mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101070 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2021, M. A, représenté par l'AARPI Themis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 décembre 2020 par laquelle la directrice du centre de détention de Toul ne l'a pas autorisé à procéder à un versement d'une somme de 500 euros en dehors de l'établissement pénitentiaire, ensemble la décision du 17 décembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la directrice du centre de détention de Toul de procéder à ce virement dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;
- la directrice du centre de détention de Toul a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article D. 323 du code de procédure pénale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis,
- et les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été incarcéré au centre de détention de Toul du 17 mai 2017 au 30 avril 2021. Le 11 décembre 2020, il a sollicité l'autorisation spéciale prévue à l'article D. 323 du code de procédure pénale pour procéder à un virement bancaire de 500 euros au profit d'une personne extérieure à l'établissement pénitentiaire. Cette demande a été refusée le même jour par le chef d'établissement. Le 16 décembre 2020, M. A a présenté un recours gracieux qui a été rejeté le lendemain par le directeur du centre de détention. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2020, ensemble la décision du 17 décembre 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. En premier lieu, Mme E B, directrice adjointe, disposait d'une délégation de signature prise par un arrêté du 3 septembre 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le 13 septembre 2019, à l'effet de signer, au nom de la directrice du centre de détention de Toul, les autorisations permettant aux détenus de réaliser un versement en dehors de l'établissement pénitentiaire depuis la part disponible de leur compte nominatif. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 728-1 du code de procédure pénale alors applicable : " I. - Les valeurs pécuniaires des détenus, inscrites à un compte nominatif ouvert à l'établissement pénitentiaire, sont divisées en trois parts : la première sur laquelle seules les parties civiles et les créanciers d'aliments peuvent faire valoir leurs droits ; la deuxième, affectée au pécule de libération, qui ne peut faire l'objet d'aucune voie d'exécution ; la troisième, laissée à la libre disposition des détenus. / L'administration pénitentiaire a la faculté d'opérer d'office sur la part disponible des détenus des retenues en réparation de dommages matériels causés, sans préjudice de poursuites disciplinaires et pénales, s'il y a lieu. Sont, de même, versées au Trésor les sommes trouvées en possession irrégulière des détenus, à moins qu'elles ne soient saisies par ordre de l'autorité judiciaire. / () ". Aux termes de l'article D. 319 de ce code dans sa version alors applicable : " L'établissement pénitentiaire où le détenu est écroué tient un compte nominatif où sont inscrites les valeurs pécuniaires lui appartenant et dont le fonctionnement est régi par les dispositions de la section 1 du chapitre VII du titre II du livre V du présent code (deuxième partie : décrets en Conseil d'Etat). / Sous réserve que les détenus n'en aient pas demandé l'envoi à un tiers ou la consignation, les sommes dont ils sont porteurs à leur entrée dans l'établissement pénitentiaire sont immédiatement inscrites à leur compte nominatif au moment de leur écrou. L'importance de ces sommes ne saurait en aucun cas justifier le refus de la prise en charge. / Le compte nominatif est par la suite crédité ou débité de toutes les sommes qui viennent à être dues au détenu, ou par lui, au cours de sa détention, dans les conditions réglementaires. " Aux termes de l'article D. 320-3 de ce même code : " La troisième part, laissée à la libre disposition des détenus, correspond aux sommes restantes après que les prélèvements prévus aux articles D. 320 à D. 320-2 ont été opérés. " Aux termes de l'article D. 323 de ce code : " La part disponible du compte nominatif peut être utilisée par le détenu, conformément aux règlements, pour effectuer des achats à l'intérieur de l'établissement pénitentiaire, ou même, sur autorisation spéciale, pour procéder à des versements au dehors. " Il résulte des dispositions précitées de l'article 728-1 du code de procédure pénale, que le législateur a entendu que les détenus soient incités à travailler durant l'exécution de leur peine et que les sommes qui leur échoient soient utilisées à la fois pour indemniser les parties civiles et créanciers d'aliments, pour constituer un pécule de libération destiné à favoriser la réinsertion des intéressés après leur libération, et enfin pour leur permettre de disposer de certaines ressources disponibles durant leur condamnation, les trois parts prévues par cet article correspondant à ces trois objectifs.
4. En l'espèce, il ressort des termes des décisions attaquées que la demande de M. A visant à être autorisé à procéder à un virement bancaire de 500 euros au profit de M. C A a été refusée aux motifs, d'une part, qu'il n'établissait pas la réalité du loyer au paiement duquel le virement était destiné, d'autre part, qu'il demeurait redevable d'une dette globale de 66 500 euros à l'égard des parties civiles et créanciers d'aliments et qu'au regard de ces éléments, la suspension des versements affectés à cette indemnisation n'était pas justifiée compte tenu des sommes restant à sa disposition.
5. Si M. A fait valoir qu'il doit verser la somme de 500 euros en vue de réserver un logement social dans une perspective d'insertion, il n'apporte aucun élément suffisamment probant de nature à établir la destination de ce versement. Au demeurant, et alors même que la suspension des versements aux parties civiles présentait un caractère exceptionnel et qu'il s'est toujours impliqué dans l'indemnisation des parties civiles, il ne conteste pas avoir suspendu ces versements volontaires. Dans ces conditions et eu égard aux intérêts des parties civiles de se voir indemniser leurs dommages, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la direction du centre de détention de Toul a rejeté la demande de M. A présentée le 11 décembre 2020. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à l'AARPI Themis et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur du centre de détention de Toul.
Délibéré après l'audience publique du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Bourjol, première conseillère,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
L. Philis
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026