mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP SYNERGIE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 mai 2021 et le 21 décembre 2022, la communauté d'agglomération d'Epinal, représentée par Me Babel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de La Haye a refusé de lui transférer 50 % de l'excédent du budget annexe du service public de distribution d'eau potable de cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Haye une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération attaquée n'est pas motivée en fait et en droit ;
- la commune ne pouvait légalement approuver, par une première délibération, le procès-verbal de mise à disposition des biens nécessaires à l'exercice de la compétence eau potable, tout en refusant, par la délibération litigieuse, de lui transférer 50 % de l'excédent de son budget annexe du service public de distribution d'eau potable ;
- la délibération attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la commune était tenue de lui transférer cet excédent correspondant à des besoins actuels et futurs d'investissement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mai 2022 et le 11 janvier 2023, la commune de La Haye, représentée par Me Muller-Pistre, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la communauté d'agglomération d'Epinal d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- les observations de Me Cousin, substituant Me Babel, représentant la communauté d'agglomération d'Epinal.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération d'Epinal est devenue compétente en matière d'eau potable à compter du 1er janvier 2020. Par la requête susvisée, elle demande au tribunal d'annuler la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de La Haye, membre de cette communauté d'agglomération, a refusé de lui transférer 50 % de l'excédent du budget annexe du service public de distribution d'eau potable de cette commune.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicables aux relations entre les administrations en vertu des dispositions de l'article L. 211-1 de ce même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
3. La délibération par laquelle une commune refuse de transférer à un établissement public de coopération intercommunale le solde du budget annexe de son service public de distribution de l'eau potable n'entre dans aucune des catégories de décisions individuelles défavorables prévues par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration et n'a dès lors pas à être motivée. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté comme inopérant.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales : " Les communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale peuvent à tout moment transférer, en tout ou partie, à ce dernier, certaines de leurs compétences dont le transfert n'est pas prévu par la loi ou par la décision institutive ainsi que les biens, équipements ou services publics nécessaires à leur exercice. / Ces transferts sont décidés par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux se prononçant dans les conditions de majorité requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois, à compter de la notification au maire de la commune de la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, pour se prononcer sur les transferts proposés. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable. / () Le transfert de compétences est prononcé par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements intéressés. / Il entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1 () ". Aux termes de l'article L. 1321-1 du même code : " Le transfert d'une compétence entraîne de plein droit la mise à la disposition de la collectivité bénéficiaire des biens meubles et immeubles utilisés, à la date de ce transfert, pour l'exercice de cette compétence. / Cette mise à disposition est constatée par un procès-verbal établi contradictoirement entre les représentants de la collectivité antérieurement compétente et de la collectivité bénéficiaire. Le procès-verbal précise la consistance, la situation juridique, l'état des biens et l'évaluation de la remise en état de ceux-ci. / () ".
5. Pour l'application de ces dispositions, le solde du compte administratif du budget annexe d'un service public à caractère industriel ou commercial ne constitue pas un bien qui serait nécessaire à l'exercice de ce service public, ni un ensemble de droits et obligations qui lui seraient attachés. Par suite, le transfert d'une compétence à un établissement public de coopération intercommunale n'a pas pour effet d'entraîner de plein droit le transfert du solde du compte administratif des budgets annexes des services publics à caractère industriel ou commercial nécessaires à l'exercice de cette compétence, ce dernier ne pouvant résulter que d'un accord exprès des collectivités concernées.
6. La communauté d'agglomération d'Epinal soutient que la commune de La Haye ne pouvait légalement refuser, par la délibération litigieuse, de lui transférer 50 % de l'excédent de son budget annexe du service public de distribution d'eau potable dès lors qu'elle avait, par une autre délibération du même jour, approuvé le procès-verbal de mise à disposition des biens nécessaires à l'exercice de la compétence eau potable. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 21 mars 2021, le conseil municipal de la commune de La Haye a accepté de mettre à disposition de la communauté d'agglomération d'Epinal les biens meubles et immeubles nécessaires à l'exercice de la compétence eau potable et a approuvé l'état annexe de mise à disposition des équipements transférés, annexé au procès-verbal de mise à disposition établi par la communauté d'agglomération, il ne ressort nullement des termes de cette délibération que la commune aurait approuvé l'intégralité de ce procès-verbal et en particulier son article 5 prévoyant le transfert à cet établissement de 50 % de l'excédent du budget annexe du service public de distribution d'eau potable. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement que le transfert d'une compétence à un établissement public de coopération intercommunale n'a pas pour effet d'entraîner de plein droit le transfert du solde du compte administratif des budgets annexes des services publics à caractère industriel ou commercial nécessaires à l'exercice de cette compétence, de sorte que la commune de La Haye a pu légalement, par la délibération litigieuse, et après avoir approuvé la consistance des biens meubles et immeubles mis à la disposition de la communauté d'agglomération pour l'exercice de la compétence transférée, refuser le transfert de l'excédent du budget annexe du service public communal de distribution d'eau potable afférent à l'exercice précédent ce transfert de compétence, nonobstant les circonstances que la communauté d'agglomération d'Epinal avait déjà engagé des travaux sur le réseau d'eau potable de la commune et que l'excédent litigieux correspondrait à des besoins actuels et futurs d'investissement de cet établissement. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération litigieuse serait entachée d'une erreur de droit doit être écarté en toutes ses branches.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la communauté d'agglomération d'Epinal doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Haye, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la communauté d'agglomération d'Epinal demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la communauté d'agglomération d'Epinal une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de La Haye et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la communauté d'agglomération d'Epinal est rejetée.
Article 2 : La communauté d'agglomération d'Epinal versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la commune de La Haye au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de La Haye au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la communauté d'agglomération d'Epinal et à la commune de La Haye.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
R. A Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026