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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2101476

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2101476

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2101476
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS AUDIT CONSEIL DEFENSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 mai 2021 et le 11 janvier 2022, le syndicat force ouvrière (FO) - carrefour d'accompagnement public social (CAPS), demande au tribunal d'annuler la décision du 30 avril 2021 par laquelle le directeur du CAPS a rejeté sa demande du 1er mars 2021.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- les modalités de comptabilisation des heures supplémentaires effectuées par les agents du CAPS et posées par le règlement intérieur de l'établissement méconnaissent les dispositions du décret n°2002-9 du 4 janvier 2002.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2021, le CAPS, représenté par Me Cuny conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du syndicat FO-CAPS sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, elle ne porte pas la mention " action en reconnaissance de droits ", d'autre part, le syndicat n'a pas précisé les éléments de fait et de droit qui caractérisent le groupe d'intérêt en faveur duquel il a entendu agir et enfin, la requête n'est pas présentée par l'intermédiaire d'un avocat ;

- subsidiairement, le moyen de la requête n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,

- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique ;

- et les observations de M. A, représentant le syndicat FO-CAPS.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 1er mars 2021, le syndicat force ouvrière (FO) du carrefour d'accompagnement public social (CAPS), constatant que la direction de cet établissement décomptait les heures supplémentaires effectuées par les agents sur une base annuelle, a demandé au directeur de cet établissement d'autoriser les agents concernés, pour les années 2018, 2019, 2020 et 2021 à récupérer les heures supplémentaires effectuées ou à percevoir une indemnité correspondante. Par décision du 30 avril 2021, le directeur du CAPS a rejeté cette demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article 6 du décret du 4 janvier 2002 susvisé, relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable : " L'organisation du travail doit respecter les garanties ci-après définies. / La durée hebdomadaire de travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder 48 heures au cours d'une période de 7 jours. / Les agents bénéficient d'un repos quotidien de 12 heures consécutives minimum et d'un repos hebdomadaire de 36 heures consécutives minimum. / Le nombre de jours de repos est fixé à 4 jours pour 2 semaines, deux d'entre eux, au moins, devant être consécutifs, dont un dimanche ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " L'aménagement et la répartition des horaires de travail sont fixés par le chef d'établissement, après avis du comité technique d'établissement ou du comité technique et compte tenu de la nécessité d'assurer la continuité des soins ou de la prise en charge des usagers, les dimanches, les jours fériés et la nuit ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail définis par service ou par fonctions et arrêtés par le chef d'établissement après avis du comité technique d'établissement ou du comité technique. / Le cycle de travail est une période de référence dont la durée se répète à l'identique d'un cycle à l'autre et ne peut être inférieure à la semaine ni supérieure à douze semaines ; le nombre d'heures de travail effectué au cours des semaines composant le cycle peut être irrégulier. / Il ne peut être accompli par un agent plus de 44 heures par semaine. / Les heures supplémentaires et repos compensateurs sont décomptés sur la durée totale du cycle. Les repos compensateurs doivent être pris dans le cadre du cycle de travail ".

3. Aux termes de l'article " 1 Temps de travail " du règlement intérieur du CAPS : " La durée de travail sur une période de 7 jours : Cette période s'entend actuellement sur 7 jours glissants et doit être de 44 heures auxquelles peuvent s'ajouter 4 heures supplémentaires non planifiées pour arriver à un total maximum de 48 heures. Dans certains services, à titre dérogatoire et après avis des instances, la durée du travail peut être portée directement à 48 heures ".

4. Si le syndicat FO CAPS soutient que les modalités de comptabilisation des heures supplémentaires effectuées par les agents du CAPS, et posées par le règlement intérieur de l'établissement, méconnaissent les dispositions du décret n°2002-9 du 4 janvier 2002, il ne précise toutefois pas quelle est la durée des cycles de travail au sein de l'établissement, ni ne produit d'éléments, plannings ou décomptes, de nature à justifier de l'illégalité des modalités de décompte des heures de travail au sein de cet établissement. Ainsi, et dès lors qu'il ne ressort par ailleurs d'aucune des pièces du dossier que l'organisation du temps de travail prévue au sein du CAPS méconnaîtrait les dispositions du décret du 4 janvier 2002, le syndicat FO n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le directeur du CAPS a refusé de procéder à un nouveau décompte des heures supplémentaires effectuées par les agents du CAPS au cours des années 2018, 2019, 2020 et 2021.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le CAPS sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat FO-CAPS est rejetée.

Article 2 : Le conclusions présentées par le carrefour d'accompagnement public social sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat FO-CAPS et au carrefour d'accompagnement public social.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Wolff, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.

Le rapporteur,

F. Durand

Le président,

D. MartiLe greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2101476

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