mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CASANOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2021, M. C A, représenté Me Casanova, demande au tribunal :
1°) de réformer la décision du 10 décembre 2020 par laquelle le Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes a refusé de lui donner l'autorisation de s'attacher un deuxième collaborateur pour son site de Bulgnéville ;
2°) de l'autoriser à s'attacher le concours d'un autre collaborateur salarié au sein de son cabinet situé à Bulgnéville.
Il soutient que :
- la région de Bulgnéville est, contrairement à ce qu'a retenu le Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes, sous dotée en praticiens de cette spécialité dès lors qu'il n'y a qu'un chirurgien-dentiste à Bulgnéville et qu'un praticien d'une commune proche n'exerce plus depuis décembre 2020 ;
- sa collaboratrice et lui-même ne pratiquant pas les mêmes soins, une augmentation de sa présence sur le site de Bulgnéville ne permettrait pas d'accueillir plus de patients, de sorte qu'un collaborateur supplémentaire est nécessaire ;
- la pratique de l'art dentaire a été modifiée par la crise sanitaire liée au SARS Covid 19, les règles sanitaires renforcées empêchant les praticiens de réaliser autant d'actes que précédemment.
Par des mémoires en défense enregistrés les 11 mars 2021 et 27 avril 2021, le Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Casanova, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, chirurgien-dentiste, exerce au sein de la SCM " Cabinet dentaire de la Commanderie " à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et dispose d'un second cabinet à Bulgnéville (Vosges) où il partage son activité avec une collaboratrice salariée, le docteur B. Le 22 juin 2020, il a sollicité l'autorisation de s'attacher un deuxième collaborateur pour le site de Bulgnéville auprès du conseil départemental de l'ordre des chirurgiens-dentistes des Vosges sur le fondement de l'article R. 4127-276-1 du code de la santé publique. Par une décision du 6 juillet 2020, cet organisme a refusé de lui accorder cette autorisation. M. A a fait appel de cette décision le 7 septembre 2020 devant le Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes. Par une décision du 10 décembre 2020, celui-ci a annulé la décision du conseil départemental au motif de son incompétence et a rejeté la demande d'autorisation de s'attacher un second collaborateur. Par la requête susvisée, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 10 décembre 2020 du Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes et à ce qu'il soit enjoint à ce dernier de lui accorder l'autorisation susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 4127-270 du code de la santé publique : " Le lieu habituel d'exercice d'un chirurgien-dentiste est celui de la résidence professionnelle au titre de laquelle il est inscrit au tableau du conseil départemental, conformément à l'article L. 4112-1. / Un chirurgien-dentiste exerçant à titre libéral peut exercer son activité professionnelle sur un ou plusieurs sites distincts de sa résidence professionnelle habituelle : / - lorsqu'il existe dans le secteur géographique considéré une carence ou une insuffisance de l'offre de soins préjudiciable aux besoins des patients ou à la permanence des soins. / - ou lorsque les investigations et les soins qu'il entreprend nécessitent un environnement adapté, l'utilisation d'équipements particuliers, la mise en œuvre de techniques spécifiques ou la coordination de différents intervenants. / Le chirurgien-dentiste prend toutes dispositions pour que soient assurées sur tous ces sites d'exercice la réponse aux urgences, la qualité, la sécurité et la continuité des soins ". Aux termes de l'article R. 4127-276 du même code : " Le chirurgien-dentiste doit exercer personnellement sa profession dans son cabinet principal et, le cas échéant, sur tous les sites d'exercice autorisés en application des dispositions de l'article R. 4127-270. / Le chirurgien-dentiste qui exerce à titre individuel peut s'attacher le concours () d'un seul chirurgien-dentiste collaborateur. / () ". Aux termes de l'article R. 4127-276-1 du même code : " Le chirurgien-dentiste ou la société d'exercice peut, sur autorisation, s'attacher le concours d'autres collaborateurs, salariés ou libéraux, ou étudiants adjoints. / Cette autorisation est donnée par le conseil départemental au tableau duquel le titulaire du cabinet ou la société est inscrit : / 1° Lorsque les besoins de la santé publique l'exigent, pour une durée de trois ans ; / () Si le titulaire du cabinet ou la société souhaite s'attacher le concours de plus de deux praticiens ou étudiants adjoints, l'autorisation est donnée par le Conseil national de l'ordre, après avis du conseil départemental, dans les conditions et pour les durées prévues précédemment. / Pour tout autre motif, l'autorisation est également donnée par le Conseil national de l'ordre, après avis du conseil départemental au tableau duquel le titulaire du cabinet ou la société est inscrit, pour une durée qu'il détermine compte tenu des situations particulières. / L'autorisation est donnée à titre personnel au titulaire du cabinet ou à la société. Elle est renouvelable. / () ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune de Bulgnéville, qui compte 1 517 habitants, dispose d'un cabinet dentaire au sein duquel exerce à plein temps le docteur B, ce qui représente une densité, en ne tenant compte que de ce seul praticien, de 6,59 praticiens pour 10 000 habitants. Cette densité de population est supérieure à la moyenne nationale de 5,3 praticiens pour 10 000 habitants comme à la moyenne régionale de 5,6 et à la moyenne départementale de 4,8. M. A soutient qu'il est nécessaire de tenir compte de la population des communes voisines dont il n'est pas contesté qu'elles ne disposent pas de chirurgiens-dentistes, et en particulier de la situation de la commune de Châtenois située à proximité dont l'unique praticien a cessé son activité en 2020 sans être remplacé, ce qui ramène le secteur de Bulgnéville à une densité inférieure à ces moyennes. Toutefois, d'une part, M. A n'établit pas que son cabinet serait susceptible de drainer l'ensemble de la patientèle de ces communes voisines, alors que cinq autres communes situées dans un périmètre de vingt kilomètres environ disposent également d'une densité de praticiens supérieure à ces moyennes. D'autre part, M. A ne saurait se borner à invoquer la spécialisation de sa pratique professionnelle en " chirurgie buccale ", qui au demeurant ne relève pas de l'une des trois spécialités en chirurgie-dentaire, pour expliquer qu'il ne pourrait augmenter son temps de présence à son cabinet de Bulgnéville pour pratiquer les soins courants nécessaires à la satisfaction des besoins de la population locale. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait une sous dotation en praticiens en chirurgie-dentaire dans le secteur de Bulgnéville justifiant que le requérant soit autorisé à s'attacher le concours d'un collaborateur supplémentaire dans ce cabinet.
4. En second lieu, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid 19 et l'adaptation des pratiques au renforcement des mesures d'hygiène sanitaire qu'elle a induite auraient conduit à réduire le nombre d'actes pouvant être pratiqués au sein du cabinet de Bulgnéville de telle manière que les besoins de la population locale ne pourraient plus être satisfaits. En outre, ainsi qu'il a été dit au point précédent, M. A ne justifie non plus d'aucun obstacle à l'augmentation de sa présence au sein du cabinet de Bulgnéville qui pourrait, le cas échéant, pallier cet effet de la crise sanitaire sur la réponse à apporter aux besoins de soins de la population.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 10 décembre 2020 prise par le Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026