jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP DUBOIS - MARRION- MOUROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 juin 2021 et le 15 novembre 2022, M. C B, représenté par la SCP Colomes-Mathieu-Zanchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Bar-le Duc à lui payer une somme de 57 570 euros au titre de prime de précarité due au titre des contrats de travail qui se sont succédés de 2014 à 2018, assortie des intérêts légaux à compter du 5 février 2021 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bar-le-Duc une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé à demander le paiement de la prime de précarité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail, à raison des différents contrats de travail à durée déterminée qu'il a conclu avec le centre hospitalier entre 2014 et 2018 ;
- la prescription quadriennale ne lui est pas opposable, en application de la circulaire du ministère du travail n°90/18 du 30 octobre 1990 ;
- le centre hospitalier lui est redevable d'une somme de 57 570 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2022, le centre hospitalier de Bar-le-Duc, représenté par Me Marrion, conclut au rejet des conclusions indemnitaires de la requête en tant qu'elles excèdent 13 268 euros.
Il soutient que les demandes pour les contrats couvrant la période du 31 mars 2014 au 31 décembre 2016 sont prescrites si bien que le requérant n'est fondé qu'à solliciter le paiement de la prime de précarité due au titre de l'année 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique.
- les observations de Me Colomes, représentant M. B,
- et les observations de Me Dubois, représentant le centre hospitalier de Bar-le-Duc.
Considérant ce qui suit :
1. Par différents contrats successifs, M. B a été recruté en qualité de praticien contractuel à plein temps, par le centre hospitalier de Bar-le-Duc, pour assurer la continuité du service de maternité-gynécologie-obstétrique du 31 mars 2014 au 31 décembre 2018. Par courriers du 5 février et du 19 mai 2021, l'intéressé a saisi le directeur de cet établissement d'une demande tendant au paiement d'une prime de précarité correspondant à cette période. Cette demande a été implicitement rejetée. Par sa requête, M. B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bar-le-Duc a lui payer la somme de 57 570 euros à raison de cette indemnité.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 6152-401 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable au litige : " Les établissements publics de santé, en application des dispositions du 2° de l'article L. 6152-1 () peuvent recruter des médecins, des pharmaciens et des odontologistes en qualité de praticiens contractuels à temps plein ou de praticiens contractuels à temps partiel () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 6152-418 de ce même code : " Les dispositions du code du travail et celles du code de la sécurité sociale sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives () à l'indemnité prévue à l'article L. 1243 8 du code du travail (). ". Et l'article L. 1243 8 du code du travail dispose que : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. Cette indemnité est égale à 10% de la rémunération totale brute versée au salarié. Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant. ".
3. Il est constant que M. B, a bénéficié d'une succession de contrats à durée déterminée à compter du 28 mars 2014, jusqu'au 24 octobre 2017 et couvrant la période du 31 mars 2014 au 31 décembre 2018. En sa qualité de praticien contractuel relevant des dispositions précitées, dans leur rédaction en vigueur, de l'article R. 6152-401 du code de la santé publique, M. B, dont les relations de travail avec son employeur ne se sont pas poursuivies par un contrat de travail à durée indéterminée, a droit au titre de complément de salaire, à l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L. 1243-8 précité du code du travail, ce qui n'est pas contesté par le centre hospitalier de Bar-le-Duc.
4. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ".
5. Le centre hospitalier de Bar-le-Duc, ne conteste pas le principe de l'éligibilité de M. B au bénéfice de l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L. 1243-8 précité du code du travail, mais oppose la prescription quadriennale prévue par la loi susvisée du 31 décembre 1968.
6. Il résulte des dispositions précitées que le fait générateur des créances dont se prévaut M. B est constitué par l'échéance de chacun des contrats à durée déterminée conclus. L'intéressé a saisi l'administration d'une demande préalable tendant au paiement de sa créance, le 19 mai 2021 dès lors, la créance de M. B est prescrite en ce qui concerne les contrats couvrant la période jusqu'au 31 décembre 2016. En revanche, pour la période postérieure, l'indemnité de fin de contrat est due à M. B pour les contrats couvrant la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander le versement d'une indemnité équivalente à 10% du montant des salaires bruts qu'il a perçus pour l'exécution de chaque contrat non prescrit au titre des années 2017 et 2018. Les éléments du dossier ne permettant pas de calculer le montant dû au requérant à ce titre, le centre hospitalier de Bar-le-Duc sera condamné à verser à l'intéressé une somme égale à 10% du montant des salaires bruts perçus par M. B pour l'exécution de chacun des contrats non prescrits et couvrant les années 2017 et 2018.
Sur les intérêts :
8. En application de l'article 1153 du code civil, les sommes que le centre hospitalier de Bar-le-Duc est condamné à verser à M. B doivent être assorties des intérêts au taux légal à compter du 5 février 2021, date de la demande préalable.
Sur les frais de l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Bar-le-Duc, une somme de 750 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Bar-le-Duc est condamné à payer à M. B une somme égale à 10% du montant des salaires bruts perçus par M. B pour l'exécution de chacun des contrats non prescrits et couvrant les années 2017 et 2018. Ladite somme sera augmentée des intérêts au taux légal à compter du 5 février 2021.
Article 2 : Le centre hospitalier de Bar-le-Duc versera la somme de 750 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier de Bar-le-Duc.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101628
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026