jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | RENOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 janvier 2021, le tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif de Nancy la requête déposée par Mme B au greffe du tribunal administratif de Strasbourg le 25 janvier 2021.
Par une requête et des mémoires enregistrés les 25 janvier et 21 décembre 2021, 15 janvier et 11 février 2022 au greffe du tribunal administratif de Strasbourg, Mme C B demande au tribunal d'annuler le marché public portant sur des travaux relatifs au transfert et au traitement des effluents d'assainissement de la commune de Sancy.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir en sa qualité de contribuable locale de la commune de Sancy mais également en sa qualité de propriétaire d'un terrain et d'une maison en voie d'achèvement situés à proximité du projet de station d'épuration ;
- elle dispose également d'un intérêt à agir dès lors que le projet de station d'épuration a nécessité la création d'une servitude d'utilité publique sur un terrain appartenant à sa famille ;
- elle a introduit sa requête dans le délai de recours contentieux dès lors que celle-ci était précédée d'un recours administratif auprès du préfet de la Moselle et que la mention du tribunal administratif territorialement compétent était erronée.
- en raison du lien d'intérêt unissant le maire de la commune de Sancy, président de la commission d'appel d'offres et le gérant de la société attributaire du lot n°1, cette dernière a été favorisée dans l'attribution du marché ;
- le rapport d'analyse des offres comportent plusieurs irrégularités et ne mentionne pas la liste de questions adressée à la société Sogea Est ;
- les déclarations de candidature présentées par les entreprises ayant candidaté comportent plusieurs irrégularités ;
- le marché a été attribué par la commission d'appel d'offres avant que la société attributaire du lot n°1 ne transmette les réponses aux questions qui lui ont été posées ;
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2021, le préfet de la Moselle déclare s'en remettre à la sagesse du tribunal dans le cadre de la présente instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2021, la SAS KS Construction, représentée par Me Géhin, conclut au rejet de la requête présentée par Mme B et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne respecte pas les dispositions relatives à la présentation des signets prévues par le code de justice administrative, qu'elle est tardive, que la requérante n'établit pas qu'elle est susceptible d'être lésée dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par la passation du contrat ou les clauses de celui-ci, et qu'un recours pour excès de pouvoir contre le contrat est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 novembre 2021, la société Sogea Est BTP déclare s'en remettre à la sagesse du tribunal dans le cadre de la présente instance.
Par des mémoire en défense enregistrés les 15 décembre 2021 et 14 mars 2022, le syndicat mixte eau et assainissement de Fontoy-Vallée de la Fensch, représenté par son président en exercice et la commune de Sancy, représentée par son maire en exercice, tous deux représentés par Me Renouard, concluent au rejet de la requête de Mme B et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne respecte pas les dispositions de l'article R. 414-5 du code de justice administrative, que la requérante n'établit pas que le contrat ou les clauses de celui-ci sont susceptibles d'emporter des conséquences significatives sur les finances ou le patrimoine de la collectivité, qu'elle n'établit pas être lésée de façon suffisamment directe et certaine par le contrat ou l'une de ses clauses, et qu'elle n'est pas recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre le contrat ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
.La requête de Mme B a été communiquée au préfet de Meurthe-et-Moselle, à la SARL Savia et à la SAS AEIC qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Géhin représentant la SAS KS Construction.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à concurrence publié le 6 juin 2019, le syndicat intercommunal eau et assainissement de Fontoy-Vallée de la Fensch (SEAFF) a initié la passation d'un marché public portant sur des travaux relatifs au transfert et au traitement des effluents d'assainissement de la commune de Sancy. Ce marché comprenait deux lots : le lot n°1, consistant en la mise en place d'un réseau de transport des effluents et le lot n°2, consistant en la construction d'une station d'épuration. Un avis d'attribution a été publié le 23 juillet 2020. Le lot n°1 a été attribué à la société SAVIA et le lot n°2 à la société Sogea Est. Mme C B, contribuable de la commune de Sancy, a exercé un recours gracieux auprès du préfet de la Moselle en demandant à celui-ci d'exercer son contrôle de légalité. N'ayant obtenu aucune réponse de la part du préfet de la Moselle, Mme B demande au tribunal d'annuler ce marché.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Saisi par un tiers de conclusions contestant la validité d'un contrat ou de certaines de ses clauses, il appartient au juge du contrat de vérifier que l'auteur du recours autre que le représentant de l'Etat dans le département ou qu'un membre de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné se prévaut d'un intérêt susceptible d'être lésé de façon suffisamment directe et certaine. Lorsque l'auteur du recours se prévaut de sa qualité de contribuable local, il lui revient d'établir que la convention ou les clauses dont il conteste la validité sont susceptibles d'emporter des conséquences significatives sur les finances ou le patrimoine de la collectivité.
3. Pour justifier de son intérêt à agir, Mme B se prévaut, d'abord, de sa qualité de contribuable locale de la commune de Sancy. Toutefois, la requérante, qui se borne à soutenir qu'en raison des liens unissant le président du syndicat au gérant de la société attributaire du lot n°1 celle-ci a été favorisée dans l'attribution du marché et à relever un certain nombre d'irrégularités entachant la procédure de passation du marché, n'établit pas que la conclusion du contrat ou l'une de ses clauses serait susceptible d'emporter des conséquences financières significatives sur les finances ou le patrimoine de la commune de Sancy. Au contraire, elle a indiqué, dans son courrier adressé au préfet de la Moselle, qu'elle n'avait pas la qualité de " tiers impacté par des conséquences économiques liées à l'attribution de ce marché ". Si Mme B se prévaut également de sa qualité de propriétaire d'un terrain et d'une maison en voie d'achèvement situés à proximité du lieu d'implantation de la future station d'épuration et fait également valoir que le projet a nécessité l'obtention d'une servitude d'utilité publique délivrée sur un terrain appartenant à sa famille, elle n'établit pas, ce faisant, être lésée de façon suffisamment directe et certaine par la passation du contrat ou l'une de ses clauses. Dans ces conditions, la requête de Mme B, qui ne dispose d'aucun intérêt à agir susceptible de la rendre recevable à contester la validité du contrat, doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de Mme B les sommes que demandent le syndicat intercommunal des eaux et assainissement de Fontoy-Vallée de la Fensch, la commune de Sancy ainsi que la société KS Construction sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite les conclusions présentées en défense sur ce fondement doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le syndicat intercommunal des eaux et assainissement de Fontoy-Vallée de la Fensch, la commune de Sancy et las société KS Construction sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au syndicat intercommunal des eaux et assainissement de Fontoy-Vallée de la Fensch, à la commune de Sancy, à la société Savia, à la société Sogea Est, à la SAS AEIC, à la société KS construction, au préfet de la Moselle et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Cabecas, conseillère,
- Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
L. A
Le président,
O. Di Candia
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026