mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AARPI BAUER & BERNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 janvier et 12 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Cunat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2020 par laquelle la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a retiré son agrément d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle de renouveler son agrément en qualité d'assistante familiale ;
3°) de mettre à la charge du département de Meurthe-et-Moselle une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas justifiée ;
- aucune enquête approfondie n'a été réalisée par les services du département pour s'assurer des conditions d'accueil de l'enfant ;
- elle dispose des aptitudes éducatives et des conditions d'accueil lui permettant de garantir la sécurité, la santé et l'épanouissement de l'enfant accueilli ;
- la décision est entachée d'erreurs de fait, de droit et d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 juillet 2021 et 8 mars 2022, le département de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant le département de Meurthe-et-Moselle.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée par le département de Meurthe-et-Moselle et enregistrée le 25 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A bénéficiait d'un agrément délivré le 28 août 2015 par le département de Meurthe-et-Moselle valable cinq ans. Elle a été recrutée le 16 janvier 2017 par l'Office d'hygiène et de santé (OHS) de Meurthe-et-Moselle qui lui a confié, à compter du 28 février 2017, une enfant née en 2008. Le 19 février 2020, Mme A a sollicité, d'une part, une extension de son agrément, d'autre part, son renouvellement. Par une décision du 15 juillet 2020, le département a rejeté sa demande d'extension de l'agrément. Celui-ci a été renouvelé, pour l'accueil d'un enfant, tacitement le 28 août 2020. Par une décision du 23 novembre 2020, la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a procédé au retrait de l'agrément de Mme A. Par la requête susvisée, celle-ci demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du département de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. À cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être. Par ailleurs, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments factuels antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
4. La présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a retiré son agrément à Mme A aux motifs que la prise en charge éducative des enfants accueillis est inadéquate, le cadre éducatif mis en place est rigide et inadapté aux besoins de l'enfant, son positionnement professionnel est inapproprié et que ses pratiques professionnelles ne font l'objet d'aucune remise en question. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a, au cours des trois années d'accueil de la mineure qui lui avait été confiée par l'OHS, fait évoluer ses pratiques vers plus de souplesse, en particulier face aux colères de l'enfant comme en ce qui concerne le travail scolaire ou la nature des sanctions choisies dont il n'est pas sérieusement contredit qu'elles ont évolué au vu des conseils donnés par la psychologue qui suivait l'enfant et son assistante familiale. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les intervenants sociaux, elle ait adopté au quotidien une attitude systématiquement dévalorisante envers l'enfant quand bien même elle se serait ouverte à plusieurs reprises auprès de ses collègues, dans le cadre de sa formation au diplôme d'État d'assistante sociale (DEAF) et en particulier au début de l'accueil qui coïncidait avec sa première expérience professionnelle, des difficultés qu'elle rencontrait. Le département n'établit par ailleurs pas que les autres griefs tenant aux réponses éducatives inadaptées qu'apporterait Mme A aux besoins de l'enfant auraient perduré au-delà des premiers temps de l'accueil de l'enfant qui lui a été confié. Enfin, les éléments préoccupants signalés le 3 juin 2020 auprès de l'OHS par une voisine, en particulier l'absence de toute sortie de l'enfant hors de la propriété de Mme A pendant la période dite de confinement, les punitions disproportionnées infligées, telle que l'interdiction qui lui aurait été faite de jouer avec d'autres enfants lors d'une fête communale ou l'indifférence dont l'enfant ferait l'objet de la part de son assistante familiale, sont démentis par les photographies et témoignages produits à l'instance par la requérante. La circonstance notée par son employeur que l'enfant ne s'adonnait pas à la colère lors d'accueils de courte durée en soutien scolaire ou en week-ends ne peut non plus, à soi seul, démontrer l'inadaptation des méthodes éducatives de Mme A aux besoins des enfants accueillis, lesquelles ont fait au contraire l'objet d'appréciations positives de la part des formatrices du DEAF. Ainsi, nonobstant la difficulté, perceptible dans les comptes rendus d'entretien avec ses interlocuteurs du département de Meurthe-et-Moselle, que rencontre Mme A à exposer clairement son rôle et son positionnement tant auprès des enfants accueillis qu'envers les services d'accompagnement et à se détacher de l'expérience vécue avec l'enfant qui lui avait été confiée pour élargir sa réflexion à d'autres accueils potentiels, la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a, compte tenu des éléments qui étaient en sa possession à la date de la décision en litige, commis une erreur d'appréciation en prononçant le retrait de l'agrément de Mme A.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle du 23 novembre 2020 retirant son agrément en qualité d'assistante familiale.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement prononçant l'annulation de la décision du 23 novembre 2020 par lequel l'agrément de Mme A, qui avait été tacitement renouvelé le 28 août 2020, a été retiré, cette décision est censée n'avoir jamais existé. Il n'y a par suite pas lieu d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle de renouveler l'agrément en litige.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de Meurthe-et-Moselle une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 23 novembre 2020 de la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle est annulée.
Article 2 : Le département de Meurthe-et-Moselle versera à Mme A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026