mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100930 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | PONSEELE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 1er avril 2021 sous le n° 2100930, M. A C, représenté par Me Ponseele, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident de trajet, ainsi que la décision implicite de rejet du recours qu'il a formé le 29 novembre 2020 contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle d'établir un arrêté portant reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 10 avril 2018 et de procéder à la régularisation de sa situation administrative à compter de cette date, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision ne pouvait se fonder sur l'avis du Dr E, médecin expert, également membre permanent de la commission de réforme ;
- la commission de réforme était irrégulièrement composée dès lors qu'aucun spécialiste des affections du dos n'était présent ;
- l'avis du 20 juin 2018 émanant du Dr D, médecin-chef, visé par l'arrêté n'est pas celui qui a été transmis à la commission de réforme dès lors que ce dernier n'était pas défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité de son accident au service ; en tout état de cause, cet avis n'était pas défavorable ;
- la qualité de médecin préventionniste du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) n'est pas mentionnée dans le courrier du Dr D du 20 juin 2018 ;
- l'avis de la commission de réforme du 11 octobre 2018 ne peut être pris en compte dès lors que ses membres lui avaient indiqué que l'examen de son dossier serait reporté dans l'attente d'une nouvelle expertise à ses frais, que la précédente décision du 12 octobre 2018 du SDIS ne lui a pas laissé la possibilité d'organiser une nouvelle expertise et qu'il n'a pas plus été en mesure de présenter une contre-expertise avant la nouvelle décision contestée ;
- il ne s'est pas volontairement privé de la possibilité d'apporter la preuve de l'imputabilité de son accident au trajet et le SDIS a pu disposer d'une expertise du 27 février 2020 du Dr B, expert près la cour d'appel de Nancy ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il doit bénéficier du régime de la reconnaissance de droit de l'imputabilité au service applicable aux accidents de trajet et que le SDIS n'a jamais remis en cause les date, heure et lieu de l'accident, ni diligenté d'enquête ;
- le SDIS n'apporte aucune preuve permettant de caractériser l'existence de circonstances pouvant rompre le lien avec le service.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2023, le service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Zillig, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 23 juillet 2021 sous le n° 2102137, M. A C, représenté par Me Ponseele, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception n° 235 du 27 janvier 2021 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle a mis à sa charge une somme de 478,23 euros ;
2°) de prononcer la décharge intégrale des sommes mises à sa charge par ce titre exécutoire ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre ne comporte pas la mention des bases de calcul de la somme réclamée ;
- la somme réclamée ne correspond pas à une somme dont il est redevable et le SDIS de Meurthe-et-Moselle reste redevable envers lui de la somme de 73 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2022, le service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Zillig, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que M. C n'a pas contesté dans le délai de recours la décision du 20 novembre 2020 fondant le titre de recettes contesté ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- les observations de Me Ponseele, représentant M. C,
- et les observations de Me Zillig, représentant le service d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, sergent-chef exerçant ses fonctions au sein du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Meurthe-et-Moselle jusqu'à son admission en retraite, a été déclaré inapte à l'exercice de fonctions opérationnelles le 25 juillet 2017 et a été affecté en qualité de préventionniste au service de santé et de secours médical à compter du 9 avril 2018. Le 10 avril 2018, jour effectif de la reprise de ses fonctions, le requérant a déclaré un accident de trajet qui aurait eu lieu devant son domicile alors qu'il montait dans son véhicule pour se rendre à son poste de travail lui occasionnant une douleur au dos. Il a alors été placé en arrêt de travail jusqu'au 22 avril 2018 pour un lumbago. Cet arrêt a ensuite été prolongé à plusieurs reprises. Par un courrier du 12 octobre 2018, le président du conseil d'administration du SDIS de Meurthe-et-Moselle a refusé de reconnaître l'imputabilité de l'accident de M. C au service et, par un arrêté du 15 octobre 2018, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 10 avril au 28 octobre 2018. Parallèlement à cette procédure, le directeur départemental du SDIS de Meurthe-et-Moselle a décidé, par une décision en date du 22 août 2018, de supprimer le versement du régime indemnitaire qui était jusqu'alors versé à M. C, et de procéder à une retenue, appliquée sur son traitement du mois d'août 2018, d'un montant total de 1 130,22 euros bruts, correspondant à un trop-perçu d'indemnités à compter du 10 avril 2018. Par un jugement du 16 juillet 2020, le tribunal administratif de Nancy a, d'une part, annulé la décision du 12 octobre 2018 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 10 avril 2018 pour défaut de motivation, la décision du 15 octobre 2018 plaçant M. C en congé de maladie ordinaire par voie de conséquence et la décision du 22 août 2018 décidant la retenue d'un trop-perçu d'indemnités sur la paie du mois d'août 2018 en tant que la somme retenue avait excédé la fraction saisissable de la rémunération, d'autre part, enjoint au SDIS de Meurthe-et-Moselle de rembourser au requérant la somme excédant la fraction saisissable de 528,22 euros. En application de ce jugement, le président du conseil d'administration du SDIS de Meurthe-et-Moselle a, par un arrêté du 9 octobre 2020, de nouveau refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. C le 10 avril 2018, a remboursé une somme de 528,22 euros sur la rémunération versée à l'intéressé au mois de décembre 2020 et a émis un titre de recettes exécutoire le 27 janvier 2021 pour un montant de 478,23 euros. Par les requêtes susvisées n° 2100930 et n° 2102137, M. C demande l'annulation de la décision du 9 octobre 2020 et du titre exécutoire du 21 janvier 2021, ainsi que la décharge de la somme qui lui est réclamée par ce titre. Ces requêtes ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 octobre 2020 :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui fondent la décision refusant l'imputabilité au service de l'accident de M. C du 10 avril 2018. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 4 août 2004 susvisé : " La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages, rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instructions, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires ".
4. Il ne résulte pas de ces dispositions que le médecin agréé auquel la commission de réforme peut faire appel pour examiner un agent victime d'un accident de service ou de trajet doive, à peine d'irrégularité, être un spécialiste de la pathologie de l'intéressé. Par suite, M. C n'est pas fondé à se plaindre de ce que le Dr E auprès duquel la commission l'avait convoqué le 24 mai 2018 n'était pas un spécialiste des pathologies du dos.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004 susvisé : " Les médecins visés au 1 de l'article 3 et les médecins agréés ayant reçu pouvoir en application de l'article 8 ne peuvent pas siéger avec voix délibérative lorsque la commission examine le dossier d'un agent qu'ils ont examiné à titre d'expert ou de médecin traitant ".
6. Il ne résulte pas des dispositions précitées que, contrairement à ce que M. C soutient, les médecins membres permanents de la commission de réforme ne pourraient pas examiner un agent en qualité d'expert mais seulement que, dans ce cas, ils ne siègent pas avec voix délibérative lors de l'examen du dossier de l'agent. Si le Dr E auprès duquel le requérant a été convoqué le 24 mai 2018 aux fins d'expertise, est également membre de la commission de réforme, il ressort des pièces du dossier que ce médecin n'a pas siégé lors de la séance au cours de laquelle la commission de réforme s'est prononcée sur sa situation. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le Dr E n'avait pas compétence pour l'examiner en qualité d'expert.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 susvisé : " () Cette commission comprend : / 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel ".
8. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
9. Il résulte des dispositions précitées de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 que doit, s'il y a lieu, être présent, au sein de la commission de réforme appelée à statuer sur l'imputabilité au service de la maladie contractée par un fonctionnaire territorial, en plus des deux praticiens de médecine générale, un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par l'agent qui, s'il participe aux échanges de la commission, ne prend pas part au vote de son avis.
10. S'il est constant que la commission de réforme qui s'est réunie le 11 octobre 2018 était composée, outre des représentants de l'administration et du personnel, de deux médecins généralistes et ne s'est pas adjoint un médecin spécialiste des pathologies du dos, une telle présence n'était pas nécessaire en l'absence de tout élément médical soumis à son appréciation, le requérant ayant refusé d'exposer sa situation au Dr E et ne s'étant pas présenté auprès du Dr F, les deux experts désignés pour l'examiner.
11. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le SDIS ait disposé d'un avis du médecin de prévention différent de celui, en date du 20 juin 2018, dont la commission de réforme a pris connaissance. Par ailleurs, alors qu'il n'est pas sérieusement contesté par le requérant que le Dr D, médecin-chef de sapeurs-pompiers professionnels, occupe les fonctions de médecin de prévention au sein du SDIS de Meurthe-et-Moselle, l'absence de mention de cette qualité aux côtés de sa signature sur l'avis du 20 juin 2018 est sans incidence sur la régularité de l'avis émis. Enfin, l'avis du 20 juin 2018 du médecin de prévention n'est pas, contrairement à ce qui a été visé dans l'arrêté contesté, défavorable à la reconnaissance de l'accident déclaré par M. C comme accident de trajet. Toutefois, compte tenu des termes de cet avis qui relate les circonstances de l'accident du 10 avril 2018 tel que le requérant l'a décrit et se borne à indiquer que, depuis cette date, l'agent est toujours en arrêt et qu'il demande que cet accident soit reconnu comme accident de trajet, l'erreur de fait commis par le président du conseil d'administration du SDIS est sans incidence sur la décision qui a été prise.
12. En sixième lieu, aucun élément du dossier ne corrobore les déclarations du requérant selon lesquelles les membres de la commission de réforme auraient, à l'issue de la séance du 11 octobre 2018, fait savoir au requérant qu'ils entendaient ajourner leur avis dans l'attente d'une nouvelle expertise. En tout état de cause, les membres de la commission n'étaient pas tenus de maintenir cette position, à la supposée avérée, à l'issue de leur délibéré.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'avis de la commission de réforme aurait été émis de manière irrégulière et aurait, de ce fait, entaché la décision attaquée d'un vice de procédure.
En ce qui concerne la légalité interne :
14. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
15. Est réputé constituer un accident de trajet tout accident dont est victime un agent public qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son travail et sa résidence et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel de cet agent ou toute autre circonstance particulière est de nature à détacher l'accident du service. Est également réputé constituer un accident de trajet, dans les mêmes conditions, tout accident se produisant sur le parcours habituel entre la résidence de l'agent et le lieu où il est hébergé provisoirement afin d'être à même d'exercer les fonctions qui lui sont attribuées.
16. M. C a déclaré le 10 avril 2018, que le jour même à 7 heures 35, il a ressenti une vive douleur dans le milieu de son dos en montant dans sa voiture située sur le trottoir devant sa maison. Il a bénéficié le jour même d'un certificat d'arrêt de travail en raison d'un lumbago. Alors que sa déclaration d'accident est succincte, que le requérant n'apporte aucun témoignage à l'appui de ses déclarations et qu'il n'a pas souhaité s'exprimer devant le médecin expert auprès duquel il avait été convoqué le 24 mai 2018, la matérialité de ces faits, pas plus que les circonstances ayant pu occasionner cette douleur ne ressortent des pièces du dossier. L'accident déclaré ne peut ainsi être regardé comme revêtant le caractère d'un accident de trajet. Par suite, le président du conseil d'administration du SDIS de Meurthe-et-Moselle n'a entaché la décision en litige ni d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 9 octobre 2020 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de recettes du 21 janvier 2021 et à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité du titre de recette :
18. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". En application de cette règle, doivent être indiquées soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels l'ordonnateur se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge du redevable.
19. Le titre de recettes n° 235 du 21 janvier 2021 en litige porte la référence " 1803461 " du jugement du tribunal administratif lu le 16 juillet 2020 et la date du " 20 novembre " renvoyant à un courrier du 20 novembre 2020 du président du conseil d'administration du SDIS de Meurthe-et-Moselle dont il résulte de l'instruction que M. C l'a reçu le 28 novembre 2020. Ce courrier analyse le jugement du 16 juillet 2020 du tribunal administratif de Nancy, précise qu'il sera procédé au recouvrement de l'indemnité d'exercice effectif de spécialité de sapeurs-pompiers professionnels et à l'indemnité d'administration et de technicité perçues à tort du 10 avril 2018 au mois d'août 2018, expose les modalités de récupération de la somme de 1 130,22 euros afférente et annonce l'émission d'un titre de recettes pour le montant de 528,61 euros restant dû. Sur la base de ces indications claires portées à la connaissance de l'intéressé dans ce courrier reçu deux mois avant le titre exécutoire contesté, il était aisé pour M. C de vérifier, le cas échéant, l'exactitude du montant réclamé. Ainsi, le moyen, tiré de ce que le titre exécutoire n'indiquerait pas clairement les bases de liquidation de la créance ni les éléments de calcul de la somme réclamée, doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé du titre de recettes :
20. Il n'est pas contesté par M. C que la somme de 1 130,22 euros, correspondant au versement de ses indemnités de spécialité des sapeurs-pompiers professionnels et administrative de technicité à compter du 10 avril 2018 jusqu'au mois de juillet suivant, constitue un indu de rémunération. Par son jugement du 16 juillet 2020, le tribunal administratif a ordonné au SDIS de Meurthe-et-Moselle de rembourser au requérant la somme excédant 528,61 euros qui était la part saisissable de la rémunération de ce dernier.
21. S'il résulte de l'instruction, qu'alors que la somme de 1 130,22 euros avait été prélevée sur la rémunération du mois d'août 2018 de M. C, le SDIS ne lui a remboursé au titre de son traitement de décembre 2020 qu'un montant de 528,61 euros et non les 601,61 euros qui excédaient la part saisissable de son salaire, cette circonstance, qui a trait aux conditions d'exécution du jugement du tribunal administratif du 16 juillet 2020, est sans incidence sur le bien-fondé du titre de recettes en litige.
22. Par ailleurs, il résulte de l'instruction qu'après que le SDIS lui a remboursé la somme de 528,61 euros en décembre 2020, le requérant restait redevable de ce même montant. Par suite, il n'est pas fondé à se plaindre de ce que le SDIS lui a réclamé, par le titre exécutoire qu'il conteste, la somme, moindre, de 478,23 euros.
23. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le SDIS de Meurthe-et-Moselle, que les conclusions à fin d'annulation du titre de recettes exécutoire n° 235 du 21 janvier 2021 ainsi que celles tendant à la décharge de la somme mise en recouvrement par ce titre, doivent être rejetées.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune des mesures d'exécution sollicitées par M. C dans la requête n° 2100930. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS de Meurthe-et-Moselle, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
27. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du SDIS de Meurthe-et-Moselle présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du SDIS de Meurthe-et-Moselle présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au service départemental d'incendie et de secours de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100930,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026