jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101327 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 1) |
| Avocat requérant | SELARL MAIRESSE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai et 21 octobre 2021, M. B C, représenté par Me Mairesse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 26 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 24 septembre 2014 (1 point), 17 juin 2014 (1 point), 2 mai 2015 (1 point), 5 mars 2015 (1 point), 13 avril 2017 (2 points), 11 juin 2017 (1 point), 6 décembre 2017 (1 point), 21 juin 2018 (3 points), 24 mai 2020 (3 points) et 3 novembre 2020 (1 point) ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire avec un capital de douze points dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'ensemble des informations préalables obligatoires prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été communiqué préalablement aux décisions de retrait de points récapitulées dans la décision 48 SI ;
- la réalité de l'infraction constatée le 24 mai 2020 n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions relatives aux retraits de points consécutifs aux infractions constatées les 2 mai 2015 et 6 décembre 2017 qui ont été restitués avant l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48 SI du 26 mars 2021, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul. M. C demande l'annulation de cette décision, ainsi que celle des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 24 septembre 2014 (1 point), 17 juin 2014 (1 point), 2 mai 2015 (1 point), 5 mars 2015 (1 point), 13 avril 2017 (2 points), 11 juin 2017 (1 point), 6 décembre 2017 (1 point), 26 juin 2018 (3 points), 24 mai 2020 (3 points) et 3 novembre 2020 (1 point).
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions portées sur le relevé d'information intégral produit par le ministre, que les points retirés du permis de conduire de M. C à la suite des infractions constatées les 2 mai 2015 et 6 décembre 2017 ont été respectivement restitués les 4 décembre 2015 et 5 juillet 2018 antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation des décisions relatives à ces retraits de points ainsi que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de procéder à la restitution de ces points sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
Sur la réalité de l'infraction du 24 mai 2020 :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
4. Il résulte par ailleurs des dispositions de l'article 530 du code de procédure pénale qu'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, lorsqu'elle est formée dans les délais et dans les formes prévus par cet article et par l'article 529-10 du même code, entraîne l'annulation du titre exécutoire. Il appartient à l'officier du ministère public d'apprécier la recevabilité de la réclamation, sous le contrôle de la juridiction pénale, devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Il lui appartient ensuite soit de diligenter des poursuites devant la juridiction pénale au titre de l'infraction contestée, soit de classer l'affaire sans suite. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. Eu égard aux dispositions de l'article L. 123-1 du code de la route, une telle annulation a pour conséquence que la réalité de l'infraction ne peut plus être regardée comme établie. Dans une telle hypothèse, l'autorité administrative doit alors rétablir sur le permis de conduire les points qui avaient pu être retirés, sans préjudice d'un nouveau retrait si le juge pénal est saisi et prononce une condamnation.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a formé, le 14 mai 2021, postérieurement à la décision 48 SI en litige, une requête en exonération concernant l'infraction constatée le 24 mai 2020. Par un courrier du 17 septembre 2021, l'officier du ministère public près le tribunal de police d'Epinal l'a informé de ce qu'après examen de son dossier, il ne ferait pas droit à sa requête mais que M. C serait poursuivi par citation devant le tribunal de police d'Epinal. M. C établit ainsi que sa réclamation a été regardée comme recevable et a, nécessairement, entraîné l'annulation du titre exécutoire. Dans ces conditions, eu égard aux dispositions de l'article L. 123-1 du code de la route, la réalité de l'infraction du 24 mai 2020 ne peut plus être regardée comme établie et les trois points qui ont été retirés en conséquence de cette infraction doivent être restitués. Cette circonstance, postérieure à la décision en litige, est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision 48 SI par laquelle le ministre a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. C.
Sur la délivrance de l'information préalable aux retrait de points :
6. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue (). La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ". Aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". Enfin, aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ".
7. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En ce qui concerne les infractions constatées les 21 juin 2018 (3 points) et 24 mai 2020 (3 points) :
8. En vertu des dispositions de l'article A. 37-14 du code de procédure pénale, issu d'un arrêté du 2 juin 2009, ultérieurement reprises à l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
10. En l'espèce, il ressort des pièces produites par le ministre, que M. C a apposé sa signature sur le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de l'infraction constatée le 21 juin 2018. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'infraction constatée le 24 mai 2020 a également fait l'objet d'un procès-verbal électronique. Ce procès-verbal comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, sous lesquelles le requérant n'a pas pu apposer sa signature en raison des règles sanitaires mises en œuvre pour lutter contre la covid-19. Dans ces conditions, et alors que M. C n'en conteste pas l'exactitude, la mention " N/A " portée sur ce procès-verbal doit être regardée comme possédant la même valeur probante que la signature de l'intéressé. Dans ces conditions, il est établi que M. C a reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le retrait de points correspondant à ces infractions.
En ce qui concerne l'infraction constatée le 3 novembre 2020 (1 point) :
11. Aux termes des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, quand est constatée une infraction au code de la route à laquelle est applicable la procédure d'amende forfaitaire, un avis de contravention et une carte de paiement dont le modèle est fixé par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice sont remis immédiatement au conducteur ou adressés postérieurement au titulaire du certificat d'immatriculation. Les mêmes documents sont adressés, le cas échéant, à la personne que le titulaire du certificat d'immatriculation, lorsqu'il forme la requête en exonération prévue à l'article 529-10 du même code, désigne comme étant présumée conduire le véhicule lorsque la contravention a été constatée.
12. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
13. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, ou constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
14. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que l'infraction commise le 3 novembre 2020 a été constatée par radar automatique et que l'intéressé s'est acquitté, de manière différée, du paiement de l'amende forfaitaire correspondante prévue par l'article 529 du code de procédure pénale. M. C, qui ne conteste pas ces éléments, ne démontre pas s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet. Par suite, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers l'intéressé de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende pour cette infraction.
En ce qui concerne les infractions constatées les 5 mars 2015 (1 point) et 11 juin 2017 (1 point) :
15. La seule circonstance que le titulaire du permis de conduire n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
16. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que les infractions commises les 5 mars 2015 et 11 juin 2017, consistant en des excès de vitesse d'au moins 20 km/h alors que la vitesse autorisée était supérieure à 50 km/h, ayant entrainé chacune des retraits d'un point, ont fait l'objet de l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée, ce qui établit la réalité de ces infractions en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Toutefois, ces éléments ne permettent pas, à eux seuls et en l'absence, notamment, de production d'une attestation de paiement ou d'un bordereau de situation émanant du comptable public, d'établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Néanmoins, il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que celui-ci a commis, le 2 mai 2015, une infraction répondant à la même qualification. Il ressort également des pièces du dossier que cette infraction a été constatée par radar automatique et a donné lieu au paiement ultérieur, par M. C, de l'amende forfaitaire correspondante ce qui, en vertu des principes exposés au point 13, est de nature à établir que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont été portées à sa connaissance à l'occasion de cette infraction du 2 mai 2015. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information des retraits de points encourus en conséquence des infractions constatées les 5 mars 2015 et 11 juin 2017 doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions constatées les 24 septembre 2014 (1 point), 17 juin 2014 (1 point) et 13 avril 2017 (2 points) :
17. Il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que les infractions constatées par radar automatique les 24 septembre 2014, 17 juin 2014 et 13 avril 2017 ont donné lieu à l'émission des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Toutefois, les mentions de ce relevé d'information ne permettent pas, à elles seules et en l'absence, notamment, de production d'une attestation de paiement ou d'un bordereau de situation émanant du comptable public, d'établir que l'intéressé se serait acquitté des amendes forfaitaires correspondant aux infractions en cause. Par suite, le ministre de l'intérieur n'apporte pas la preuve que M. C a reçu à l'occasion de ces infractions, les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre fait valoir que, compte-tenu de l'ensemble des diligences mises en œuvre par l'administration, M. C a nécessairement reçu un avis de contravention ou un avis de majoration des amendes forfaitaires correspondant à ces infractions, il ne l'établit pas. Si, en ce qui concerne l'infraction constatée le 13 avril 2017, le ministre de l'intérieur se prévaut de l'information donnée à M. C à l'occasion de l'infraction constatée le 2 mai 2015, cette infraction répond à une autre qualification et ne peut valoir information préalable au retrait de points consécutif à l'infraction du 13 avril 2017. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que les retraits de points dont il a fait l'objet à la suite des infractions commises les 24 septembre 2014, 17 juin 2014 et 13 avril 2017 sont intervenus à la suite d'une procédure irrégulière et que cette irrégularité l'a privé d'une garantie.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait d'un et deux points suite aux infractions constatées les 24 septembre 2014, 17 juin 2014 et 13 avril 2017. Eu égard à ces annulations, M. C est fondée à soutenir que le solde de points de son permis de conduire n'était pas nul à la date du 26 mars 2021 et que le ministre ne pouvait donc, à cette date, constater l'invalidité de son titre de conduite et à demander, par suite, l'annulation de la décision référencée 48 SI.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration restitue à M. C un total de quatre points correspondant aux infractions des 24 septembre 2014, 17 juin 2014, 13 avril 2017, à la date des décisions qui ont procédé aux retraits en cause dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder à cette restitution, de déterminer en conséquence le nombre de points attaché au permis de conduire de M. C, compte tenu d'éventuelles infractions ultérieures et de l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction constatée le 24 mai 2020 devant donner lieu, sauf condamnation pénale, à restitution de points, et de restituer le permis si le solde est positif.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction du 24 septembre 2014, la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction du 17 juin 2014, la décision de retrait de deux points consécutive à l'infraction du 13 avril 2017 et la décision 48 SI du 26 mars 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution de quatre points sur le permis de conduire de M. C dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de déterminer en conséquence le nombre de points attaché au permis, compte tenu d'éventuelles infractions ultérieures et de la restitution éventuelle des trois points correspondant à l'infraction constatée le 24 mai 2020, et de le restituer à l'intéressé si le solde est positif.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La magistrate désignée,
J. ALa greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026