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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2100762

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2100762

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2100762
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête enregistrée le 17 mars 2021 sous le n° 2100762 et des mémoires complémentaires enregistrés les 7 février 2022 et 1er mars 2023, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) GLS demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2021 par laquelle le préfet de la région Grand Est a autorisé le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de Génicourt-sur-Meuse à exploiter la parcelle ZD n° 22 sur le territoire de la commune de Génicourt-sur-Meuse ;

2°) subsidiairement, de reconnaitre l'existence de deux autorisations d'exploiter la parcelle ZD n° 22, l'une au profit de la SCEA GLS et l'autre au profit du GAEC de Génicourt-sur-Meuse, ou, plus subsidiairement, de reconnaitre le caractère superfétatoire de la décision du 21 janvier 2021 en cas de procédure de rétrocession par la SAFER de la parcelle ZD n° 22.

3°) Par l'effet de la jonction des instances n° 2100762 et n° 2102511, d'annuler la mise en demeure de cesser d'exploiter en date du 30 juin 2021.

Elle soutient que :

- la décision du 21 janvier 2021 a été prise par une autorité incompétente, le commissaire du gouvernement représentant le ministre de l'agriculture étant seul compétent pour délivrer les autorisations d'exploiter dans le cadre d'une procédure de rétrocession engagée par la SAFER, conformément à l'instruction technique DGPE/SDPE/2016-561 du 7 juillet 2016 du ministre de l'agriculture ;

- le préfet n'était pas fondé à lui demander de régulariser sa situation en la mettant en demeure de déposer une demande d'autorisation d'exploiter concurrente, puisqu'elle exploitait la parcelle ZD n° 22 au bénéfice d'une autorisation régulière ;

- la décision du 21 janvier 2021 est entachée d'erreur de droit et d'appréciation des faits puisqu'elle a exploité la parcelle litigieuse pendant vingt ans avant de bénéficier, en 2010, d'une autorisation tacite d'exploiter ; celle-ci ne s'est pas trouvée périmée, en application de l'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime, puisque la mise en valeur de la parcelle est justifiée pour 2011 et les années suivantes, comme en attestent les extraits de registres parcellaires graphiques de la PAC ; elle a exploité la parcelle en bénéficiant d'un accord verbal du propriétaire, attesté par sa décision de la lui céder ; elle a conservé la maitrise de l'exploitation et n'a reçu aucune rémunération du propriétaire de sorte qu'elle ne s'est pas trouvée en situation de travail à façon ; le propriétaire étant décédé, la preuve qui lui est demandée est impossible ; en exigeant un titre de propriété, l'administration a méconnu le principe de l'exploitation effective issu de l'article L. 331-1, premier alinéa, et le 3° de l'article L. 331-1-1 du code rural et de la pêche maritime, au sens de l'arrêt du Conseil d'Etat en date du 21 juillet 2006 et de l'article 3.4.5 de l'instruction technique DGPE.SDPAC/2019-557 du 19 juillet 2019 ; il n'appartient pas à l'administration de demander un justificatif de jouissance de la parcelle ;

- le retrait de l'autorisation tacite d'exploiter ne peut légalement se fonder sur l'absence de titre de jouissance ; ce retrait, après onze années d'exploitation, méconnait la garantie des droits des citoyens ;

- subsidiairement, la décision du 21 janvier 2021 est superfétatoire en cas de mise en valeur de la parcelle ZD n° 22 dans le cadre d'une procédure de rétrocession engagée par la SAFER ;

- la déclaration PAC est un indice sérieux permettant de présumer à lui-seul de l'exploitation effective de la parcelle puisque la sanction financière au titre de la déclaration 2022 a été établie sur la base de la déclaration PAC.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2021, la préfète de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCEA GLS ne sont pas fondés.

Le GAEC de Génicourt-sur-Meuse, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit d'observations en défense.

II°) Par une requête enregistrée le 27 août 2021 sous le n° 2102511 et des mémoires complémentaires enregistrés les 4 avril 2022 et 1er mars 2023, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) GLS demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la mise en demeure en date du 30 juin 2021 par laquelle la préfète de la région Grand Est a demandé à la SCEA GLS de cesser d'exploiter la parcelle ZD n° 22 sur le territoire de la commune de Génicourt-sur-Meuse ;

2°) d'annuler la décision du 21 janvier 2021 par laquelle la préfète de la région Grand Est a autorisé le GAEC de Génicourt-sur-Meuse à exploiter la parcelle ZD n° 22 sur le territoire de la commune de Génicourt-sur-Meuse ;

3°) subsidiairement, de reconnaitre l'existence de deux autorisations d'exploiter la parcelle ZD n° 22, l'une au profit de la SCEA GLS et l'autre au profit du GAEC de Génicourt-sur-Meuse, ou, plus subsidiairement, de reconnaitre le caractère superfétatoire de la décision du 21 janvier 2021 en cas de procédure de rétrocession par la SAFER de la parcelle ZD n° 22.

Elle soutient que :

- la mise en demeure contestée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en faits et en droit puisqu'elle a exploité la parcelle litigieuse pendant vingt ans avant de bénéficier, en 2010, d'une autorisation tacite d'exploiter ; celle-ci ne s'est pas trouvée périmée, en application de l'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime, puisque la mise en valeur de la parcelle est justifiée pour 2011 et les années suivantes, comme en attestent les extraits de registres parcellaires graphiques de la PAC ; en exigeant un titre de propriété, l'administration a méconnu le principe de l'exploitation effective issu de l'article L. 331-1, premier alinéa, et le 3° de l'article L. 331-1-1 du code rural et de la pêche maritime, au sens de l'arrêt du Conseil d'Etat en date du 21 juillet 2006 et de l'article 3.4.5 de l'instruction technique DGPE.SDPAC/2019-557 du 19 juillet 2019 ; il n'appartient pas à l'administration de demander un justificatif de jouissance de la parcelle ; la recherche et le contrôle de la réalité de l'exploitation peut passer par toute sorte d'éléments de preuve, dont les relevés de PAC, conformément à l'article L. 331-5 du code rural et de la pêche maritime ;

- la remise en cause de l'autorisation tacite, qui n'est pas atteinte de péremption au sens de l'article L. 331-4 du code rural et de la pêche maritime, est entachée d'une erreur de fait ; la parcelle a été exploitée depuis les années 1990, en bénéficiant d'un accord verbal entre M. A B et le propriétaire de la parcelle, aujourd'hui décédé ; l'exploitation effective sans interruption est établie ; l'administration ne pouvait légalement lui demander de produire un justificatif de mise en valeur alors qu'elle avait connaissance de l'autorisation tacite d'exploiter et de l'effectivité d'exploitation par les informations intégrées au système de gestion et de contrôle des aides européennes ;

- la demande de justificatif est devenue superfétatoire en raison du droit de préemption exercé par la SAFER, qui disposait des informations transmises par le notaire ;

- la mise en demeure de produire est entachée d'erreur d'appréciation, la parcelle ZD n° 22 ayant été mise en culture avant 2010 et l'autorisation tacite d'exploiter n'étant pas atteinte de péremption ;

- la déclaration PAC est un indice sérieux permettant de présumer à lui-seul l'exploitation effective de la parcelle puisque la sanction financière au titre de la déclaration 2022 a été établie sur la base de la déclaration PAC ;

-subsidiairement, la décision du 21 janvier 2021 est superfétatoire en cas de mise en valeur de la parcelle ZD n° 22 dans le cadre d'une procédure de rétrocession engagée par la SAFER.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2022, la préfète de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCEA GLS ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin-Rance, rapporteure,

- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,

- et les observations M. B, représentant la SCEA GLS.

Considérant ce qui suit :

1. La SCEA GLS, dont M. C B est le gérant depuis 2014, exploite sur le territoire de la commune de Génicourt-sur-Meuse, la parcelle n° ZD n° 22 de 2,63 hectares. Le 6 août 2020, le GAEC de Génicourt-sur-Meuse l'a informée qu'il avait déposé une demande d'autorisation d'exploiter cette parcelle. La SCEA GLS s'étant signalée comme exploitante de ladite parcelle auprès des services de la direction départementale des territoires, un dossier de demande d'autorisation d'exploiter concurrente lui a été adressé le 15 septembre 2020. M. B, se prévalant de l'autorisation d'installation comme agriculteur dont il a bénéficié en 2014 et d'un bail à ferme consenti par les propriétaires de la parcelle, n'a pas souhaité déposer de demande d'autorisation concurrente pour la SCEA. La préfète de la région Grand Est l'a informé, par courrier du 3 novembre 2020, de la péremption de l'autorisation tacite d'exploiter que la SCEA avait acquise en 2010 et l'a mis en demeure de régulariser sa situation en déposant une nouvelle demande d'autorisation d'exploiter. Par courrier du 13 janvier 2021, il lui a été demandé de produire le titre en vertu duquel la mise en valeur de la parcelle n° ZD n° 22 était assurée. Par un arrêté en date du 21 janvier 2021, la préfète de la région Grand Est a délivré au GAEC de Génicourt une autorisation d'exploiter la parcelle n° ZD n° 22. Par un courrier du 30 juin 2021, la préfète a mis en demeure la SCEA de cesser d'exploiter la parcelle n° ZD n° 22 dans un délai d'un mois.

2. Par deux requêtes n° 2100762 et n° 2102511, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un même jugement, la SCEA GLS demande, à titre principal, d'annuler, d'une part, l'arrêté du 21 janvier 2021 en tant qu'il autorise le GAEC de Génicourt-sur-Meuse à exploiter la parcelle n° ZD n° 22 et, d'autre part, la mise en demeure de la préfète de la région Grand Est du 30 juin 2021 de cesser d'exploiter cette parcelle.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 21 janvier 2021 :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction issue de la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 : " I. - Sont soumises à autorisation préalable les opérations suivantes : 1° Les installations, les agrandissements ou les réunions d'exploitations agricoles au bénéfice d'une exploitation agricole mise en valeur par une ou plusieurs personnes physiques ou morales, lorsque la surface totale qu'il est envisagé de mettre en valeur excède le seuil fixé par le schéma directeur départemental des structures. () ". Aux termes de l'article R. 331-6 du même code : " I. - Le préfet dispose d'un délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier complet mentionnée dans l'accusé de réception pour statuer sur la demande. () III. () A défaut de notification d'une décision dans le délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier ou, en cas de prorogation de ce délai, dans les six mois à compter de cette date, l'autorisation est réputée accordée ". Et l'article L. 331-4 du même code prévoit que : " L'autorisation est périmée si le fonds n'a pas été mis en culture avant l'expiration de l'année culturale qui suit la date de sa notification ou, dans le cas prévu à l'article L. 330-4, avant l'expiration de l'année culturale qui suit celle de la fin du versement des aides. Si le fonds est loué, l'année culturale à prendre en considération est celle qui suit le départ effectif du preneur, sauf si la situation personnelle du demandeur au regard des dispositions du présent chapitre est modifiée ".

4. Et d'autre part, aux termes de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction issue de la loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place ; / () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, par deux courriers en date des 3 novembre 2020 et 13 janvier 2021, la préfète de la région Grand-Est a informé la SCEA GLS que l'autorisation d'exploiter accordée tacitement en 2010 était périmée, à défaut d'avoir justifié d'un titre l'autorisant à mettre en valeur la parcelle n° ZD n°22 sur le territoire de Génicourt-sur-Meuse, et l'a mise en demeure de déposer une nouvelle demande d'autorisation d'exploiter la parcelle ZD n° 22, afin de tenir compte de sa situation de preneur en place dans le cadre de l'examen de la demande d'autorisation d'exploiter déposée par le GAEC de Génicourt-sur-Meuse. Toutefois, alors que la société requérante soutient qu'elle exploite cette parcelle depuis plusieurs décennies et justifie, notamment au titre de l'année culturale suivant l'autorisation tacite d'exploiter née le 24 décembre 2010, avoir effectivement procédé à sa mise en culture par la production de la déclaration au titre des aides surfaciques de la politique agricole commune qu'elle a souscrite au titre de 2011 et par le relevé réalisé au titre du contrôle, la circonstance qu'elle n'ait pas produit de titre de jouissance de la parcelle n'est pas de nature à entrainer la péremption de son autorisation d'exploiter tacitement accordée.

6. La préfète de la région Grand-Est fait valoir en défense qu'elle était tenue de demander à la société requérante de déposer une demande d'autorisation d'exploiter concurrente à la demande présentée par le GAEC de Génicourt-sur-Meuse puisque la SCEA GLS ne justifiait pas de la qualité de preneur en place au sens du schéma directeur régional des exploitations agricoles de Lorraine en l'absence de titre de jouissance reconnu.

7. Toutefois, aux termes de l'article 1er de l'arrêté n°2016/394 du 27 juin 2016 portant schéma régional des exploitations agricoles de Lorraine : " () Pour fixer les critères d'appréciation de l'intérêt d'une opération, on entend par : () le preneur en place : exploitant agricole individuel mettant en valeur, à titre exclusif ou non, une exploitation agricole en faire-valoir direct ou en qualité de titulaire de tout bail rural sur les terres de ladite exploitation. () ". Alors que la société requérante a informé les services de préfecture de ce qu'elle exploitait la parcelle ZD n° 22 au bénéfice d'un bail verbal accordé par l'ancien propriétaire et non remis en cause par ses héritiers, la mise en demeure de déposer une demande d'autorisation ne peut se justifier au motif que la SCEA GLS ne disposait pas d'un titre de jouissance reconnu par la réglementation relative au contrôle des structures.

8. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté du 21 janvier 2021 autorisant le GAEC de Génicourt à exploiter la parcelle ZD n° 22 est entaché d'une erreur de droit à défaut d'avoir tenu compte de la qualité de preneur en place de la SCEA GLS.

En ce qui concerne la mise en demeure du 30 juin 2021 :

9. Aux termes de l'article L. 331-7 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsqu'elle constate qu'un fonds est exploité contrairement aux dispositions du présent chapitre, l'autorité administrative met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine et qui ne saurait être inférieur à un mois. La mise en demeure mentionnée à l'alinéa précédent prescrit à l'intéressé soit de présenter une demande d'autorisation, soit, si une décision de refus d'autorisation est intervenue, de cesser l'exploitation des terres concernées. Lorsque l'intéressé, tenu de présenter une demande d'autorisation, ne l'a pas formée dans le délai mentionné ci-dessus, l'autorité administrative lui notifie une mise en demeure de cesser d'exploiter dans un délai de même durée ".

10. Ainsi qu'il a été exposé au point 5 du présent jugement, par courriers des 3 novembre 2020 et 13 janvier 2021, la préfète de la région Grand Est a mis en demeure la SCEA GLS de déposer une demande d'autorisation d'exercer. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, l'autorisation tacitement accordée le 24 décembre 2010 n'étant pas atteinte de péremption au sens de l'article L. 331-4 du code rural et de la pêche maritime, la SCEA GLS ne pouvait être regardée comme exploitant irrégulièrement la parcelle ZD n° 22. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que la préfète a commis une erreur de droit en la mettant en demeure de cesser son exploitation.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que l'arrêté du 21 janvier 2021 par lequel la préfète de la région Grand Est a délivré au GAEC de Génicourt-sur-Meuse une autorisation d'exploiter portant sur la parcelle ZD n° 22 et la mise en demeure en date du 30 juin 2021 de cesser d'exploiter cette parcelle adressée à la SCEA GLS doivent être annulés.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté en date du 21 janvier 2021 par lequel la préfète de la région Grand Est a délivré au GAEC de Génicourt-sur-Meuse une autorisation d'exploiter la parcelle ZD n° 22 sur le territoire de la commune de Génicourt-sur-Meuse est annulé.

Article 2 : La mise en demeure de cesser l'exploitation de la parcelle ZD n° 22 adressée à la SCEA GLS le 30 juin 2021 est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA GLS, à la préfète de la région Grand-Est et au GAEC de Génicourt-sur-Meuse.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Jouguet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

La rapporteure,

F. Milin-Rance

Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2100762,

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