nouveau règlement intérieur restreignant les conditions de son utilisation aux manifestations se terminant au plus tard à 22 heures et n'autorisant l'usage des sons amplifiés que fenêtres et portes fermées. Ainsi, en ne prenant des mesures appropriées à la situation que près de trois ans après qu'elle a été portée à sa connaissance, le maire de la commune de Maidières a fait preuve d'une carence, dans l'exercice de ses pouvoirs de police en tant qu'autorité de police administrative, et en tant que représentant de la commune propriétaire et gestionnaire de la salle des fêtes, de nature à engager la responsabilité de cette commune.
Sur le préjudice :
6. M. et Mme B doivent être regardés comme demandant la réparation des troubles dans les conditions d'existence qu'ils ont subis entre 2018 et octobre 2020. Il sera fait une juste appréciation du préjudice global subi par les requérants en évaluant leur réparation à la somme de 2 500 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à un comportement fautif d'une personne publique ou à l'existence ou au fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures.
8. Les requérants demandent, outre la réparation financière du préjudice subi du fait de la carence fautive du maire de la commune de Maidières, d'ordonner à cette commune de réaliser les travaux nécessaires pour mettre fin aux nuisances sonores. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, eu égard aux mesures prises par le maire de la commune rappelées au point 5 ci-dessus, que les nuisances sonores du fait du fonctionnement de la salle des fêtes perdurent à la date du présent jugement. Il suit de là que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander qu'il soit enjoint à la commune de Maidières de réaliser les travaux nécessaires à l'insonorisation de la salle.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Maidières demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Maidières une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La commune de Maidières est condamnée à verser à M. et Mme B une somme de 2 500 (deux mille cinq cents) euros en réparation de leur préjudice.
Article 2 : La commune de Maidières versera à M. et Mme B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Maidières présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme A B et à la commune de Maidières.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026