jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2003157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL NIANGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 et 10 décembre 2020 et les 30 juin et 15 juillet 2022, M. E A, représenté par Me Colbus, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2019 par lequel le maire de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel a accordé à M. B C un permis de construire un abri à matériel ouvert sur trois côtés sur une parcelle cadastrée section AA n° 194 située chemin du Breuil à Vigneulles-lès-Hattonchâtel ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de notice d'insertion dans le site, la notice PC 4 en annexe ne pouvant être considérée comme répondant aux dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- il n'existe aucun schéma concernant les vues et l'insertion graphique qui a été produite ne permet pas de se rendre compte du projet final dans son environnement ;
- la notice jointe à la demande de permis de construire indique qu'il n'y aura pas d'alimentation en eau potable, ni en électricité, ni en téléphone, alors qu'il existe une alimentation électrique reliée au portail au moyen d'un poteau ;
- la description de l'état initial du terrain ne permet pas de vérifier les allégations du pétitionnaire, puisqu'on ignore de quelle parcelle le pétitionnaire est propriétaire ; cette description est contradictoire dans la mesure où il a été indiqué que la parcelle se situe à l'arrière de la propriété, mais n'est pas contiguë, ce qui voudrait dès lors dire qu'il existe un terrain d'un tiers entre la propriété de M. C et le terrain cadastré section AA n° 194 ;
- le portail édifié par le pétitionnaire pour fermer l'impasse publique n'est pas représenté sur le plan de masse ; il y a dès lors une discordance entre ce plan et les photographies ;
- les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme ne sont pas respectées dès lors que la demande de permis de construire ne comprend aucune surface créée alors qu'il s'agit de la construction d'un abri à matériel ;
- le dossier de permis de construire ne permet pas de vérifier que les dispositions de l'article 4.3 du plan local d'urbanisme sont respectées ; aucun document graphique ne détaille les modalités de réalisation des descentes d'eau pluviale qui seront raccordées au réseau existant sur le chemin du Breuil : la gestion de l'eau n'a fait l'objet d'aucune étude, les identifications étant incomplètes et irréalisables en l'état ; la gestion de l'eau du bardage n'a pas été prise en compte ;
- l'indication de " terrain plat et engazonné " dans le dossier de demande de permis de construire a induit le service instructeur en erreur alors que l'absence d'indication du terrain naturel dudit terrain aurait dû entraîner un refus de permis de construire ;
- le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article 1AU2 du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 3.2 du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AU6 du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 1AU11.3 du plan local d'urbanisme ;
- c'est par une mauvaise appréciation que le maire a considéré que la construction ne contrevenait pas aux dispositions de l'article R. 121-1 du code de l'urbanisme, le projet portant manifestement atteinte au caractère des lieux et la construction ne s'inscrivant nullement, harmonieusement, ni dans le paysage, ni dans les lieux avoisinants ;
- le pétitionnaire, qui ne justifie pas de la qualité d'agriculteur et ne peut se prévaloir de ce que le bâtiment serait constitutif d'un hangar agricole, aurait dû recourir à un architecte dès lors que la surface de plancher ou d'emprise au sol est supérieure à 150 mètres carrés ;
- le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article 10 du règlement sanitaire départemental de la Meuse relatives à la protection des orifices des puits et à la hauteur de la margelle qui doit dépasser de 50 centimètres au-dessus du sol.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2022, M. B C a présenté des observations sur la requête de M. A.
Il fait valoir que :
- le projet est destiné à un usage privé, principalement pour du stockage de matériel (tracteurs, remorques et divers outillages tractés) ;
- la maison de M. A se trouve à 39 mètres de sa propriété et aucune pièce ne donne sur le hangar ; son mur présente une hauteur de 2,50 mètres sur son côté ; la hauteur du hangar étant de 5,21 mètres, sa vue est de 2,71 mètres de bardage.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, représentée par Me Niango, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne démontre pas son intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lesperance, substituant Me Colbus, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 février 2019, le maire de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel a accordé à M. C un permis de construire un abri à matériel ouvert sur trois côtés sur une parcelle cadastrée section AA n° 194 située chemin du Breuil à Vigneulles-lès-Hattonchâtel. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté le 6 août 2020 qui a été implicitement rejeté par le maire de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 février 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet ou que des pièces seraient insuffisantes, imprécises ou inexactes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / () / f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; () ". Aux termes de l'article R. 111-22 du même code : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux consiste en la construction d'un abri à matériel ouvert sur trois côtés. Ainsi, ce projet n'entraîne la création d'aucune surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme. Par suite, et contrairement à ce que soutient M. A, le pétitionnaire n'était pas tenu d'indiquer dans sa demande de permis de construire la surface de plancher du projet litigieux.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
6. D'une part, si la notice PC 4 du dossier de demande de permis de construire se borne à indiquer que " le terrain se situe sur la commune de Hattonville, cadastrée section AA n°194. La parcelle se situe à l'arrière de la propriété, mais n'est pas contigüe, voir sur le plan de situation. On y accède par le chemin du Breuil, le terrain est pratiquement plat et engazonné ", ce dossier comporte également un plan de situation, deux plans de masse, ainsi que plusieurs photographies du terrain prises de différents angles de vues, lesquels sont reportés sur le plan de masse. D'autre part, la notice PC 4 du dossier comporte une présentation du projet faisant apparaître avec suffisamment de précision l'aménagement du terrain, la description de la construction, les matériaux et couleurs employés, le traitement des espaces libres, et le traitement des accès. Cette notice est en outre accompagnée de plusieurs documents graphiques situant le projet dans son environnement. Eu égard à la nature du projet, ces différents éléments ont permis au service instructeur d'apprécier en toute connaissance de cause l'état initial du terrain et de ses abords ainsi que les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement. Enfin, si M. A fait valoir que la description de l'état initial du terrain de la notice PC 4 est contradictoire et laisserait supposer qu'il existe un terrain appartenant à un tiers entre la propriété du pétitionnaire et la parcelle cadastrée section AA n° 194, tant le plan de situation que les plans de masse joints au dossier de demande de permis de construire ont permis au service instructeur de situer sans difficultés la parcelle d'implantation de la construction litigieuse dans son environnement immédiat. Et si le requérant soutient que la description de l'initial du terrain " ne permet pas de comprendre les biens dont le pétitionnaire est propriétaire ", cette circonstance est sans incidence sur le caractère complet du dossier, alors au surplus que M. C a attesté, par la signature du formulaire cerfa de demande de permis de construire, avoir qualité pour solliciter la délivrance du permis de construire litigieux.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ".
8. D'une part, si M. A fait valoir que la demande de permis de construire précise qu'il n'y aura pas d'alimentation en eau potable, ni en électricité, ni en téléphone, alors qu'il existe une alimentation électrique reliée au portail au moyen d'un poteau, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette alimentation électrique aurait vocation à être raccordée à la construction litigieuse, ni même, en tout état de cause, que le projet devrait être raccordé au réseau public d'électricité.
9. D'autre part, la notice PC 4 du dossier de demande de permis de construire précise que les descentes d'eaux pluviales seront raccordées aux réseaux existants sur le chemin du breuil. Contrairement à ce que soutient M. A, les plans de masse joints au dossier de demande de permis de construire font apparaître avec suffisamment de précision les modalités selon lesquelles la construction litigieuse sera raccordée au réseau public d'évacuation des eaux pluviales. Si M. A soutient que la gestion des eaux n'a fait l'objet d'aucune étude, ni les dispositions précitées du code de l'urbanisme, ni aucune autre disposition légale ou réglementaire, n'impose la réalisation d'une telle étude.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / " b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
11. Si M. A fait grief au plan de masse et au plan de coupe de ne pas comporter la cote du terrain naturel, ni celle du terrain fini, il ne résulte pas des dispositions des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme citées aux points 7 et 10 du présent jugement que ces documents devraient comporter de telles indications. En outre, il ressort des pièces du dossier que les plans de masse du dossier de demande de permis de construire sont cotés dans les trois dimensions et que le plan de coupe précise l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ainsi que sa hauteur. Ces éléments ont permis à l'autorité administrative d'apprécier les modalités d'implantation de la construction litigieuse et sa conformité aux règles d'urbanisme, notamment celles relatives à la hauteur des constructions. Enfin, si le requérant indique avoir constaté une différence de hauteur entre la réalisation de la charpente métallique de l'abri litigieux et les poteaux témoins censés simuler la hauteur de la construction, qu'il a lui-même placés, ainsi qu'une " mise à niveau de la plateforme du hangar avec un rabaissement du mur ", de telle sorte que les fondations du mur de l'intéressé ne sont plus hors gel, ces éléments, qui ne ressortent au demeurant d'aucune des pièces du dossier, se rattachent aux conditions d'exécution du permis de construire et sont donc sans influence sur sa légalité. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'indication figurant dans la notice PC 4 du dossier de demande de permis de construire, selon laquelle le terrain d'implantation du projet litigieux est " pratiquement plat et engazonné ", aurait été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () " c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
13. Contrairement à ce que soutient M. A, le dossier de demande de permis de construire comporte un document graphique ayant permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages naturel.
14. En sixième lieu, M. A fait valoir que le portail édifié pour fermer l'impasse publique n'est pas représenté sur le plan de masse et qu'il y a dès lors des discordances entre ce plan et les photographies. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que ce portail, qui était édifié à la date du dépôt de la demande de permis de construire litigieux, serait concerné par cette demande. Ainsi, l'absence de représentation de cet ouvrage sur le plan de masse joint au dossier n'a pas été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du caractère incomplet et insuffisant du dossier de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de recours à un architecte :
16. Aux termes de l'article R. 431-1 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural prévu à l'article L. 431-2 doit être établi par un architecte. ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code, dans sa version applicable au litige : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques ou les exploitations agricoles qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : / a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés ; / b) Une construction à usage agricole dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas huit cents mètres carrés ; () ".
17. En l'espèce, la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel fait valoir que le projet litigieux consiste en l'installation d'un hangar agricole d'une emprise au sol de 172,282 mètres carrés, inférieure au seuil de 800 mètres carrés de surface de plancher et d'emprise au sol en deçà duquel le recours à un architecte n'est pas obligatoire. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le pétitionnaire, qui n'a pas fait état de son intention d'utiliser la construction litigieuse à des fins d'exploitation agricole, exercerait une activité agricole. La seule circonstance que la construction en litige serait destinée à abriter un tracteur, une remorque et quelques stères de bois est insuffisante pour considérer qu'elle serait destinée à une utilisation à des fins agricoles. Par suite, le projet autorisé par le permis de construire litigieux ne saurait être regardé comme une construction à usage agricole au sens des dispositions du b) de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme.
18. En revanche, et ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, le projet litigieux, qui consiste en la construction d'un abri à matériel ouvert sur trois côtés, n'entraîne la création d'aucune surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme. Il peut dès lors être regardé comme une construction à un usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètre carrés au sens des dispositions du a) de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme, pour lesquelles le recours à un architecte n'est pas obligatoire. Par suite, le moyen tiré de ce que le pétitionnaire aurait dû recourir à un architecte pour l'établissement du projet architectural prévu à l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme applicables :
19. En premier lieu, aux termes de l'article 4.3 du règlement de la zone AU du plan local d'urbanisme de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " Le constructeur doit réaliser sur son terrain les dispositifs appropriés et proportionnés permettant l'évacuation des eaux pluviales sur son terrain. En cas d'impossibilité technique, les eaux pluviales seront dirigées soit : / - vers le réseau unitaire, ou en cas de système séparatif, vers le réseau pluvial. / - vers le milieu naturel en l'absence de réseau collectif ou en présence d'un réseau collectif ayant les capacités hydrauliques insuffisantes ".
20. Il ressort des pièces du dossier que les descentes d'eaux pluviales du hangar seront raccordées aux réseaux existants sur le chemin du Breuil. Si M. A soutient que les modalités de raccordement au réseau d'eaux pluviales sont " irréalisables ", il n'apporte aucun commencement de justification à l'appui de cette allégation, et n'établit pas davantage qu'elles seraient insuffisantes pour assurer l'évacuation des eaux pluviales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1AU 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " Occupation et utilisation du sol soumises à des conditions particulières : / Sont admis : " dans la zone 1AU et le secteur 1AUi, les constructions à usage autre que celui d'habitation (excepté celles mentionnées à l'article 1AU 1), à conditions qu'elles n'entraînent, pour le voisinage, aucune incommodité et, en cas d'accident ou de fonctionnement défectueux, aucune insalubrité ni sinistre susceptible de causer des dommages graves ou irréparables aux personnes et aux biens. () ". Aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
22. D'une part, M. A soutient que le projet litigieux entrainera pour son terrain une perte totale d'ensoleillement et de luminosité. Il ressort toutefois des pièces du dossier et en particulier des photographies versées à l'instance que la construction litigieuse, bien qu'implantée en limite séparative de propriété et au droit du jardin du requérant, n'entraînera qu'une perte d'ensoleillement limitée à quelques heures de la journée le matin, ne pouvant être regardée comme une incommodité au sens des dispositions précitées de l'article 1AU 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Il appartiendra sur ce point au requérant, s'il s'estime lésé par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé, de faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils.
23. D'autre part, si M. A se prévaut de ce que le projet générera des bruits d'impact sur la couverture et le bardage de la construction lors de la pluie ou de la grêle, il n'apporte aucun élément tendant à démontrer que les nuisances sonores ainsi générées seraient d'une importance telle qu'elles puissent être qualifiées d'incommodité au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme.
24. Si M. A fait en outre valoir que le stockage de stères de bois entrainera la présence de nuisibles, il n'apporte aucun commencement de justification à l'appui de cette allégation.
25. M. A se prévaut enfin des nuisances sonores et olfactives susceptibles d'être générées par le découpage du bois, il ressort des pièces du dossier que la construction litigieuse est seulement destinée au stockage de stères de bois.
26. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AU 2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article 1AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " Accès et voirie : / 3.1 Accès / Toute construction est interdite sur une unité foncière non desservie par des voies publiques ou privées, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins ou éventuellement obtenu par application de l'article 682 du Code civil. / Les conditions d'accès doivent répondre à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles à édifier, notamment en ce qui concerne la commodité de la circulation et l'approche des moyens de lutte contre l'incendie. / La disposition des accès doit assurer la sécurité des usagers. / Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies publiques l'accès sur celles qui présenteraient une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit. / () /. 3.2 Voirie / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies publiques ou privées doivent être adaptées : / - à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, / aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. / Les voies publiques ou privées se terminant en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules de lutte contre l'incendie et d'enlèvement des ordures ménagères de faire aisément demi-tour ".
28. Les dispositions concernant les voiries de l'article 1AU 3 sont relatives à l'aménagement des voies nouvelles et n'ont pas pour objet, à la différence de celles concernant les accès, de définir les conditions de constructibilité des terrains situés dans la zone concernée. Par suite, elles ne font pas obstacle à la délivrance d'un permis de construire en vue de l'édification d'une construction desservie par des voies construites avant leur adoption. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'impasse desservant la construction litigieuse ne serait pas aménagée dans sa partie terminale afin de permettre aux véhicules de lutte contre l'incendie et d'enlèvement des ordures ménagères de faire aisément demi-tour, en méconnaissance des dispositions précitées du point 3.2 de l'article 1 AU3, doit être écarté comme étant inopérant.
29. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques / 6.1 La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus proche : / - de l'alignement opposé, / - ou de la limite opposée de la voie privée ou de l'emprise publique autre qu'une voie, / doit être aux moins égale à la différence d'altitude entre ces deux points (D ) H). () ".
30. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée se développera sur une hauteur 5,21 mètres alors que le chemin du Breuil présente une largeur d'environ 9 mètres au point le plus étroit au droit de la construction. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le permis contesté méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article 1AU 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
31. En cinquième lieu, aux termes de 1AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " Aspect extérieur / 11.1 Généralités / Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () ". Ces dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté contesté.
32. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites, que le terrain d'assiette du projet est situé dans un secteur faiblement construit qui ne présente pas d'intérêt particulier. Le projet, qui consiste en la construction d'un abri à matériel ouvert sur trois côtés constitué d'une ossature métallique, d'une toiture en tôle de ton rouge terre cuite, et d'un bardage métallique de ton pierre en limite de propriété, s'insère de manière satisfaisante dans son environnement proche. Par suite, le maire de la commune n'a pas entaché l'arrêté contesté d'erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article 1AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme et le moyen doit être écarté.
33. En dernier lieu, aux termes de l'article 1AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel : " () / 11. 3 Façades / Les matériaux tels que agglomérés, briques creuses, seront enduits. ".
34. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan des façades du dossier de demande que le mur en aggloméré est enduit sur le côté donnant sur l'extérieur de la parcelle d'implantation du projet litigieux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AU 11 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 du règlement sanitaire départemental :
35. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Aux termes de l'article 10 du règlement sanitaire départemental : " () / L'orifice des puits est protégé par une couverture surélevée, le dispositif étant suffisamment étanche pour empêcher, notamment la pénétration des animaux et des corps étrangers tels que branche et feuilles. Leur paroi doit être étanche dans la partie non captante et la margelle doit s'élever à 50 cm au minimum, au-dessus du sol, ou du niveau des plus hautes eaux connues si le terrain est inondable / () ".
36. Les dispositions des règlements sanitaires départementaux ne peuvent être utilement invoquées au soutien de la contestation de la légalité d'un permis de construire que lorsqu'elles concernent l'implantation des constructions, leur destination, leur nature, leur architecture, leurs dimensions, leur assainissement et l'aménagement de leurs abords au sens des dispositions précitées de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme. Les dispositions précitées de l'article 10 du règlement sanitaire départemental relatives aux puits ne traitent que des caractéristiques et aménagements que ces ouvrages doivent présenter et ne prescrivent aucune règle relative à l'implantation des constructions, à leur destination, à leur nature, à leur architecture, à leurs dimensions, à leur assainissement ou à l'aménagement de leurs abords. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut être utilement invoqué à l'encontre du permis de construire attaqué.
37. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
38. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à M. B C et à la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le rapporteur,
R. D Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de la Meuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026