mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | LEMAIRE-VUITTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 mars 2021 et le 21 décembre 2022, M. A C et Mme E C, représentés par Me Lemaire-Vuitton, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 21 janvier 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes Seille et Grand Couronné a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du secteur Grand Couronné en tant qu'il classe en zone Nj les parcelles cadastrées section ZC nos 206 et 207 situées à Laneuvelotte et refuse de les classer en zone constructible ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Seille et Grand Couronné de procéder au classement de ces parcelles en zone UB ou 1AU du plan local d'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Seille et Grand Couronné les dépens de l'instance ainsi qu'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement en zone Nj des parcelles cadastrées section ZC nos 206 et 207 méconnaît les objectifs du plan local d'urbanisme de cohérence urbaine, d'intégration dans l'espace bâti et de respect du principe de compacité préconisés entre autres dans le schéma de cohérence territorial sud Meurthe-et-Moselle (SCoT Sud 54) ;
- ce classement est entaché d'inexactitude matérielle et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2022, la communauté de communes Seille et Grand Couronné, représentée par Me Luisin, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Luisin, représentant la communauté de communes Seille et Grand Couronné.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 21 janvier 2021, le conseil communautaire de la communauté de communes Seille et Grand Couronné a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal du secteur Grand Couronné. Par la requête susvisée, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler cette délibération en tant qu'elle procède au classement en zone Nj des parcelles cadastrées section ZC nos 206 et 207, située à Laneuvelotte (Meurthe-et-Moselle).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section ". Aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
3. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
4. Le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du plan local d'urbanisme intercommunal du secteur Grand Couronné fixe, au sein de l'orientation n°2 " maintenir l'identité du territoire du Grand Couronné au travers de la mise en valeur du paysage et du cadre de vie et la protection de l'environnement ", un objectif de " développement du territoire qui intègre les enjeux environnementaux " par la prise en compte de " la notion de risques dans la définition des futures zones constructibles et des conditions d'urbanisation et de construction " et notamment du risque d'inondations. Le rapport de présentation rappelle en outre qu'un risque d'inondations par débordement de cours d'eau existe sur le territoire concernant notamment le ruisseau de Voirincourt à Laneuvelotte et précise qu'après " les événements pluviométriques exceptionnels des 21 et 22 mai 2012, les services de l'État ont relevé des repères de crue, lesquels ont été nivelés par un géomètre expert " et que " le Centre d'Étude Technique de l'Équipement - CETE - a déterminé l'emprise de la zone inondée après le recueil d'informations auprès des collectivités. Les éléments ainsi collectés ont permis de préciser la connaissance de l'aléa inondation sur ces communes et d'en cartographier la zone inondée dans la nuit du 21 au 22 mai 2012 ". Le rapport de présentation précise que " tous les espaces concernés par le risque inondation sont classés en zone naturelle ou agricole inconstructible ".
5. Il ressort des pièces du dossier que pour procéder au classement en zone Nj des parcelles cadastrées section ZC nos 206 et 207 situées à Laneuvelotte, la communauté de communes Seille et Grand Couronné s'est fondée sur le caractère inondable de ces parcelles situées à proximité du ruisseau de Voirincourt, en s'appuyant la cartographie issue de l'atlas des zones inondables élaboré par les services de l'Etat et mise à jour à la suite des inondations consécutives aux évènements pluviométriques exceptionnels des 21 et 22 mai 2012. M. et Mme C contestent ce classement en se prévalant d'une synthèse sur le caractère inondable des parcelles de la zone 1AUi lieu-dit " le pré paumier " établie en 2009, qui indique que M. B C a fait réaliser en 2000 des travaux de busage partiel du fossé, de création d'un bassin de rétention d'une surface de 950 mètres carrés sur le terrain voisin des parcelles litigieuses et de nivellement des terrains en amont. Si cette synthèse conclut à l'absence de risque d'inondation en ce qui concerne les parcelles cadastrées sections ZC nos 206 et 207, elle est néanmoins antérieure aux inondations consécutives aux événements pluviométriques exceptionnels des 21 et 22 mai 2012 ayant conduit à la mise à jour de la cartographie de l'atlas des zones inondables, dont il ressort que les parcelles des requérants figurent dans la trame des zones inondables. En outre, si M. et Mme C font valoir que les évènements pluvieux à l'origine des inondations de mai 2012 sont d'une récurrence supérieure à cent ans, cette circonstance ne peut suffire à entacher d'illégalité le classement litigieux. De même, la circonstance que des parcelles contiguës sont classées en zone urbaine alors qu'elles sont également soumises à un risque d'inondation est sans incidence sur la légalité du classement des parcelles en cause. Enfin, si M. et Mme C soutiennent que ces parcelles ne présentent aucun caractère humide, il ne ressort pas des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme se seraient fondés sur l'existence d'une zone humide sur le secteur pour procéder à leur classement en zone Nj. Dans ces conditions, le classement des parcelles cadastrées section ZC nos 206 et 207 n'est entaché d'aucune inexactitude matérielle ni d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
6. En second lieu, M. et Mme C soutiennent que le classement litigieux méconnaît les objectifs de cohérence urbaine, d'intégration dans l'espace bâti et de respect du principe de compacité, destinés à limiter la consommation d'espace et à lutter contre l'étalement urbain, fixés par le plan local d'urbanisme contesté et le schéma de cohérence territorial sud Meurthe-et-Moselle. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point qui précède que les parcelles en cause n'ont pas été classées en zone Nj en vue de respecter l'objectif de limiter la consommation foncière et l'étalement urbain mais uniquement en raison de leur caractère inondable. Par suite, le moyen tiré de ce que ce classement méconnaîtrait ces objectifs doit être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la communauté de communes Seille et Grand Couronné qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
9. La présente instance n'a donné lieu à aucuns dépens. Par suite les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme E C et à la communauté de communes Seille et Grand Couronné.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
R. D Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026