jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100829 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | PICOCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2021, et un mémoire non communiqué enregistré le 8 juillet 2022, M. D C et le syndicat FEP-CFDT, représentés par Me Picoche, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Nancy-Metz a refusé l'affectation de M. C au sein du collège et lycée Notre Dame Saint Joseph à Epinal pour l'année scolaire 2020/2021, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nancy-Metz de réintégrer M. C au sein du collège et lycée Notre Dame Saint Joseph et à défaut de réexaminer sa candidature dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision initiale de refus d'affectation n'est pas datée et signée ;
- le refus du chef d'établissement est motivé uniquement par le témoignage qu'il a apporté dans une instance concernant son épouse et non par ses compétence professionnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, le recteur de l'académie de Nancy-Metz conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C et le syndicat FEP-CFDT ne sont pas fondés.
Par un courrier du 3 octobre 2022, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du défaut d'intérêt à agir du syndicat FEP-CFDT, en son nom propre et à titre principal, contre la décision du recteur d'académie refusant l'affectation de M. C.
Par un mémoire en intervention volontaire enregistré le 13 octobre 2022, le syndicat FEP-CFDT, représenté par Me Picoche, conclut aux même fins que M. C
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83- 634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Picoche, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est professeur certifié d'anglais affecté à titre provisoire au sein de l'ensemble scolaire Notre Dame Saint-Joseph à Epinal. Il a sollicité son affectation définitive au sein de l'ensemble scolaire Notre Dame Saint-Joseph à Epinal pour la rentrée scolaire 2020/2021. Le rectorat a informé M. C que suite à l'avis de la commission consultative mixte académique en date du 6 juillet 2020 sa demande de mutation a été refusée et il a été réintégré au collège Saint-Joseph de Remiremont. M. C a exercé un recours gracieux le 10 juillet 2020, lequel a été rejeté par le recteur le 17 juillet 2020. M. C et le syndicat FEP-CFDT demandent au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur l'intérêt à agir du syndicat FEP-CFDT :
2. Aux termes de l'article 8 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dispose : " Le droit syndical est garanti aux fonctionnaires. Les intéressés peuvent librement créer des organisations syndicales, y adhérer et y exercer des mandats. Ces organisations peuvent ester en justice. Elles peuvent se pourvoir devant les juridictions compétentes contre les actes réglementaires concernant le statut du personnel et contre les décisions individuelles portant atteinte aux intérêts collectifs des fonctionnaires. ".
3. Un syndicat de fonctionnaires, s'il est recevable à intervenir, le cas échéant, à l'appui d'une demande d'annulation d'une décision individuelle " négative " concernant un fonctionnaire présentée devant le juge administratif par le fonctionnaire intéressé, n'a pas qualité pour en solliciter lui-même l'annulation, alors même que le fonctionnaire serait membre de ce syndicat.
4. Si le syndicat FEP-CFDT peut intervenir au soutien d'une requête présentée par un agent concerné contre une décision de refus d'affectation, il n'a en revanche pas qualité pour en solliciter lui-même l'annulation. Par suite, la requête à titre principal du syndicat FEP-CFDT est irrecevable faute d'intérêt à agir de ce syndicat.
Sur l'intervention du syndicat FEP-CFDT :
5. Eu égard à l'objet du syndicat FEP-CFDT défini à l'article 6 de ses statuts, qui lui confèrent la possibilité d'agir pour la défense des intérêts des personnels du secteur de l'enseignement privé, le syndicat FEP-CFDT justifie d'un intérêt suffisant pour intervenir à l'instance à l'appui de la demande d'annulation présentée par M. C, professeur dans le secteur de l'enseignement privé. L'intervention du syndicat FEP-CFDT est, par suite, admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes des dispositions de l'article R. 914-77 du code de l'éducation : " L'autorité académique soumet les candidatures, accompagnées de l'avis des chefs d'établissement ou, à défaut d'avis, de la justification qu'ils ont été informés des candidatures par les intéressés, à la commission consultative mixte compétente. () Au vu de l'avis émis par la commission consultative mixte, l'autorité académique notifie à chacun des chefs d'établissement la ou les candidatures qu'elle se propose de retenir pour pourvoir à chacun des services vacants dans l'établissement. En cas de pluralité de candidatures, celles-ci sont classées par l'autorité académique par ordre de priorité conformément aux alinéas précédents et, pour les candidatures de même ordre de priorité, par ordre d'ancienneté. Le chef d'établissement dispose d'un délai de quinze jours pour faire connaître à l'autorité académique son accord ou son refus. A défaut de réponse dans ce délai, le chef d'établissement est réputé avoir donné son accord à la candidature qui lui est soumise ou, s'il a été saisi de plusieurs candidatures pour le même service, à la première de ces candidatures. La décision par laquelle le chef d'établissement fait connaître à l'autorité académique son refus de la ou des candidatures qui lui ont été soumises est motivée. Si le chef d'établissement refuse sans motif légitime la ou les candidatures qui lui ont été soumises, il ne peut être procédé à la nomination de maîtres délégués dans la discipline concernée au sein de l'établissement. ".
7. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées du code de l'éducation que l'autorité académique n'a pas le pouvoir d'imposer la candidature d'un maître à un chef d'établissement privé sous contrat d'association. Il lui appartient cependant de vérifier le caractère légitime du motif opposé par le chef d'établissement pour refuser la ou les candidatures qui lui ont été soumises. Si un refus opposé sans motif légitime par un chef d'établissement fait obstacle à ce que le recteur d'académie puisse procéder à la nomination de maîtres ou de documentalistes délégués dans la discipline concernée au sein de l'établissement, il est en revanche sans incidence sur la légalité de la décision portant refus de nomination du candidat concerné.
8. Dans un avis du 3 juin 2020, la commission consultative mixte académique a retenu la candidature de M. C sur le poste de professeur d'anglais au sein de l'établissement Notre Dame Saint Joseph. Cette candidature a été soumise par le recteur au chef d'établissement qui a fait part de son refus le 11 juin 2020 soit dans le délai prévu par l'article R. 914-77 du code de l'éducation. Ainsi, faute d'accord du chef d'établissement, le recteur d'académie ne pouvait procéder à la nomination de M. C dans l'emploi disponible au sein de l'établissement Notre Dame Saint Joseph. Si M. C conteste les motifs du refus opposé par le chef d'établissement à sa candidature, l'illégitimité de ce refus, à la supposer établie, a pour seul effet d'interdire au recteur de procéder à une nomination dans la discipline concernée au sein de l'établissement et est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. En deuxième lieu, le recteur étant, ainsi qu'il vient d'être dit, placé en situation de compétence liée pour refuser l'affectation de M. C, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, en l'absence d'identification de ce dernier, et du vice de forme doivent être écartés comme étant inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention du syndicat FEP-CFDT est admise.
Article 2: La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée pour information au syndicat FEP-CFDT et au recteur de l'académie de Nancy-Metz.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure
C. B
Le président,
D. MartiLe greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026