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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2100877

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2100877

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2100877
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSCP LEBON & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 23 mars, le 22 juin, le 13 juillet, le 9 septembre et le 22 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Bourgaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Jarville-la-Malgrange a retiré sa décision de non-opposition à la déclaration préalable tacitement accordée le 23 décembre 2020 en vue de la réalisation d'une place de stationnement et la rénovation d'un escalier sur une parcelle cadastrée section AK n° 0175 située 22, rue Georges Clémenceau à Jarville-la-Malgrange ;

2°) d'enjoindre à la commune de Jarville-la-Malgrange d'effacer la place de stationnement public située devant sa propriété ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Jarville-la-Malgrange une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'un vice de procédure dès lors que la déclaration préalable acquise le 23 décembre 2020 a été retirée postérieurement au 23 février 2021, de sorte que celle-ci est devenue définitive et qu'il a un droit acquis à réaliser les travaux sollicités ;

- les travaux litigieux ne sont légalement pas soumis à déclaration préalable ;

- le maire de la commune de Jarville-la-Malgrange ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article 3.1 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme dès lors que les travaux autorisés n'entraînent pas la création de deux accès automobile mais l'agrandissement de l'accès déjà existant de sorte qu'il n'existera qu'un seul et même accès automobile ;

- l'arrêté attaqué méconnaît le principe d'égalité des citoyens devant la loi dès lors que de nombreux habitants de la commune ont été autorisés à réaliser des travaux identiques à ceux de la déclaration préalable litigieuse.

Par des mémoires en défense enregistrés les 23 juin et 20 août 2021 et le 28 février 2022, la commune de Jarville-la-Malgrange, représentée par Me Coissard, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal, sont irrecevables ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gottlieb, rapporteur,

- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,

- les observations de Me Bourgaux, représentant M. A,

- et les observations de Me Coissard, représentant la commune de Jarville-la-Malgrange.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a déposé le 23 novembre 2020 une déclaration préalable de travaux en vue de la réalisation d'une place de stationnement et la rénovation d'un escalier sur une parcelle cadastrée section AK n° 0175 située 22, rue Georges Clémenceau à Jarville-la-Malgrange. Une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable a été acquise par M. A le 23 décembre 2020. Par un arrêté du 11 mars 2021, le maire de la commune a retiré la décision du 23 décembre 2020 par laquelle il ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A. Par la requête susvisée, ce dernier demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision tacite par laquelle le maire de la commune de Jarville-la-Malgrange ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A le 23 novembre 2020 est née le 23 décembre 2020. Elle pouvait être retirée jusqu'au 23 mars 2021. La décision de retrait litigieuse ayant été prise le 11 mars 2021, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable du 23 décembre 2020 ne pouvait plus être retirée et qu'il aurait un droit acquis à réaliser les travaux sollicités.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire () les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement ; () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable déposée par M. A le 23 novembre 2020 tendant à la création d'une place de stationnement au sein de l'emprise de la parcelle dont il est propriétaire comprend la démolition du muret et de la grille de clôture donnant sur la voie publique ainsi que de l'escalier d'accès à sa maison d'habitation et la création d'un nouvel escalier. Ces travaux, qui ont pour effet de modifier l'aspect extérieur de la maison d'habitation de M. A, devaient être précédés d'une déclaration préalable de travaux. Par suite, le moyen tiré de ce que les travaux litigieux ne sont légalement pas soumis à déclaration préalable doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.1 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune de Jarville-la-Malgrange relatif aux accès : " () Toute unité foncière ne peut avoir qu'un seul accès automobile. Un second accès peut être autorisé s'il est nécessaire au fonctionnement et à l'usage des constructions autorisées et à condition qu'il réponde aux exigences de sécurité et de desserte ".

7. Pour procéder au retrait de la déclaration préalable acquise par M. A le 23 décembre 2020, le maire de la commune de Jarville-la-Malgrange s'est fondé sur le motif tiré de ce que " le projet de création d'une place de stationnement nécessite un second accès à l'unité foncière ", en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3.1 du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de la commune.

8. M. A soutient que ces travaux n'ont ni pour objet, ni pour effet de créer un second accès automobile à la voie publique mais seulement d'agrandir, par la démolition du muret et de la grille de clôture, l'accès préexistant au droit de cette parcelle. Il ressort toutefois des documents graphiques joints à la déclaration préalable déposée le 23 novembre 2020 que le projet prévoit la création de deux poteaux qui seront implantés sur la parcelle de M. A et en limite de l'emprise publique, matérialisant l'accès à la place de stationnement existante située au droit du garage du requérant ainsi que celui à la deuxième place de stationnement que le requérant souhaite réaliser. Dans ces conditions, le projet litigieux a pour effet de créer un deuxième accès à la parcelle du requérant, dont il n'établit pas qu'il serait nécessaire au fonctionnement et à l'usage de sa maison d'habitation, ni même qu'il répondrait aux exigences de sécurité et de desserte. Par suite, le maire de la commune de Jarville-la-Malgrange a pu à bon droit se fonder sur les dispositions précitées de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme pour retirer la décision de non-opposition à déclaration préalable acquise par M. A le 23 décembre 2020.

9. En dernier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de ce que d'autres habitants de la commune auraient été autorisés à créer plusieurs accès au droit de leurs propriétés pour y stationner plusieurs véhicules pour soutenir que la décision de retrait litigieuse méconnaîtrait le principe d'égalité.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent qu'être écartées.

Sur les frais d'instance :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Jarville-la-Malgrange, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Jarville-la-Malgrange et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la commune de Jarville-la-Malgrange une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Jarville-la-Malgrange présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Jarville-la-Malgrange.

Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

Le rapporteur,

R. Gottlieb Le président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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