vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2021, M. C A conteste la décision du 19 mars 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui accorder la remise de sa dette d'un montant de 1 288 euros correspondant à un indu d'aide personnelle au logement au titre des mois de décembre 2018 à octobre 2020.
Il soutient qu'il n'a jamais fraudé et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2021, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A bénéficie de l'allocation de logement familiale (ALF). Après un contrôle de sa situation, ayant mis en évidence l'impossibilité de considérer que son frère, dont il est le tuteur, était encore à sa charge, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle lui a notifié, par une décision du 1er décembre 2020, un indu d'ALF d'un montant de 1 288 euros au titre des mois de décembre 2018 à octobre 2020. M. A a demandé la remise de cette dette mais la CAF a refusé de faire droit à cette demande par une décision du 19 mars 2021. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution (). / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. En l'espèce, si M. A soutient ne pas avoir commis de fraude, cette circonstance, qui n'est pas contestée par la CAF, ne saurait, à elle-seule, lui ouvrir droit à la remise de sa dette. M. A se prévaut par ailleurs de sa situation financière. Il ne résulte toutefois pas des éléments produits, qui ne justifient pas de ses ressources et ses charges malgré une demande en ce sens du tribunal, que le requérant serait dans une situation de précarité financière telle qu'elle justifierait que lui soit accordée une remise de sa dette. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'indu dont le remboursement lui est demandé excède ses capacités contributives, alors qu'il lui est par ailleurs toujours possible, s'il le juge utile, de solliciter la mise en place d'un échéancier adapté à sa situation financière. Sa requête doit, en conséquence, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
La magistrate désignée,
J. B
Le greffier
P. LepageLa République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2101048
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