mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SELARL LE TEMPS DES DROITS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 avril et 2 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Picoche, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de la commune de Granges-Aumontzey lui a infligé la sanction de révocation ;
2°) d'enjoindre à la commune de Granges-Aumontzey de le réintégrer dans son emploi à la date d'éviction du service et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Granges-Autmontzey une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que la sanction de révocation est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2021, la commune de Granges-Aumontzey, représentée par la Selarl Le temps des droits, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-364 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gottlieb, rapporteur,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rosenstiehl, représentant la commune de Granges-Aumontzey.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique territorial principal de 2ème classe exerçant ses fonctions d'agent technique polyvalent au sein des services de la commune de Granges-Aumontzey depuis le 1er août 1995, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de la commune de Granges-Aumontzey lui a infligé la sanction de révocation et l'a radié des effectifs de la collectivité à compter du 1er mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / Deuxième groupe : / la radiation du tableau d'avancement ; / l'abaissement d'échelon à l'échelon immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; / Troisième groupe : / la rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à un échelon correspondant à un indice égal ou immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; / Quatrième groupe : / la mise à la retraite d'office ; / la révocation. () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
3. Pour prononcer une sanction de révocation à l'encontre de M. B, le maire de la commune de Granges-Aumontzey s'est fondé sur la circonstance, non contestée, que l'intéressé s'est présenté le 3 décembre 2020 sur son lieu de travail alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool, en récidive.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que précédemment à la sanction litigieuse, M. B a été sanctionné à cinq reprises pour intempérance dans l'exercice de ses fonctions. L'intéressé a ainsi fait l'objet, le 25 octobre 2014, d'un premier avertissement après avoir fait l'objet, sur son lieu de travail, d'un test d'alcoolémie positif, bien qu'inférieur au seuil légal. Le 20 juin 2015, le maire de la commune de Granges-Aumontzey lui a infligé un blâme après qu'il s'est présenté en état d'ébriété avancée à sa prise de service. Le 29 juin 2015, M. B a été exclu temporairement de ses fonctions pour une durée de trois jours à la suite d'un contrôle d'alcoolémie positif alors qu'il conduisait une nacelle sur un chantier. Par un arrêté du 21 juin 2016, il a fait l'objet d'une exclusion temporaire de fonctions de seize jours pour avoir conduit un véhicule communal de plus de 3,5 tonnes en état d'ébriété. Enfin, par un arrêté du 14 juin 2019, il a fait l'objet d'une sanction d'exclusion de six mois pour avoir conduit un véhicule communal sous l'emprise de l'alcool avec récidive, à la suite de laquelle il s'est vu retirer son autorisation de conduite. D'autre part, ce n'est qu'après les faits du 3 décembre 2020 ayant donné lieu à la sanction contestée que M. B s'est engagé dans une démarche de soins visant à traiter son addiction et il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait entrepris une telle démarche à la suite des précédentes sanctions dont il a fait l'objet alors que le conseil de discipline de la fonction publique territoriale du département des Vosges lui avait rappelé dès 2016 l'obligation absolue de s'y soumettre. Enfin, si les qualités professionnelles de M. B ne sont pas contestées, les problèmes répétés d'intempérance de l'intéressé, qui le mettent dans l'impossibilité d'accomplir normalement ses fonctions, sont de nature à perturber la bonne organisation de la direction des services techniques de la commune et présentent un danger, tant pour la sécurité de l'intéressé que pour celles de ses collègues et des usagers. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, et alors même que le conseil de discipline de la fonction publique territoriale des Vosges a, le 5 février 2021, proposé une sanction d'exclusion de fonctions de deux ans assortie d'un sursis partiel d'un an, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la sanction de révocation contestée serait disproportionnée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Granges-Aumontzey, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. En second lieu, la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Granges-Aumontzey.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
R. Gottlieb Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet des Vosges en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026